Le musée Jean Calvin de Noyon fête ses 90 ans (Lettre 66)

Affiche du musee Jean Calvin

 

Une exposition dédiée à son architecte, Charles Letrosne. Du 18 septembre au 24 décembre 2020(Prolongée jusqu’au 28 février)

 par Christiane Guttinger

 

La maison  natale de Jean Calvin à Noyon avait été complètement détruite lors des bombardements de 1918. La Société de l’histoire du protestantisme français, s’adressa (en 1927) à l’architecte protestant Charles Letrosne pour reconstruire une maison-musée Calvin.

La maison elle-même fut rebâtie sur les fondations de l’ancienne demeure de la famille Cauvin, avec une reconstitution de la « chambre de Calvin », et Letrosne y adjoignit une aile néo-renaissance de 2 étages pour le musée que l’on inaugura en 1930.

A l’occasion de ses 90 ans, le musée Calvin rend hommage à son architecte Charles Letrosne. Né en 1868, il se forma auprès de son père architecte, professeur à l’Ecole des Arts décoratifs, puis à l’Ecole des beaux-arts et obtint un prix de Rome.

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Nouvelles du protestantisme français (Lettre 64)

Gilles Teulié, professeur de civilisation britannique et du Commonwealth à l’université d’Aix Marseille, auteur d’une Histoire de l’Afrique du Sud des origines à nos jours, Ed. Taillandier, 2019 donnera une conférence 47 rue de Clichy, 75009 Paris, le vendredi 13 mars 2020 à 20 h 30, sur Les huguenots français en Afrique du Sud.

L’action de personnalités protestantes a été mise à l’honneur en 2019, notamment Irène Frachon, la pneumologue qui a été à l’origine de la dénonciation du scandale du Mediator responsable de graves complications cardiaques.

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Nouvelles du protestantisme français (Lettre 63)

 

Le colloque des musées protestants s’est déroulé du 2 au 5 mai 2019 à Mialet, permettant de découvrir les nouvelles salles aménagées au 1er étage du Musée du Désert, consacrées à une présentation générale de l’histoire du protestantisme dépassant celle du Désert cévenol. Cet été, lors de vos déplacements, pensez à rendre visite aux musées du protestantisme témoins de l’histoire régionale.

Vous trouverez en 3ème de couverture le programme estival du musée du Désert. Le thème des conférences de l’après-midi de l’Assemblée annuelle du Musée du Désert, cette année, le dimanche 1er septembre, mettront à l’honneur Théodore de Bèze, né il y a 500 ans.

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Le protestantisme du Nord de la France et en Thiérache (Lettre 62)

 

Vue extérieur duTemple de Lemé Vue intérieure du Temple de Lemé

 

Le protestantisme du Nord de la France est souvent méconnu, et une visite au temple-musée de Lemé en Thiérache, au nord de l’Aisne, rappelle son importance historique.
L’implantation du protestantisme en Thiérache remonterait aux tout débuts de la Réforme par le biais de paysans saisonniers venus faire les moissons aux alentours de Meaux. Meaux où est dressée en France la 1ère Eglise réformée, en 1545. Des groupuscules disséminés se réunissent pour lire la Bible et chanter des psaumes. En 1563, au Synode de La Ferté-sous-Jouarre, le pasteur de Montcornet est sollicité par la communauté de Parfondeval.

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Nouvelles du protestantisme français (Lettre 61)

2018, cinquantenaire de l’assassinat du pasteur baptiste Martin Luther King. Une exposition de panneaux a été inaugurée le 6 avril à la Maison du protestantisme, 47 rue de Clichy, à Paris, et y sera présentée toute l’année. 300 exemplaires sont à la disposition des associations, églises, établissements publics, sur le site www.mlk50.fr. Lors d’une tournée européenne effectuée dix-huit mois après avoir reçu le Prix Nobel de la Paix, Martin Luther King était venu à Lyon le 29 mars 1966, seule étape française, où 5 000 personnes vinrent l’écouter à la Bourse du Travail. La Bibliothèque Municipale de la Part-Dieu a consacré de février à avril, une exposition « Martin Luther King, le rêve brisé ? » rappelant cette visite et l’ensemble des luttes des Noirs pour leurs droits civiques et sur les personnalités qui les ont défendus, dont Angela Davis, Harriet Tubman ou Rosa Parks

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Elie Faure, médecin et critique d’art lettre 59)

portrait d'Elie FaureEn juin et juillet, la ville de Sainte-Foy-la-Grande ( en juin sous l’égide de l’association Cœur de bastide et du Musée du pays foyen, en juillet à l’Hôtel-de-Ville de Sainte-Foy.), en Dordogne, va accueillir, après Paris(début avril 2017 à la mairie du 6eme arrondissement), une très intéressante exposition sur le célèbre historien de l’art Elie Faure. C’est son arrière petite fille, Juliette Hoffenberg qui, 80 ans après sa disparition, la présente avec un catalogue passionnant [aux éditions Somogy,] Elie Faure, Une collection particulière.

Cette exposition nous permet d’évoquer cette forte figure et sa famille.

