Le 19 Mai 1995, la municipalité de Rivedoux-en-Ré a décidé de rendre un hommage solennel à l’un de ses enfants les plus illustres en érigeant un monument à la mémoire de Nicolas Martiau, exilé pour sa foi, victime de l’intolérance, et à la gloire de son descendant … George Washington !

*député honoraire, président de l’association M.N.M. « Mémorial à la Mémoire de Nicolas Martiau, ancêtre rétais de George Washington», auteur de Nicolas Martiau, Ancêtre Huguenot Français de George Washington .

Prodigieuse destinée que celle de Nicolas Martiau, protestant convaincu, n’hésitant pas à quitter sa terre natale par fidélité à sa foi huguenote, et qui devait devenir par son mariage en terre d’exil, l’ascendant d’une des plus illustres figures de l’histoire, George Washington … mais aussi d’Elizabeth II, Reine d’Angleterre. Prodigieuse destinée d’un homme aux capacités exceptionnelles, dont la vie marqua les destins de la France, de l’Angleterre et des États Unis.

C’est en 1591, que naquit Nicolas Martiau dans une famille de notables rétais Calvinistes, dans ce climat de guerre de religions qui sévissait à l’époque. La population de l’île de Ré compte alors 6000 habitants dont les deux tiers sont analphabètes. C’est seulement dans les familles aisées qu’une petite minorité, principalement Huguenote, sait lire. Ils ont tout naturellement appris par la lecture des évangiles. La principale activité de l’île est la récolte du sel, la culture de la vigne, la pêche et le travail du bois. En fonction de ces commerces, de nombreux navires étrangers y font escale. Ces marins étant pour la majorité des protestants, l’île de Ré devient très influencée par les doctrines de Calvin. La Reine, Jeanne D’Albret, qui avait fait de La Rochelle sa capitale, y fait de fréquents séjours avec son fils, Henri de Navarre, futur Henri IV.

C’est dans cette ambiance dangereuse, que Nicolas, élevé dans sa famille de vieille souche rétaise calviniste, érudite, «du parti anglais » comme l’on disait à l’époque, décida, à l’âge de 22 ans, d’émigrer à Londres, ville phare des Huguenots. Il parle couramment l’anglais et a un diplôme d’ingénieur en poche. Mais Nicolas désenchantera dans ce paradis britannique, secoué par les rivalités entre l’église presbytérienne et l’église anglicane. Il entend parler des perspectives mirobolantes des terres d’Amérique du Nord où les Anglais soutiennent énergiquement leurs pionniers protestants contre les catholiques français. « De toutes façons cela ne peut pas être pire qu’en Angleterre », se dit Nicolas qui, entre temps, a pris la nationalité anglaise.

Dans le même temps, le Comte Huntington recherche un fondé de pouvoir pour mettre en valeur d’importantes terres achetées en Virginie. Nicolas est choisi. Il embarque le 11 Mai 1620 à l’âge de 27 ans, sur le «Francis Bonaventure», lequel navire devança le célèbre Mayflower. Il fut ainsi parmi les 2000 Huguenots qui partirent pour l’Amérique pour cause de persécution.

En arrivant en Virginie, Nicolas trouve les agglomérations en butte à des attaques continuelles et meurtrières de cavaliers Indiens qui surgissaient par surprise. Se souvenant de sa jeunesse à l’île de Ré ainsi que du travail des menuisiers assemblant le bois pour fabriquer les barriques, il eut l’idée de protéger ces agglomérations derrière des « palissades » constituées de poteaux de bois jointifs. Les attaques des Indiens perdirent leur efficacité. La popularité de Nicolas grandit de ce fait et il reçut à vie le titre de Capitaine Ingénieur en palissandre. Il faut remarquer que ce type de protection était encore utilisé au siècle dernier. Parallèlement, il poursuit avec succès la gestion des propriétés du Comte Huntington. Son mariage avec Jane Berkeley, veuve du Lieutenant Sir Edward Berkeley, l’élève dans sa position sociale. Cette union donne naissance à une fille Elizabeth dont la petite fille Mildred épouse Lawrence Washington et met au monde George Washington, le futur président.

Nicolas Martiau mourut en 1657 sur ses plantations acquises en Virginie. Par testament, il libère ses deux esclaves noirs, avec dotations de terrains, maison et somme d’argent. Fait rarissime à l’époque, bel exemple d’humanité et de tolérance… On peut visiter sa maison à Yorktown, où flottent côte à côte les drapeaux américain et français. Sur la plaque de bronze inaugurée le 17 Octobre 1931, une croix huguenote précède une longue inscription en anglais à la mémoire de Nicolas Martiau, « …l’intrépide huguenot qui est devenu l’ancêtre de George Washington …».

(Emission du Comité Protestant des Amitiés Françaises à l’Etranger, diffusée le dimanche3 août 1997, à 8 h 25, sur France-Culture)

par Francine Stein, d’après Patrice Bougrain-Dubourg*
« La Lettre » N°20 de Novembre 1997

Ajoutons que depuis Washington, 1er Président élu des Etats-Unis , 42 présidents se sont succédés et que sur ce nombre, on ne compte pas moins de 2O descendants de huguenots. C’est ainsi que:

George Washington descend de       Nicolas Martiau
John Quincy Adams         »       Samuel Bass
William Henry Harrison         »         William Bassett
John Tyler        »        Louis Contesse
Millard Fillmore        »        John Millard
Franklin Pierce        » Nathaniel Merrill
Ulysses S. Grant          »        Jean de Lannoy
James Abram Garfield        »       Mathurin Ballou
Grover Cleveland      »  Hannah Chapin
Benjamin Harrison     »  William Basset
Theodore Roosevelt      »  André de Veaux
William Howard Taft      »  Hester Mahieu Cook
John Calvin Coolidge      »  John Putnam
Herbert Clark Hoover     »  Andreas Huber
Franklin Delano Roosevelt     »  Anthony Grispel
Harry S. Truman  »  Maureen Duval
Dwight David Eisenhower  »  Jacob Stober
Richard Milhous Nixon   »  Jonathan Burget
Gerald Rudolph Ford  »  Jean Machet
George Bush   » n.c.

Une Réponse à “Nicolas Martiau, Ancêtre Huguenot Français de George Washington ”

  1. Christine Kerverdo dit :

    Mesdames, Messieurs,
    En allant sur l’île de Ré hier, j’ai vu la plaque commémorative de Nicolas Martiau à la Flotte en Ré.
    Très intéressée par le sujet, je voudrais écrire un article en anglais sur un site « écrire pour les masses » qui s’appelle Wikinuts.
    Je voudrais savoir si vous me donneriez l’autorisation pour citer votre site dans cet article. Je peux avoir 150-200 lecteurs, il y a un certain nombre d’Américains sur le site que l’histoire de Nicolas Martiau peut intéresser.
    mais avant de bouger, je préfèrerai avoir votre opinion sur cette idée.
    Vous pouvez voir mon parcours sur
    fr.linkedin.com/pub/christine-kerverdo/84/57/b62/
    Vous remerciant de votre attention, veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de mes sentiments distingués
    Christine Kerverdo

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