Hommage aux docteurs Florence Nightingale et Anna Hamilton (Lettre 66)

par Christiane Guttinger

 En mai 1820, il y 200 ans, naissait Florence Nightingale (Florence 1820-Londres 1910), de parents anglais aisés et cultivés, qui lui donnent eux-mêmes une éducation humaniste qu’elle demande à compléter par des mathématiques. Les Nightingale sont protestants unitariens, attentifs aux autres et aux préoccupations sociales.

Lors d’une épidémie de grippe, Florence qui a alors 17 ans, assure le rôle d’« infirmière, gouvernante, soutien moral et médecin » auprès des malades de son entourage, et écrit dans son journal : « Dieu m’a parlé et m’a appelée à son service».

Lors de voyages en Italie, Grèce et Egypte, elle fait le tour des hôpitaux, et un stage en Allemagne, à l’institut de Kaiserwerth, géré par des diaconesses qui soignent, pansent, préparent les médicaments et assistent les médecins lors d’opérations.

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L’assemblée du 6 septembre 1942 au Musée du Désert (Lettre 66)

par Denis Carbonnier

C’était il y a près de 80 ans.

Nous sommes le 6 septembre 1942. Le premier dimanche de septembre, le jour où, depuis plus de 30 ans, se tient l’Assemblée du Musée du Désert.

Au petit matin, des cars sont partis de Marseille ou de Nîmes vers Mialet. Des jeunes, surtout des scouts en uniforme des Eclaireurs unionistes, ont choisi de rejoindre à pied la châtaigneraie du Mas Soubeyran.

Vers 10h 30, sous un soleil radieux, ils sont ainsi 4.000 à se presser autour de la chaire du Désert, cette chaire qui leur rappelle que durant plus d’un siècle – entre la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 et la Révolution française – les protestants n’ont pu exercer librement leur religion.

 

En 1942, c’est de l’histoire ancienne : les protestants sont alors libres de pratiquer leur religion. L’heure est cependant grave. Ce ne sont plus les protestants qui sont pourchassés, mais les juifs.

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Les 100 ans de La Cause (Lettre 66)

Photo de

par le pasteur Matthieu Arnera, responsable du service communication de La Cause

Pour la Fondation La Cause, 2020 est une année spéciale, non pas à cause de la pandémie que nous traversons tous, mais parce que La Cause a été créée il y a tout juste 100 ans, en mars 1920. Ce nom de La Cause était utilisé par les Réformateurs, par exemple Philip Melanchthon disait : « La cause qui nous met en mouvement c’est celle du Christ ».

Le pasteur Freddy Durrleman a fondé La Cause en 1920, inscrivant son engagement dans le christianisme social. Il a travaillé avec le pasteur Nick dans la misère des rues de Roubaix, puis il a développé avec La Cause une œuvre d’annonce de l’évangile en cherchant à compléter, en quelque sorte, le travail des églises locales, avec une quarantaine de groupes d’actions sur le terrain.

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Claude Goudimel, artiste à la mode, martyr de sa foi (Lettre 65)

Gravure de Claude GoudimelIl est des artistes dont l’œuvre rayonne dans le temps sans que leur vie soit connue. C’est le cas de Claude Goudimel, dont les réformés chantent chaque dimanche les Psaumes.

Sa date de naissance déjà est incertaine, autour de 1520. Il est le fils d’un boulanger de Besançon, ville libre de l’Empire germanique et particulièrement aimée de Charles Quint. Notre chantre des Psaumes n’est donc pas un français de naissance. Il a reçu une éducation musicale et générale sans doute auprès de l’Eglise locale à laquelle il restera attaché puisqu’en 1554/55 il témoigne en faveur de l’archevêque de Besançon dans un procès.

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Étienne Delaune, orfèvre et graveur protestant de la Renaissance (Lettre 65)

Étienne Delaune, fils du tailleur d’habits de François 1er, nait à Milan vers 1519[1].

Il se forme en France, peut-être à Orléans puis exerce comme orfèvre et graveur de médailles à Paris (1551), à la Monnaie du Moulin, créée par Henri II.

Son adhésion à la Réforme contraint-elle Delaune à la discrétion ? A pratiquer en chambre, illégalement, puis, poursuivi, se tourner vers la gravure ? Ses premières estampes remontent à 1561. Il utilise les techniques du burin et de la taille-douce, ainsi que le pointillé inventé par l’Italien Campagnola[2].

Il grave des compositions allégoriques, mythologiques et des suites bibliques d’après des esquisses de Baptiste Pellerin, dessinateur lié au milieu des orfèvres parisiens.

Dans la mouvance des artistes italiens du chantier de Fontainebleau[3], Delaune va jouer un rôle éminent dans la diffusion du nouveau vocabulaire artistique composé de grotesques et rinceaux, habités de petits animaux et chimères.[4]

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Un moment protestant de l’Institut de France. Le concours de 1802 sur la Réformation (Lettre 65)

Le 3 mars 1802, la Classe des Sciences morales et politiques de l’Institut choisit un sujet de concours intitulé « Quelle a été l’influence de la Réformation de Luther sur la situation politique et le progrès des Lumières ».