Elie Faure est le petit-fils du pasteur de l’Eglise libre d’Orthez, Jacques Reclus. Ce pasteur aurait été particulièrement sévère. On rapporte ainsi qu’il enfermait ses enfants fautifs et leur faisait la lecture de la Bible huit heures d’affilée ! Par réaction peut-être, ses enfants ont mis toute leur ferveur à l’avènement d’une société laïque, fondée sur des principes communautaires.

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Nouvelles du protestantisme français (Lettre 59)

Du 20 mai au 17 décembre, une exposition au Musée Calvin à Noyon (Oise) : « 1517 aux origines de laAffiche de l'exposition aux origines de la Reforme     Réforme, Luther et Calvin fondateurs des protestantismes européens du XVIe siècle » présente ces deux fondateurs du protestantisme qui ne se sont jamais rencontrés, ont certains principes communs, d’autres différents, des caractères et natures contrastées, mais ont tous deux contribué à diffuser l’usage courant des langues vernaculaires dans des domaines où le latin était le seul véhicule.

Une exposition de panneaux créés par l’EPU du Sud-ouest, « Martin Luther, portes ouvertes à… » est présentée dans de nombreuses paroisses et lieux, assortie de conférences, créant des occasions de célébrer les 500 ans de la Réforme.

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Nouvelles du protestantisme français (Lettre 53-54)

Le Musée du Désert a ponctué la saison estivale de conférences et animations dont une assemblée nocturne. Le thème de l’Assemblée du dimanche 7 septembre, dont le culte a été présidé par le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, fut « Enfin libres ! » D’une mémoire à l’autre. D’un désert à l’autre. D’une … Lire la suite

Les Pyrénéistes protestants au XIXe siècle

Affiche d'une exposition sur les Pyrénéistes protestants au XIXe     On sait que ce sont des Suisses protestants qui ont lancé l’alpinisme à la suite d’Horace-Bénédict de Saussure qui le premier gravit le Mont-Blanc. On sait moins la place que les protestants ont tenue dans la découverte et l’étude des Pyrénées.
« Les Pyrénéistes protestants », voilà le thème de l’Exposition que leur a consacrée, ce printemps, le Musée Jeanne d’Albret à Orthez, avec comme sous-titre « Etudier, aimer, révéler ». Car ces hommes ne se sont pas contentés de gravir des sommets qui quelquefois d’ailleurs portent leur nom, ils se sont livrés à des études de géologie, hydrographie, glaciologie, ils ont cartographié, photographié et ils ont publié leurs résultats.

Cette approche scientifique de la haute montagne peut-elle s’expliquer par le protestantisme ? En un certain sens, oui, dans la mesure où les protestants ont très tôt contesté les croyances traditionnelles, et plus particulièrement celle de la création du monde – l’existence de fossiles marins dans les montagnes remettant en cause le récit de la Genèse. Bien sûr, les protestants ne sont pas seuls à se passionner pour les Pyrénées, mais leur proportion ici est beaucoup plus importante que dans l’ensemble de la population française. Et la toponymie de bien des sites pyrénéens en porte la trace.

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L’héritage huguenot à Londres

Combien de huguenots s’exilèrent-ils à Londres à l’époque de la Révocation de l’Edit de Nantes ? Ils auraient été entre 20 000 et 25 000 au début du XVIIIe siècle !

Un récent colloque a évoqué cet héritage : des personnalités marquantes comme celle du pasteur Daniel Chamier, de scientifiques comme Papin, médecins comme Chamberlen l’inventeur des forceps, ou l’acteur shakespearien David Garrick.

Une charte accordée par le roi Edouard VI en 1548 par le roi Edouard VI au réformateur polonais Johann a Lasco pour l’établissement d’églises étrangères, facilita la fondation d’églises réformées françaises. Les plus importantes furent celle de Savoy dans le quartier de Westminster, et de Threadneedle Street dans la City.

Le faubourg de Spitalfields attira les artisans de la soie et de la mode. Tisserands, tailleurs, chapeliers, modistes, perruquiers, merciers, tapissiers, fabricants de mouchoirs et d’éventails développèrent leur industrie de pair avec toute une économie du quotidien et des métiers de bouche (vins, fromages, pain). Des rues anciennes -comme Fleur de Lys Street ou Elder Street, la rue des Anciens- évoquent encore ces huguenots.

Les plus prospères créèrent pour la main d’œuvre ouvrière, souvent misérable, des caisses de solidarité et des écoles.

photo de l'
Ancien temple de l’Artillerie(Sandys Row)

 

Ils firent édifier une trentaine de temples. Certains subsistent, mais leur changement de destination témoigne de l’assimilation des Huguenots et des vagues successives d’immigration qu’a connu Londres : la dernière ← synagogue de Spitalfields occupe l’ancien temple de l’Artillerie (Sandys Row) ; un temple de Brick Lane précédé d’un minaret d’aluminium est devenu mosquée, après avoir été synagogue, un autre utilisé un temps par des baptistes, puis des méthodistes (Hanbury Street), abrite de nos jours un marché de vêtements d’occasion…

Pour les huguenots, se posa au XVIIIes la question de rester dans la non-conformité des églises protestantes non anglicanes (églises réformées françaises, mais aussi Quakers et baptistes) … ou d’opter pour la conformité, c’est à dire intégrer l’église anglicane… ce qui donnait accès aux droits civiques et commerciaux, ainsi qu’à l’aide pécuniaire royale (royal bounty).

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