Gravure de John Napier

C’est à l’Ecossais protestant John Napier ou Neper (château de Merchiston, près d’Édimbourg 1550-1617) théologien, physicien, astronome et mathématicien que l’on doit l’invention des logarithmes. Baron de Merchiston, il se fit connaître par sa défense du protestantisme, et mit notamment en garde le roi Jacques VI d’Écosse contre les visées du roi catholique Philippe II d’Espagne. Neper inventa les logarithmes pour simplifier les calculs trigonométriques nécessaires en astronomie et sa description du nouvel outil, parut en 1614 dans Mirifici logarithmorum canonis descripti. On distingue les logarithmes décimaux et néperiens qui ont été très utilisés pour des calculs manuels de grande précision jusqu’à l’apparition de nouveaux moyens de calculs tels que les ordinateurs. Les anciens élèves des classes préparatoires se souviennent sans doute des tables Bouvard et Ratinet…

La Fondation Huguenote des Pays Bas a organisé le 14 juin, une journée à Leewarden sur les traces du huguenot Antoine Coulon, né à Sedan en 1682, réfugié avec sa famille à Amsterdam en 1685. Entré en apprentissage avec son frère Jean chez Daniel Marot, architecte du Stathouder-Koning Guillaume III et des Stathouder Nassau de Frise, Antoine devint architecte de la Cour des Nassau de Frise. La maison qu’il construisit en 1713, Doelestraat 8, abrite depuis 1938 la « Fryske Akademy.

L’Association suisse pour l’Histoire du refuge huguenot, a fait paraître une trentaine de contributions, sous la direction de Philip Benedict, Hugues Daussy et Pierre-Olivier Léchot, L’Identité huguenote. Faire mémoire et écrire l’histoire (XVIe-XXIe siècle), Genève, Droz, 2014, 664 p. Du Livre des Martyrs aux historiens protestants du XXe siècle en passant par Lancelot Voisin de La Popelinière, Pierre Bayle, François Guizot et Gabriel Monod, les protestants français ont contribué de manière fondamentale au développement de la connaissance historique. Faire mémoire et écrire l’histoire : ces deux ambitions vont-elles de pair ou se contredisent-elles ? Les actes du colloque tenu à Ascona-Locarno, en octobre 2010, « Histoire, Mémoires et Identités des Huguenots (XVIe-XXIe siècles) devraient paraître prochainement.

Cette même association a tenu son assemblée générale à genève, le 4 octobre, sous la présidence de Mme Béatrice Nicollier et a procédé au renouvellement de son comité. Patrick Cabanel, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Toulouse II-Le Mirail, auteur de nombreuses publications, dont l’Histoire des protestants en France (2012), fit ensuite une conférence sur l' »huguenotisme » et l' »huguenotisation » au XIXe siècle, résultant de la redécouverte de l’histoire du protestantisme, du Refuge, des recherches faites à l’étranger où les descendants vont à la recherche d’une identité, des publications de Charles Weiss en 1863, de Smiles en Grande-Bretagne, de l’édition de « Mémoires » de réfugiés. Au XIXe siècle, le qualificatif insultant « huguenot » devient un titre de gloire !

 

Le Musée International de la Réforme (Genève) présente du 1er octobre 2014 au 1er février 2015, « 1814, Les premières genevoiseries« , les caricatures inspirées à Adam Töpfer (1762-1847) à l’époque où Genève, chef lieu du département français du Léman de 1898 à décembre 1813, entre dans la confédération helvétique. Il dénonce par exemple avec humour, la lourdeur des impôts en représentant un horloger passé entre les rouleaux d’une essoreuse pour lui faire cracher montres et pièces d’or… Il aura comme cliente l’Impératrice Joséphine dont La sortie du temple figurait à l’exposition présentée ce printemps à l’Orangerie du Luxembourg. Adam Töpfer est le père de Rodolphe, considéré comme l’inventeur de la bande dessinée. Pour mieux le connaître, un livre : Wolfgang-Adam Töpffer (1766 – 1847), Ed. La Bibliothèque des Arts, Lausanne, 1996, 400 p., 115 ill. couleur et 220 en n/b).

 

La Deutsche Hugenotten-Gesellschaft fêtera son 125e anniversaire lors de son Assemblée générale, le 30 mai 2015, à Friedrichsdorf (Hesse, dans la région de Francfort-sur-le-Main). La société huguenote allemande fut créée en 1890 sous le nom de Deutscher Hugenotten-Verein. Il est prévu un petit programme historique et un tour guidé de la ville fondée en 1686 par des réfugiés huguenots français, à l’initiative du prince Frédéric II, landgrave de Hesse-Hombourg.