Ce choix est politique. L’été précédent, Pie VII et Bonaparte ont signé un Concordat déclarant la religion catholique « religion de la majorité des Français ». C’est une déception pour les protestants et les progressistes de l’Institut. Alors que le « parti catholique » triomphe avec la publication du Génie du Christianisme et la ratification du Concordat suivie d’une messe solennelle à Notre-Dame, La Décade philosophique, dirigée par le protestant Jean-Baptiste Say, publie dans le même numéro le texte du Concordat et l’annonce du concours. Bonaparte, qui vient d’épurer le Tribunat en évinçant les idéologues, réforme l’Institut en janvier 1803 : la Classe des Sciences morales est supprimée et ses membres répartis dans d’autres classes.

C’est la Classe d’Histoire et de littérature ancienne qui décerne le prix en mars 1804. Six des sept candidats ont fait l’éloge de la Réforme. Le lauréat est Charles de Villers, officier lorrain catholique de 39 ans émigré à Göttingen où il avait été séduit par la culture allemande ; mais son livre sur la philosophie de Kant, publié en 1801 avec une dédicace à l’Institut, avait déplu aux matérialistes de la Classe des Sciences morales. Villers, qui bénéficie de l’anonymat du concours, n’avait pour appui que le luthérien Georges Cuvier qui préside la Classe des Sciences et quelques historiens protestants de Strasbourg. Il s’est lié avec Benjamin Constant, Germaine de Staël et l’ambassadeur de Berne Stapfer.

portrait de Charles de VillersPortrait de Charles de Villers par Friedrich Carl Gröger, 1809. Portraitiste renommé d’Allemagne du Nord.

(wikipedia commons)

 

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Le Cinquième centenaire de la naissance de Gaspard de Coligny (Lettre 64)

Gaspard de Coligny nait à Châtillon en 1519. Il reçoit une brillante éducation humaniste. Dès 1542, il entame une carrière militaire et se distingue rapidement par son audace. Coligny jouit d’une grande faveur à la cour d’Henri II qui le nomme amiral de France en 1552. Attiré par les idées de la Réforme, il se convertit au protestantisme. Par fidélité au roi, il commence par refuser la violence et condamne la conjuration d’Amboise. Au cours des premières guerres de religion, Coligny joue un rôle de premier plan. Suite à la mort du prince de Condé à Jarnac, il devient le chef incontesté des protestants. Après la Paix de Saint-Germain-en-Laye en 1570, il jouit à nouveau de la faveur du roi Charles IX. Le 22 août 1572, Coligny est blessé dans un attentat. Dans la nuit du 23 au 24 août, il est assassiné ; son corps, défenestré, est trainé dans les rues de Paris et pendu au gibet de Montfaucon. Gaspard de Coligny est la première victime du massacre de la Saint-Barthélemy.

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Le graveur Bernard Picard, auteur du Traité des cérémonies religieuses de toutes les nations (Lettre 64),

Le graveur Bernard Picard, est né en 1673 à Paris. Il est formé par son père Etienne Picard, surnommé le Romain après un séjour à Rome, puis par les graveurs Benoît Audran et Sébastien Leclerc. Après des séjours aux Pays-Bas, en Angleterre et en Suède, Bernard Picard s’établit définitivement en Hollande, sans doute pour des raisons religieuses. D’origine catholique, il a fréquenté les jansénistes et se convertit au protestantisme, admis en 1712 à l’Eglise wallonne huguenote d’Amsterdam. Amsterdam où il meurt en 1733.

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Précepteurs et gouvernantes suisses à la cour de Russie (Lettre 64)

A la fin du XVIIIe siècle, et cela se prolonge au siècle suivant, le Pays de Vaud exporte largement précepteurs et gouvernantes à la Cour de Russie. Pourquoi autant de Suisses en Russie ? A cette époque de ce qu’on a appelé « l’Europe française au siècle des Lumières », il faut parler français, c’est la langue des élites, la langue diplomatique. Les Suisses de l’ouest sont francophones, parlent peut-être un français moins pur, mais ils présentent l’avantage d’être calvinistes et de pouvoir donner une éducation protestante. En effet le plus grand nombre de mariages de la Cour orthodoxe de Russie se faisait avec des Cours allemandes protestantes. Enfin, en cette fin du XVIIIe siècle, des Français peuvent être contaminés par des idées révolutionnaires. La Suisse au contraire donne l’image d’un pays calme, simple et pastoral.

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La France, objet d’une mission méthodiste épiscopale américaine au XXe siècle (Lettre 64)

Le méthodisme est un mouvement du « réveil » fondé au XVIIIes  en Angleterre par deux pasteurs anglicans, les frères John et Charles Wesley, qui exhortent à une conversion personnelle active. Ils prônent l’évangélisation itinérante, l’action sociale éducative, les missions dans le monde entier. Le méthodisme s’est répandu en France où il est à l’origine des premières Ecoles du Dimanche et l’œuvre méthodiste la plus connue est l’Armée du Salut fondée par le pasteur William Booth et développée en France par sa fille Catherine.

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