Le Cinquième centenaire de la naissance de Gaspard de Coligny (Lettre 64)

Gaspard de Coligny nait à Châtillon en 1519. Il reçoit une brillante éducation humaniste. Dès 1542, il entame une carrière militaire et se distingue rapidement par son audace. Coligny jouit d’une grande faveur à la cour d’Henri II qui le nomme amiral de France en 1552. Attiré par les idées de la Réforme, il se convertit au protestantisme. Par fidélité au roi, il commence par refuser la violence et condamne la conjuration d’Amboise. Au cours des premières guerres de religion, Coligny joue un rôle de premier plan. Suite à la mort du prince de Condé à Jarnac, il devient le chef incontesté des protestants. Après la Paix de Saint-Germain-en-Laye en 1570, il jouit à nouveau de la faveur du roi Charles IX. Le 22 août 1572, Coligny est blessé dans un attentat. Dans la nuit du 23 au 24 août, il est assassiné ; son corps, défenestré, est trainé dans les rues de Paris et pendu au gibet de Montfaucon. Gaspard de Coligny est la première victime du massacre de la Saint-Barthélemy.

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Nouvelles du protestantisme français (Lettre 64)

Gilles Teulié, professeur de civilisation britannique et du Commonwealth à l’université d’Aix Marseille, auteur d’une Histoire de l’Afrique du Sud des origines à nos jours, Ed. Taillandier, 2019 donnera une conférence 47 rue de Clichy, 75009 Paris, le vendredi 13 mars 2020 à 20 h 30, sur Les huguenots français en Afrique du Sud.

L’action de personnalités protestantes a été mise à l’honneur en 2019, notamment Irène Frachon, la pneumologue qui a été à l’origine de la dénonciation du scandale du Mediator responsable de graves complications cardiaques.

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Le protestantisme du Nord de la France et en Thiérache (Lettre 62)

 

Vue extérieur duTemple de Lemé Vue intérieure du Temple de Lemé

 

Le protestantisme du Nord de la France est souvent méconnu, et une visite au temple-musée de Lemé en Thiérache, au nord de l’Aisne, rappelle son importance historique.
L’implantation du protestantisme en Thiérache remonterait aux tout débuts de la Réforme par le biais de paysans saisonniers venus faire les moissons aux alentours de Meaux. Meaux où est dressée en France la 1ère Eglise réformée, en 1545. Des groupuscules disséminés se réunissent pour lire la Bible et chanter des psaumes. En 1563, au Synode de La Ferté-sous-Jouarre, le pasteur de Montcornet est sollicité par la communauté de Parfondeval.

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Protestantisme et patrimoine, objets et image, à propos de deux ouvrages, publiés récemment (Lettre 61)

 

Traditionnellement, le protestantisme – et tout particulièrement le protestantisme réformé – est réputé comme une religion sans image ou pire sans art, à l’exception notable de la musique. Deux livres parus récemment nous démontrent brillamment qu’il n’en est rien.

Le cinq-centième anniversaire de la Réforme a été pour le Ministère de la Culture l’occasion d’étoffer sa remarquable collection de référence « Vocabulaires » d’un 14e volume consacré au vocabulaire typologique des « Protestantismes ». Sous ce titre (« Protestantismes » au pluriel), sont donc considérés cinq siècles de patrimoine(s) protestant(s) mais aussi les usages, les pratiques ainsi que leur évolution dans le temps et dans l’espace. Dans une perspective très large, il englobe également le patrimoine moins connu que celui des Eglises dites « historiques », à savoir celui des Églises protestantes plus récentes comme, entre autres, l’Eglise baptiste ou encore l’Armée du Salut.

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La Société de l’histoire du protestantisme français lance un appel pour sa rénovation(Lettre 61)

 

Née au printemps 1852, à l’extrême fin de la IIe République, la Société de l’histoire du protestantisme français (la SHPF) est l’une des plus anciennes sociétés savantes de France.

Les fondateurs en étaient douze personnalités, des historiens et des pasteurs, sous le patronage de François Guizot.

Alors que depuis un demi-siècle, la minorité protestante était réintégrée dans la nation française, elle aspirait en effet à se réapproprier son histoire oubliée et décriée, en lui faisant sa place au sein de la grande histoire de France.

Dans ce but, la nouvelle Société lançait une revue, le Bulletin de la SHPF, rassemblant des documents inédits, des enquêtes et des travaux sur l’histoire de la Réforme et du protestantisme, en France et dans les pays du « Refuge ». Publié sans discontinuer depuis 1852, le Bulletin de la SHPF est devenu, à partir de 2016, la Revue d’histoire du protestantisme, pour s’ouvrir à la sociologie, à l’histoire du temps présent, ainsi qu’à l’histoire du protestantisme mondial.