La « Journée huguenote allemande » se déroulera du 4 au 6 septembre 2015 à Bad Karlshafen, fondée également pour accueillir des huguenots, en 1699 par le landgrave Karl de Hessen-Kassel. Le musée huguenot de Bad Karlshafen, associé au centre de généalogie huguenote et à une bibliothèque spécialisée, est installé dans une ancienne manufacture de tabac ; il s’attache à retracer l’histoire des protestants français et leur exil dans les pays du Refuge.

Badkarlshafen est l’ultime étape de l’itinétaire européen de randonnée, « Sur les pas des huguenots » qui, prochainement, aura pour point de départ Mialet et le Musée du Désert, le plus important des musées protestants (www.surlespasdeshuguenots.eu).

 

La Huguenot society of Great Britain and Ireland organise à Londres, du 9 au 11 septembre 2015, la VIe International Huguenot Conference sur le thème des « Huguenot networks in Europe » de 1550 à 1800, incluant une excursion à Boughton House (Northamptonshire), résidence du duc de Buccleuch, abritant des collections d’art décoratif et d’argenterie huguenots hérités de ses ancêtres Ralph et John Montagu (contact : conference@huguenotsociety.org.uk).

La National Huguenot Society nord-américaine a réuni, du 3 au 5 octobre 2014, ses différentes sections en congrès à New Paltz (Etat de New York), ville fondée par des émigrés huguenots venus du nord de la France, auquel François Batisse avait consacré une émission de radio du Comité (juin 2000, cf. Lettre 25) mise en ligne sur notre site www.huguenots.fr. Une maison à pignon, en pierre, relevant de la tradition architecturale d’Artois, à Mount Gulian Home, fut l’objet d’une excursion : cet autre site historique huguenot de l’Etat de New York, fondé par la famille d’Abraham Isaac Verplanck, alliée aux Crommelin originaires de Saint-Quentin et dont le premier refuge fut Amsterdam, est toujours géré par un comité où siège une descendante !

Photo de la National Huguenot SocietyLa Huguenot Society of America (NewYork) a édité en 2013 un joli ouvrage de 75 pages, reproduisant sa collection de 60 plaques de verre originales de Samuel Bastide, créée en 1926 et acquise vers 1930, illustrant Les Réfugiés. La série commence par l’épopée des onze enfants d’Abraham Privat et se termine avec une vue de la statue de la Liberté éclairant le monde. Samuel Bastide (Saint-Jean-du-Gard 1879-Lausanne 1962) avait mis au point une technique très personnelle : il commençait par élaborer un dessin qu’il photographiait et fixait sur une plaque de verre de 8×8 cm, qu’il peignait ensuite manuellement, recourant à deux styles : des silhouettes pleines en ombre chinoise se détachant sur un fond coloré ou/et des traits fins évoquant la gravure. Il avait construit une lanterne pliante à double foyer, inventé le « fondu-enchaîné » pour passer d’une vue à l’autre et illustrer de projections ses conférences pour la Société centrale d’Evangélisation, et La Croix Bleue, dans les paroisses, les écoles et les casernes… Il réalisa d’autres séries de montages à thèmes bibliques ou historiques publiées en petits fascicules par le Musée du Désert : Les pasteurs du Désert, L’Exode de Huguenots, Les Galériens pour la Foi, La Tour de Crest et ses martyrs, Les prisonnières de la Tour de Constance. Les dessins originaux concernant l’histoire du protestantisme sont conservés au Musée du Désert ; l’intégralité des montages audio-visuels (plaques et enregistrements des conférences) au Musée des Vallées Cévenoles ainsi que son matériel et ses souvenirs.

Photo au centre du cimetière croix et monument mémoriel

Dans Huguenot Times (n° 24, printemps 2014), publication de la Huguenot Society of Australia, Robert Nash et Craig Wilcox évoquent la participation de nombreux descendants de huguenots australiens dans les combats de la Grande Guerre, et livrent une liste non-exhaustive de ceux qui y ont laissé la vie. Le corps de l’ANZAC (Australian and New-Zealand Army Corps) combattit sur différents fronts, essentiellement dans les Dardanelles (Gallipoli) dès 1915, dans la Somme (Fromelles, Pozières, Ypres) et Villers-Bretonneux (près d’Amiens) où s’élève au centre du cimetière une « croix du sacrifice » et une tour composant le monument mémoriel canadien  

conçu par l’architecte britannique Edwin Luytens. Un petit musée franco-australien est associé à ce souvenir à Villers-Bretonneux.

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