Le peintre Valdo Barbey

 

Il y a tout juste un siècle, à l’automne 1915, l’écrivain Blaise Cendrars était grièvement blessé lors de l’offensive de Champagne.photo de Valdo Barbey en habit militaire

Dès le début du conflit, ce Suisse d’origine protestante avait lancé dans la presse un appel à tous les étrangers vivant en France afin qu’ils s’engagent, comme lui, pour leur pays d’accueil. Les Suisses furent fort nombreux à y répondre ou même à le devancer, puisqu’on estime qu’environ 7 000 d’entre eux s’engagèrent pour la France et combattirent au sein de la Légion étrangère.

A ces milliers de volontaires, il faut ajouter encore l’engagement des Suisses ayant fraichement obtenu la nationalité française, dont le plus célèbre fut sans doute l’écrivain Guy de Pourtalès, descendant de huguenots du Refuge. Cependant, un autre artiste, plus méconnu, le peintre Valdo Barbey mérite d’être également cité avec ce dernier.

Né en 1880 dans le canton de Vaud, il est le fils de William Barbey, célèbre botaniste et membre éminent de l’Eglise libre vaudoise, et de Caroline Boissier, fille d’un autre botaniste de renom, et élevée par Valérie de Gasparin, protestante engagée.

Lire la suite

Nouvelles des sociétés huguenotes de l’étranger (Lettre N°49)

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Mr John Strang, le 25 mars 2012 à New York. Après avoir remonté ses origines huguenotes jusqu’à son ancêtre marié au château de Chamerolles à l’époque où l’on y découvrit la chapelle protestante du XVIe siècle, John Strang avait fondé à New York … Lire la suite

Nouvelles des sociétés huguenotes de l’étranger

Le dernier n° des Proceedings of the Huguenot Society of Great-Britain and Ireland, vol XXIX N°4 publie plusieurs articles très intéressants dont un de Ruth Whelan sur Le voyage extraordinaire d’Elie Neau (vers 1662-1722) naturalisé anglais et galérien protestant français. L’ambigüité du titre de l’article reflète la situation de cet émigré huguenot né en Charente, commerçant dans les Caraïbes, installé à New York où il prend la nationalité britannique pour commercer librement, jusqu’au jour où otage d’un corsaire de St-Malo il est ramené en France et, en tant que protestant français, il est envoyé aux galères… Son aventure tumultueuse ne s’arrête pas là, et nous l’évoquerons sans doute dans une de nos prochaines émissions. D’autres articles évoquent le sort de la famille Lamy, tisserands de Bolbec à Spitafields ; la « forme de police ecclésiastique instituée à Londres en l’Eglise (réformée) des Français » sous le ministère de Nicolas des Gallars vers 1559-1563 à l’exemple de Genève  ; l’exil de Vaudois au Cap de Bonne Espérance.

Lire la suite

Nouvelles des sociétés huguenotes de l’étranger (Lettre N°47)

La nouvelle princesse anglaise, épouse du prince William, Kate Middleton descend de huguenots français réfugiés en Angleterre à la Révocation de l’édit de Nantes. Son aïeul à la 11e génération, Gaston Martineau, “surgeon” (chirurgien-médecin) de Bergerac, quitta la France à 31 ans, et épousa en Angleterre en 1693, Marie Pierre, fille de Guillaume Pierre, un … Lire la suite

Théodore de Bèze

Maquette du groupe central du mur de la Réformation
Maquette du groupe central du mur de la Réformation Projet de Landowski et Bouchard Farel, Calvin, Bèze, Knox
Sur le Monument de la Réformation à Genève, Jean Calvin est entouré de deux personnages qui furent ses proches amis : l’un son aîné de 20 ans, Guillaume Farel que nous avons déjà présenté, l’autre son cadet de 10 ans, Théodore de Bèze.

La longue vie de Bèze – de 1519 à 1605 – s’identifie presque avec le siècle de la Réformation et a participé intensément non seulement à l’histoire de Genève, pendant près d’un demi-siècle, mais à l’histoire de toute l’Europe protestante et en particulier des Eglises réformées en France.

A Paris, puis à Orléans et à Bourges, le jeune Théodore de Bèze eut pour précepteur un célèbre helléniste allemand, Melchior Wolmar. Celui-ci lui enseigna le latin et le grec. Il lui donna aussi quelques lumières sur les idées nouvelles, les idées d’Erasme, de Luther, de Bullinger : des idées « évangéliques », critiques à l’égard de l’Eglise traditionnelle, et de ce fait interdites en France.

Lire la suite

Guillaume Farel

Guillaume Farel
Guillaume Farel

Le dimanche 21 mai 1536, les bourgeois de Genève convoqués solennellement au son des fanfares, se rassemblèrent sur la place publique et déclarèrent unanimement qu’à partir de ce jour, ils désiraient « vivre selon l’Évangile et la parole de Dieu ». Cette victoire de la foi est due en grande partie à l’activité d’un homme : Guillaume Farel.

Qui est cet homme qui en quelques années a réussi à extirper complètement la vieille foi catholique de cet ancien fief épiscopal, et y a introduit la religion réformée ?

