Venise et la Réforme luthérienne

Dans le cadre de la commémoration de la Réforme, Venise a été élue ville européenne de la Réforme, par décision de la Municipalité et de la Conférence des Eglises protestantes d’Europe. Une cérémonie en l’église luthérienne de Venise, Campo S.S Apostoli, Canareggio, le 31 octobre 2016, célèbre cet événement.

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Fortunato Bartolomeo De Felice, une figure méconnue du protestantisme et des Lumières (Lettre 58)

affiche annonce de l'exposition Fortunato de Felice

La bibliothèque de la Société de l’histoire du protestantisme français, rue des Saints Pères à Paris, dans le 7ème arrondissement, accueille jusqu’au 20 octobre, une passionnante exposition consacrée à Fortunato Bartolomeo De Felice. Elle donne l’occasion de revenir sur une figure trop méconnue du protestantisme et des Lumières.
Fortunato De Felice est né à Rome en 1723, d’un père chaudronnier-lanternier. Après des études chez les jésuites, il est admis dans l’ordre Franciscain, ordonné prêtre en 1746, puis nommé professeur de philosophie, toujours à Rome. Il se spécialise dans l’étude de Newton et de Leibniz, et participe activement aux débats intellectuels passés d’Angleterre, en France, et maintenant en Italie.

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Centenaire du grand temple de la place Cavour à Rome

photo du grand temple de RomeLe 8 février 2014 a été célébré avec éclat, en présence du maire de Rome, Ignazio Marino et des autorités régionales du Latium, le centenaire du temple de la place Cavour, entièrement restauré pour l’occasion grâce au concours de la ville de Rome, des Affaires Culturelles et du mécénat privé.

L’inauguration le 8 février 1914, en présence de deux mille personnes, avait déchainé la polémique de la presse catholique, malgré un accueil favorable du roi Vittorio Emanuele III.

Situé dans le très cossu district de Prati, sur la vaste place Cavour, près du Palais de Justice, il fait face à Saint-Pierre, sinon dans un geste de défi, du moins de confrontation délibérée. Rien de fortuit dans cet emplacement : il s’agit de montrer et témoigner de la présence évangélique à Rome, après des siècles de bannissement et de persécutions. Derrière la place Cavour, le château Saint-Ange fut la prison des évangéliques au XVIe siècle et c’est là que fut supplicié le réformateur humaniste Gian Luigi Pascale (1560).

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Le Risorgimento et les protestants

mosaïque de Jones Burnes représentant Garibaldi en "Chevalier de la foi"
BURNES JONES, MOSAÏQUE
GARIBALDI (2eme à partir de la gauche)

 

L’Italie célèbre depuis mars 2011, les 150 ans de son unité ; les protestants italiens s’associent largement à cet anniversaire et nombreuses sont les conférences et expositions sur les liens entre Risorgimento et protestantisme.

Voyons pourquoi, grâce notamment à l’ouvrage clé du grand historien Giorgio Spini « Risorgimento e protestanti ».

 

Après la chute de Napoléon Ier, la liberté accordée aux protestants des vallées vaudoises est anéantie, les voici confinés dans leur ghetto alpestre. C’est grâce aux entrepreneurs suisses comme à Bergame, Florence, Naples ou Gênes, aux négociants anglais à Livourne, Florence  Rome ou Palerme, que les idées protestantes se diffusent à travers la péninsule. La pensée protestante circule sous l’influence du courant piétiste du Réveil mais aussi des idées libérales développées par Benjamin Constant ou Gian Pietro Vieusseux, le directeur protestant du cabinet littéraire de Florence. Le cabinet littéraire de Vieusseux est l’un des centres majeurs de la conscience nationale italienne au XIX e siècle et tous les grands réformateurs politiques toscans en firent partie.

Les résidents suisses et les britanniques se font le relais des sociétés bibliques britanniques et déchargent clandestinement des Bibles, traduites en italien, dans les ports de Livourne, de Gênes ou de Sicile. Ils ouvrent des chapelles qui vont devenir, malgré l’interdiction de prosélytisme, des foyers d’évangélisation.

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Philippe Canaye, sieur de Fresnes : un huguenot au pays du sultan

Lors de l’été 1572, un jeune protestant, Philippe Canaye, termine un séjour d’études à Venise après quelques années passées en Allemagne. Une lettre de son père, avocat à Paris, lui apprend le massacre de la Saint Barthélémy. Il décide donc de retarder son retour en France et d’accompagner à Constantinople, l’ambassadeur français. Pendant une année, … Lire la suite