affiche de l'expoLe musée Jacquemart-André (legs de la famille de banquiers protestants André) a présenté une fabuleuse collection réunie par Samuel von Brukenthal, gouverneur de Transylvanie ; quoique luthérien fervent, cet intime de l’impératrice Marie-Thérèse fut comblé de richesses dont les chefs d’œuvre ont été exposés à Paris, en janvier 2010.

Cette exposition (dont les œuvres appartiennent à l’Eglise luthérienne en actuelle Roumanie) est l’occasion d’évoquer le passé protestant, méconnu en France, de la capitale des Habsbourg.

gravure représentrant Johannes Honterus

Johannes Honterus

Au XVIe siècle, Vienne devient rapidement un foyer très actif de la Réforme, grâce à la protection de Maximilien II de Habsbourg, qui en favorisa la diffusion ; Zwingli, mais aussi Johannes Honterus (1498-1549), le réformateur de la Transylvanie, ou encore Primus Truber (1508-1586), le « Luther » de la Slovénie, y étudièrent.
gravure représentant Primus Truber

Primus Truber

La « Herrengasse » tout près de la Hofburg, était le quartier de la noblesse protestante et c’est dans ses hôtels qu’était célébré le culte ; le palais Stahremberg avait appartenu à une famille luthérienne, les Zelking puis à des coreligionnaires, les Strein von Schwarzenau ( Richard (1568-1600) fut conseiller impérial ) ; rue Herrengasse se trouvait aussi le consistoire luthérien (actuel n°29) dans le palais de la famille Roggendorf. Tout près de là, Dorotheergasse se trouvent l’église luthérienne et l’église calviniste de la vielle ville, qui toutes deux remontent à l’édit de Tolérance de 1783 ; si l’architecture de l’église calviniste reprend le schéma de Soufflot au Panthéon, l’église luthérienne, dans une chapelle du XVIe siècle contient un magnifique retable, copie du Christ en croix de Van Dyck, réformé d’Anvers, (dont l’original se trouve au Kunsthistoriches Museum de Vienne).

photo de la Christuskirche

Christuskirche

Vienne c’est bien sûr aussi la Vienne de François-Joseph et celle de la Sécession ; elle fut modelée par deux architectes protestants, Theophil von Hansen (auteur de l’église luthérienne Christuskirche de style byzantin – Triesterstrasse – et de celle de Gustav-Adolph, néo-romane, Gumpendorfer strasse, église de la grande bourgeoisie de l’ouest de la ville) ; l’autre architecte étant le grand Otto Wagner.

Les protestants ont joué un rôle considérable dans les arts à Vienne, ainsi, un fils du banquier Fries, Moritz von Fries, anobli par Marie-Thérèse, fut mécène de Beethoven et dédicataire de la 7ème symphonie ; si l’on se promène dans le carré protestant du cimetière central ou du cimetière protestant de Favoriten-Matzleindorf, l’on ne compte plus, à côté des industriels, des soyeux notamment, les peintres, acteurs et musiciens, ou bien l’égérie de Gustav Klimt, la belle Emile Flöge qui tenait une maison de haute couture, mais aussi les universitaires et écrivains.

Et si vous allez à Vienne, choisissez la saison des bals afin de valser à l’ « Evangelischer Bal »organisé sous le patronage du Diocèse luthérien de Vienne .

par Thierry Rousset
(Émission du Comité Protestant des Amitiés Françaises à l’Étranger diffusée sur France Culture, à 8h25, le 1er août 2010)

Sources : 225 Jahre Lutherische Stadtkirche ; Ev Christuskirche (Kunstverlage Peda) ; Prominentergrâber Evangelischer Friedhof von M.Wolf & K.Edel ; http://www.evang-wien.at

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