Affiche de l'exposition à la bibliothèque Mazarine

On peut lire ce genre de formule sous la plume de théologiens sourcilleux, ou dans des édits royaux, au temps de François 1er.
Depuis 1518, date de l’arrivée à Paris des premiers livres de Luther, le théologien allemand qui défiait Rome, toutes les autorités ont tenté de leur faire barrage.
500 ans après 1518 : belle occasion pour une exposition de ces livres à Paris.
La Bibliothèque Mazarine et la Société de l’histoire du protestantisme français ont ainsi réuni une sélection de leurs livres rares dans le cadre prestigieux de la Bibliothèque Mazarine.

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1ere de couverture de l'ouvrage Ruben et Jeanne SaillansSalut montagnes bien aimées,
Pays sacré de nos aïeux.
Vos vertes cimes sont semées,
De leur souvenir glorieux.
Élevez vos têtes chenues
Espérou, Bougès, Aigoual,
De leur gloire qui monte aux nues,
Vous n’êtes que le piédestal.
Refrain
Esprit qui les fis vivre,
Anime leurs enfants
Pour qu’ils sachent les suivre.

Cet hymne chanté depuis 1911 lors de chaque Assemblée du Désert le premier dimanche de septembre a une histoire, comme son auteur Ruben Saillens.
Ecrit en 1885, il a été chanté pour la première fois à l’occasion du bi centenaire de la Révocation de l’Edit de Nantes. Il célèbre le passé du protestantisme cévenol et la résistance des Camisards en lutte contre le pouvoir royal pour la défense de la liberté de la foi.

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Portrait gravure de Claude GaramontGaramond, ce nom, souvenez-vous, apparait sur votre ordinateur lorsque vous choisissez une police de caractères. C’est une écriture fine et élégante utilisée dans les ouvrages des éditions La Pléiade.
Claude Garamont (1499 – 1561) appartient à une génération d’imprimeurs à laquelle nous devons beaucoup.
En effet, si l’imprimerie apparait en Europe avec Gutenberg vers 1450, qui introduit les caractères mobiles en métal, cette invention va connaître un tournant décisif au cours du XVIème siècle.
Le livre devient une nouvelle manière de communiquer et de diffuser les idées de la Renaissance. Cette génération de grands imprimeurs comme les Estienne, Antoine Augereau côtoient le monde des savants et des précurseurs et acteurs de la Réforme comme Lefèvre d’Etaples, Calvin, Farel, Olivetan et des poètes comme Clément Marot. On publie la Bible en grec mais aussi en français.
Ces imprimeurs sont aussi des érudits : ils maitrisent à la fois les langues utilisées et le contenu des écrits qu’ils publient. Les échanges entre savants, théologiens et imprimeurs sont nombreux.
L’accélération de la diffusion de ces textes et des idées n’est pas toujours du goût de l’église romaine. Des imprimeurs sont poursuivis par la Sorbonne pour leur proximité avec les idées nouvelles les accusant d’hérésie : Antoine Augereau, le maitre de Garamont sera pendu et brûlé, ainsi que ses livres pour hérésie à Paris le 24 décembre 1534.
En publiant des textes nouveaux, issus non seulement des textes latins, grecs, mais aussi en langue vernaculaire comme le français, ils créent aussi de nouveaux caractères d’imprimerie, délaissant les écritures gothiques utilisées par les copistes des époques antérieures, pour des écritures plus aérées, plus lisibles de tous, influencés en cela par les imprimeurs italiens. Un nouvel équilibre s’instaure entre le blanc et le noir des caractères : avec les caractères gothiques, le noir était prédominant tandis qu’avec les caractères de cette nouvelle génération d’imprimeurs, le blanc domine, apporte de la lumière dans un nouvel équilibre avec le noir.
Les imprimeurs sont aussi des artistes, maîtres de leur art : ils sont graveurs, tailleurs et fondeurs de caractères, ils n’hésitent pas à introduire des innovations avec la généralisation de la ponctuation, un ensemble de signes graphiques, un usage rationnel de l’espace sur le document, les mentions de la page de couverture, ces innovations dont nous bénéficions toujours aujourd’hui. Pour améliorer l’usage et la préhension du livre, on réduit son format, une sorte de livre de poche avant la lettre !
Claude Garamont fait partie de cette génération. Il apprend son métier en étant l’élève d’Antoine Augereau qui est un tailleur de caractères et aussi libraire et imprimeur. Ils sont tous deux connus dans le Paris de l’époque, pour la maîtrise de leur art.
A la demande d’un conseiller de François 1er, Claude Garamont crée les poinçons de caractères de l’alphabet grec qui seront utilisés par Robert Estienne. On parle des Grecs du Roi. Ces poinçons, rachetés par Louis XIII, sont aujourd’hui classés monuments historiques et sont conservés au cabinet des poinçons de l’Imprimerie nationale.
Claude Garamont est connu pour ses caractères romains qui seront utilisés en France et dans l’Europe entière et vont supplanter le gothique. Il créera aussi une nouvelle écriture italique inclinée.
A la mort de Claude Garamont en 1561, les poinçons et les matrices seront vendus à Christophe Plantin, relieur et imprimeur renommé à Anvers. Cette collection se trouve maintenant au musée Plantin Mauretus à Anvers en Belgique où l’on peut les admirer.
Tous ses caractères ont traversé les siècles pour se retrouver dans nos ordinateurs. Quand vous cliquez sur Garamond, pensez-y, c’est la police de caractères qui consomme le moins d’encre. Pour cette raison, son usage est recommandé par l’administration générale des services des Etats-Unis !
Si vous voulez en savoir plus sur cette époque et le monde des imprimeurs, Anne Cuneo a publié une histoire romancée « Le maître de Garamond » disponible en livre de poche qui évoque la vie d’Antoine Augereau et de son disciple Claude Garamont.