 

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Le sculpteur Auguste Bartholdi (Lettre 59)

Lion de Belfort, statue de la Liberté, du général Rapp, de Washington, de La Fayette, et de Vercingétorix (la statue équestre de Vercingétorix, à Clermont-Ferrand (1903).), etc. Bartholdi, auteur de ces œuvres devenues symboles, est né dans une famille bourgeoise protestante de Colmar en 1834.

Son père meurt jeune. Sa mère, s’installe alors à Paris. Auguste fait ses études au lycée Louis-le-Grand tout en suivant les cours du sculpteur Antoine Etex et du peintre Ary Scheffer. Baccalauréat en poche (1852), il se lance directement dans la sculpture sans passer par les Beaux Arts, et installe son atelier rue Vavin (Puis, 30 rue d’Assas lors de sa destruction liée au percement du Bd Raspail.). D’un grand voyage en Egypte et au Yémen, il rapporte la pratique de la photographie, des dessins et le sens du monumental. Sa statue en marbre de Champollion orne la cour du Collège de France à Paris (1875).

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Haussmann et Baltard, les 150 ans du temple du Saint-Esprit à Paris

photo du temple du Saint EspritL’église protestante unie du Saint-Esprit, rue Roquépine, édifié à proximité du boulevard Haussmann et de l’église Saint-Augustin, célèbre son cent-cinquantenaire.

Ce temple construit sous Napoléon III en 1865 est très emblématique. C’est le plus grand temple élevé comme tel à Paris, sous la coordination de deux protestants, le baron Haussmann et l’architecte Victor Baltard. Le temple est inclus dans un immeuble qui comprenait des écoles de filles et de garçons, selon une conception associant temple et école chère à la Réforme. A l’intérieur, le grand volume octogonal, est éclairé par une immense verrière zénithale. La façade soulignée par des pilastres ne dépasse pas l’alignement du bâtiment. Un petit campanile abrite la cloche. C’est l’Impératrice qui avait exigé un édifice discret qui ne soit pas visible de Saint-Augustin dont elle souhaitait faire sa nécropole !

Haussmann, nommé préfet de la Seine en 1860, se voit confier par Napoléon III, le réaménagement complet du nouveau Paris englobant des communes avoisinantes. Son action fut si remarquable que son nom est devenu un adjectif : l‘urbanisme haussmannien associé à la destruction de quartiers anciens et au percement de larges avenues bordées d’immeubles imposants et d’hôtels particuliers !

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La Fondation du Patrimoine et son fonds pour la sauvegarde du patrimoine protestant

   Beaucoup de nos temples français nécessitent des travaux que les paroisses ont du mal à financer. Le Fonds pour la Sauvegarde du patrimoine protestant peut les aider !     Ce fonds a justement été créé à leur intention, dans le cadre de la Fondation du patrimoine, organisme privé, à but non lucratif, animé largement par … Lire la suite

Sainte-Foy la Grande, bastide protestante au coeur de la vallée de la Dordogne(Lettre 55)

La vallée de la Dordogne est profondément marquée par la Réforme, attestée par un culte célébré au château des Milandes dès 1535. Sous François Ier, le pasteur Aymon de la Voye prêche à Sainte-Foy. Condamné par le Parlement de Bordeaux (en 1541) il va au supplice en chantant des Psaumes de Genève, et exhorte la … Lire la suite

Centenaire du grand temple de la place Cavour à Rome

photo du grand temple de RomeLe 8 février 2014 a été célébré avec éclat, en présence du maire de Rome, Ignazio Marino et des autorités régionales du Latium, le centenaire du temple de la place Cavour, entièrement restauré pour l’occasion grâce au concours de la ville de Rome, des Affaires Culturelles et du mécénat privé.

L’inauguration le 8 février 1914, en présence de deux mille personnes, avait déchainé la polémique de la presse catholique, malgré un accueil favorable du roi Vittorio Emanuele III.

Situé dans le très cossu district de Prati, sur la vaste place Cavour, près du Palais de Justice, il fait face à Saint-Pierre, sinon dans un geste de défi, du moins de confrontation délibérée. Rien de fortuit dans cet emplacement : il s’agit de montrer et témoigner de la présence évangélique à Rome, après des siècles de bannissement et de persécutions. Derrière la place Cavour, le château Saint-Ange fut la prison des évangéliques au XVIe siècle et c’est là que fut supplicié le réformateur humaniste Gian Luigi Pascale (1560).

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