Cathédrale de Merseburg :  maître autel

Cathédrale de Merseburg : maître autel

La 17ème rencontre européenne des musées protestants vient de se dérouler en Saxe-Anhalt et Saxe, autour de Weissenfels, Lützen, Leipzig, Dresde et Meissen, permettant de mieux faire connaître, aux participants de 11 pays, divers aspects de la culture luthérienne qui s’est épanouie dans cette région, assez proche de Wittenberg.

Les églises romanes ou gothiques furent réutilisées sans grand changement, comme la magnifique cathédrale de Naumburg qui a conservé ses deux jubés. Les édifices spécifiquement luthériens comportent généralement une nef bordée de tribunes reliées au buffet d’orgue qui, à l’époque baroque, prendront une ampleur théâtrale.

Le mobilier liturgique s’adapte aux préceptes de Luther, basés sur la Prédication et ne retenant que deux sacrements, le Baptême et la Cène.

L’accent est donc mis sur deux éléments : le maître autel et la chaire qui vont servir de support à une abondante décoration sculptée et peinte dont le style évolue de la Renaissance au Baroque.

Le maître autel est la pièce la plus importante, comme il le fut dans les églises catholiques, se dressant au fond du chœur, dans l’axe de la nef. La table d’autel est réduite par rapport à ses proportions antérieures. Le maître autel n’est pas collé à la paroi, ménageant un espace de circulation à l’arrière, adapté à la liturgie de communion prise sous les deux espèces. Ainsi, le participant reçoit le pain distribué par un officiant à gauche de l’autel, le contourne, pour prendre la coupe de vin offerte par un second officiant à droite de l’autel.

Le panneau central du maître-autel représente une scène christologique : le Baptême du Christ, le Christ au jardin des oliviers, la Cène, la Crucifixion. Selon l’époque, l’ornementation prend plus ou moins d’importance, se surchargeant de nuées, d’angelots et de guirlandes à l’époque baroque.

La chaire a parfois été anciennement intégrée au centre du maître autel (comme dans la chapelle du château de Weissenfels), mais elle semble avoir assez vite retrouvé une place dans la nef. Elle est ainsi la seconde pièce maîtresse sur laquelle se fixe une décoration plus ou moins exubérante mettant en scène les évangélistes et leurs symboles. Une imposante figure sculptée soutient parfois la chaire : Jonas sortant de la gueule de la baleine, Moïse tenant les tables de la loi, un ange tenant un phylactère…

Il arrive que les rambardes des tribunes soient ornées de tableaux illustrant la Bible, comme à Weissenfels, où les scènes de l’Ancien Testament font face à celles du Nouveau. Ces scènes bibliques ont une visée pédagogique.

L’iconographie se dégage des schémas catholiques, innove et privilégie les épisodes liés à la grâce de Dieu : Moïse est à l’honneur, ou l’histoire de Jacob, certains prophètes comme Elie… Quant au Nouveau Testament, les scènes de la vie du Christ représentées privilégient les épisodes de l’enfance de son enfance : Nativité, Adoration des mages, Christ au milieu des docteurs… Marie n’est pas absente de l’iconographie, mais elle n’est pas auréolée. La Frauenkirche de Dresde lui est dédiée, mais le maître autel représente le Christ priant devant la silhouette de Jérusalem.

Les monuments épitaphes contribuent également à la richesse décorative des églises luthériennes. Il ne faut pas les confondre avec les pierres tombales que l’on a dressées contre les murs pour les préserver de l’usure : ils sont généralement scellés à au moins 2 mètres du sol ou peuvent être intégrés à l’autel. Cette forme artistique particulière s’est développée en Allemagne au milieu du XVIe siècle. Une scène christologique est associée à une partie inférieure où figure une dédicace liée au défunt qui est représenté avec ses armes, sa famille parfois élargie aux parents, frères et sœurs, épouses et enfants. Les personnages sont agenouillés les mains jointes, les femmes défuntes portent un ruban sur la bouche, les enfants morts souvent une croix.

Dans les petites églises seigneuriales de Delitz et Pomssen, une loge précieusement décorée, nous rappelle que la plupart de ces églises ont été édifiées grâce aux seigneurs des lieux inféodés à un duc ou un prince converti au luthéranisme.

L’éventail des techniques utilisées -peinture, sculpture en bois, terre cuite, stuc, marbre- ronde bosse ou très bas-relief, la palette des couleurs, se retrouvent dans l’art décoratif des demeures civiles seigneuriales, auquel se rattache cet art religieux.

Cet art luthérien, témoin d’une expression de foi, tranche avec l’austérité des temples réformés. Longtemps délaissé sous le régime de la RDA, il mérite d’être connu et revalorisé par les énormes efforts de restauration dont il fait l’objet aujourd’hui.

(Emission du Comité protestant des Amitiés françaises à l’Etranger, diffusée sur France-Culture, le dimanche 3 juin 2007, à 8h25, interprétée par Anne Juillard)
par Christiane Guttinger
Lettre N°39

Une Réponse à “La culture luthérienne en Saxe et Saxe-anhalt”

  1. Izabella Wiercinska dit :

    Mesdames et Monsieurs,

    Je me permets de vous ecrire pour solliciter une reference sur les familles huguenottes apres l’an 1700 en Saxony et en Pologne..
    Je suis en train d’etablir les origines des Francais qui sejournaient a la court de Saxe. On trouve plusieurs personnages d’origine francaise venues en Pologne avec l’entourage des rois de Saxe dont descendance jouaient un role particulier et important dans la culture.
    Pour cette raison je suis curieuse si les noms comme d’Auvingy ou d’Avigny et Lesseur (Frederic) ou Bechon sont enregistres dans les ariches consernants les familles des refugiees de la premiere moitie du dixhuitieme siecle.
    J,en vous serais bien reconnaissante pour quelques references sur le sujet susdit.

    Je vous remercie par l’avance pour votre gentillesse.

    Veuilles agreer, Monsieur, Madame l’expression de mes salutations les plus respectueux,

    Izabella Wiercinska, la collection des portraits en miniature
    Musee National de Varsovie
    Al. Jerozolimskie 3
    00-495 Varsovie
    4822 621 1031 ext. 261

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