Le grand écrivain autrichien Stephan Zweig en a dressé quatre siècle plus tard un portrait particulièrement peu amène dans son « Conscience contre violence » (1936). Guillaume Farel « petit, laid, la barbe rousse et les cheveux embroussaillés » qui « avec sa voix tonnante et la fureur démesurée de sa nature violente, possède l’art, du haut de la chaire, de précipiter le peuple dans un état d’excitation fiévreuse » est assimilé au « type du révolutionnaire destructeur », lointain ascendant des propagandistes nazis qui se sont alors emparés de l’Allemagne.

Lire la suite

Idelette de Bure, l’épouse de Calvin

timbre Idelette de Bure
Idelette de Bure, femme de Jean Calvin

Idelette de Bure, nous est connue grâce à la correspondance de Calvin, Bucer, Farel et Théodore de Bèze. On peut distinguer deux périodes dans sa vie : celle de sa jeunesse et de son mariage avec l’anabaptiste Jean Storder, puis sa vie d’épouse de Calvin à Strasbourg et Genève.

Idelette de Bure nait à Liège en 1505 ou 1506 dans un milieu aisé. Son grand-père, syndic des brasseurs était un notable ; son père tanneur, commerçant en peaux et fourrures, un catholique prospère.

Cependant, Idelette et son frère Lambert fréquentent un petit groupe évangélique assoiffé de lectures bibliques, favorisé par le développement de l’imprimerie et, en particulier, la parution du Nouveau Testament de Lefèvre d’Etaples, imprimé à Anvers en 1523. Idelette y rencontre et épouse un jeune marchand liégeois, Jean Storder, très engagé dans le mouvement anabaptiste radical qui refuse le baptême des enfants. Ils se marient hors de l’Eglise et auront un garçon et une fille.

Lire la suite

Marie Dentière (vers 1495-1561) Une figure de la Réforme genevoise du XVIes

femme du xvieL’histoire de la Réforme genevoise est dominée par la personnalité de Jean Calvin et on néglige parfois les artisans de la première heure. Si Guillaume Farel ou Pierre Viret sont connus, les femmes ont été ignorées, et même dénigrées. Ainsi en est-il de Marie Dentière qui a participé activement à l’avènement de la Réforme à Genève, et fut une des premières théologiennes réformées.

Marie Dentière est née à Tournai vers 1495. Prieure du couvent des Augustines de l’abbaye de Saint-Nicolas-dès-Prés située près de sa ville natale, elle se convertit aux idées luthériennes et quitte son ordre au début des années 1520. A Strasbourg, elle épouse le prédicateur Simon Robert, avec qui elle se rend en Suisse en 1528.

Veuve, Marie Dentière se remarie avec un autre prédicateur, Antoine Froment, collaborateur de Guillaume Farel. En 1535, ils s’établissent à Genève où elle prend part à la Réforme de Farel, prêchant la nouvelle foi, exhortant des religieuses de prendre un mari et avoir comme elle, des enfants[1]. Elle meurt en 1561.

Lire la suite

Une famille huguenote, les frères Merle d’Aubigné

La Graveline au début du XIXe siècle Dessin de Melle Clémentine Brélaz
Trois livres parus autour de 1830, épuisés et pratiquement introuvables viennent d’être réédités, en un seul volume, abondamment illustré, sous le titre : Une famille huguenote, les frères Merle d’Aubigné. Ils étaient trois frères, nés à la fin XVIIIe, dont la carrière aura trois grandes orientations : l’aîné en Amérique, le second en Europe, le cadet entre les Etats-Unis et la France. Leur double nom vient du fait qu’un grand-père venu de Nîmes avait épousé en 1743 une des filles du dernier d’Aubigné de Genève, descendant du célèbre Agrippa. Madame de Maintenon, épouse de Louis XIV, avait fait miroiter la promesse d’un évêché à son cousin Samuel, le grand-père de la mariée, s’il rentrait dans le rang. Il n’en fut naturellement pas question.

Le fils aîné, Guillaume, part très jeune faire un apprentissage à Hambourg et fait la difficile traversée de l’Atlantique. Il commence par échouer aux Bermudes et il raconte avec humour comment on pêche à la baleine. Il découvre New York en 1815 et décrit les Quakers de Philadelphie avec beaucoup d’ironie… Le journal de sa traversée et ses lettres à sa famille ont été publiés en partie à Washington en 1935 mais seulement en français… dommage pour les lecteurs américains. Leur traduction est maintenant chose faite.

Lire la suite

Le Musée international de la Réforme à Genève

Voilà presque 500 ans que Calvin est arrivé à Genève et certaines expressions en portent toujours la marque : on parle de la Cité de Calvin, ou de la Rome protestante. Mais jusqu’à aujourd’hui, en dehors du célèbre Mur de la Réformation, qu’est-ce qui dans la ville l’indiquait ?

Or, maintenant, depuis le 15 avril dernier, est ouvert le M I R, le Musée international de la Réforme. Un parcours pédestre organisé à travers les vieilles rues conduit au Musée en passant par les hauts lieux de l’histoire de la Réforme. Donc désormais les Genevois, comme les visiteurs de passage, peuvent associer dans un même esprit de découverte Calvin, la Réforme et la ville. Mais oui ! il n’y avait pas encore de musée du protestantisme à Genève, alors que quinze provinces françaises s’honorent d’en avoir un. Ce sont d’ailleurs ces différents musées que, tel un guide touristique, présente la brochure éditée par le Centre Protestant d’Etudes et de Documentation : Les Musées du Protestantisme en France (CPED, 47 rue de Clichy, 75009 Paris)

Lire la suite