 

par Laure GINESTY – VERMEIRE
(Culture protestante, chronique mensuelle des Amitiés huguenotes internationales, diffusée sur France Culture, à 8 h 55, le 3 mars 2019).

Une petite virée de 3 jours organisée en liaison avec la Société huguenote de Grande Bretagne et d’Irlande a permis dernièrement à une vingtaine d’adhérents des Amitiés huguenotes internationales de se rendre sur les traces des huguenots à Londres, Rochester et Canterbury.
A Londres, l’empreinte des huguenots est très vivace dans les quartiers de Spitalfields et Soho.

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Affiche 500eme anniversaire de la Réforme de Zwingli

2019 est l’année Zwingli à Zurich, et au-delà, dans toute la Suisse. De nombreuses commémorations du réformateur suisse sont ainsi programmées tout au long de l’année. Depuis quelques semaines déjà, Zwingli a fait « une entrée fracassante » sur les écrans de la Suisse alémanique, avec un film de Stefan Haupt qui retrace les débuts de la Réforme à Zurich, et les moments-clés de la vie de Zwingli.

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Le colloque des musées protestants s’est déroulé du 2 au 5 mai 2019 à Mialet, permettant de découvrir les nouvelles salles aménagées au 1er étage du Musée du Désert, consacrées à une présentation générale de l’histoire du protestantisme dépassant celle du Désert cévenol. Cet été, lors de vos déplacements, pensez à rendre visite aux musées du protestantisme témoins de l’histoire régionale.

Vous trouverez en 3ème de couverture le programme estival du musée du Désert. Le thème des conférences de l’après-midi de l’Assemblée annuelle du Musée du Désert, cette année, le dimanche 1er septembre, mettront à l’honneur Théodore de Bèze, né il y a 500 ans.

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Nous sommes particulièrement reconnaissants à Barbara Julien d‘avoir accompagné en mars un petit groupe des AmHI lors du circuit qu’elle avait si bien préparé dans le sud de l’Angleterre, de Londres à Canterbury en passant par Rochester, évoqué par p.11-14.
Depuis ce petit voyage, Barbara Julien a été élue, le10 mai, présidente de la Huguenot Society of Great-britain and Ireland. Très active depuis de nombreuses années au sein du service d’archives et de la bibliothèque de la Huguenot Society, totalement bilingue, elle a, entre autres, publié en 2015, accompagnés d’une traduction, les registres du consistoire de l’Eglise huguenote de Thorpe-le-Soken, 1683-1763, dans la collection des Huguenot Society quarto series, N°62. Signalons que la Huguenot Society propose des bourses d’études à des étudiants travaillant sur un sujet relatif à l’émigration huguenote.

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François BOULET, You are a man !, Ed. Ampelos, 2019. L’étonnante amitié entre de Gaulle et Eisenhower

Bernard Cottret, Les Tudors, Ed. Perrin, 2019, Après L’histoire de la Réforme, L’édit de Nantes, Jean-Jacques-Rousseau, Cromwell, l’auteur nous livre une fresque passionnante sur cette dynastie qui régna sur l’Angleterre, de 1485 à 1603. Henri VIII, Marie Stuart, Elisabeth 1ère…

Robert DARNTON, Le monde du livre à la veille de la Révolution, traduction J-F. Sené, Gallimard, 2018, 400 p., 25 €. L’auteur américain spécialiste des Lumières, évoque à partir du fonds inédit des archives de la Société typographique de Neufchâtel, fondée en 1769, le monde du livre à la fin de l’Ancien régime – imprimeurs, colporteur, libraires et lecteurs- les relations clandestines avec des centres à l’étranger comme Neuchâtel.

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Vue extérieur duTemple de Lemé Vue intérieure du Temple de Lemé

 

Le protestantisme du Nord de la France est souvent méconnu, et une visite au temple-musée de Lemé en Thiérache, au nord de l’Aisne, rappelle son importance historique.
L’implantation du protestantisme en Thiérache remonterait aux tout débuts de la Réforme par le biais de paysans saisonniers venus faire les moissons aux alentours de Meaux. Meaux où est dressée en France la 1ère Eglise réformée, en 1545. Des groupuscules disséminés se réunissent pour lire la Bible et chanter des psaumes. En 1563, au Synode de La Ferté-sous-Jouarre, le pasteur de Montcornet est sollicité par la communauté de Parfondeval.

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Affiche Annette MOnod

Permettez-moi de vous dire mon émotion de m’exprimer dans le cadre de l’émission des Amitiés huguenotes internationales pour vous parler du livre « Annette Monod, l’ange du Vel d’Hiv » écrit par Frédéric Anquetil et publié aux éditions Ampélos.
Tout d’abord, parce que le père d’Annette Monod, le pasteur André Monod, a consacré plus de trente années de sa vie aux Amitiés protestantes françaises à l’étranger.
Ensuite parce qu’Annette Monod était une cousine de ma grand-mère que nous rencontrions chaque année lors des réunions de famille organisées au moment de Noël. C’était une vieille dame discrète, assez effacée qui parlait peu, comme ces personnes qui ont beaucoup vécu.

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