Lors de notre dernière réunion internationale de descendants de huguenots qui eut lieu en Bretagne en septembre 2000, nous avons eu le grand privilège de compter parmi nos participants monsieur et madame Ralph Dearlove, venus tout spécialement de Nouvelle Zélande.

« Ma revendication en tant que descendant de huguenot, nous a confié M. Dearlove, vient de mon arrière-grand-père, Abraham Honoré, missionnaire en Nouvelle Zélande auprès des Maoris. En faisant des recherches à son sujet, je suis devenu un passionné de l’histoire huguenote de notre pays ». Il y a cinq ans, à l’occasion du cent cinquantenaire de son arrivée en Nouvelle Zélande, il décida d’organiser une réunion des descendants d’Abraham Honoré. Ce fut un énorme succès: 220 personnes réunies pour un week-end à Auckland. Beaucoup découvrirent ainsi leurs racines huguenotes.

Mais qui fut Abraham Honoré ? Découvrons le maintenant grâce son arrière petit-fils*:

« La Nouvelle-Zélande est un « pays neuf » par rapport à l’Europe. Des environs de 1790 à 1840, elle était peuplée en majorité de chasseurs de baleines et de phoques, ainsi que d’anciens bagnards d’Australie.

La Société des missions d’Allemagne du Nord envoya quatre pasteurs au sud de l’île pour convertir « les indigènes païens », les Maoris. L’un de ces pasteurs installa une mission sur l’île de Fourveaux au fond de l’île du Sud en 1843. Après trois années d’apostolat, il eut besoin d’aide et Abraham Honoré y fut envoyé en 1848.

L’arrière- grand père d’Abraham Honoré, Paul Honoré, était né à Mons (maintenant en Belgique) en 1686, un an après la Révocation de l’édit de Nantes. Sa famille, comme beaucoup d’autres devant les menaces de Louis XIV, avait cherché refuge à l’Est de la Prusse, dans la région d’Ukermark, et y resta quarante ans. Cette communauté de Huguenots conclut un pacte avec le Roi Frédéric de Danemark et c’est ainsi que Paul Honoré et sa famille furent parmi les dix-neuf premières familles à émigrer à Fredericia, dans le Jutland en 1719.

Abraham Honoré naquit à Fredericia en 1823 et fut baptisé à l’église réformée de cette ville. Nous ne savons pas grand chose de son enfance, mais comme jeune homme il était très engagé auprès des Sociétés des missions d’Allemagne du Nord et du Danemark.

Avec de telles références, il fut encouragé par son « maître à penser », le Pasteur Rordam, à fréquenter l’école des Missionnaires de Brême. C’est après dix-huit mois d’études, qu’il embarqua pour la mission la plus reculée de l’hémisphère austral.

Très vite, le Pasteur Wohlers dont il était l’assistant, et lui-même tombèrent d’accord sur le fait qu’il lui était nécessaire de trouver une épouse. Ils écrivirent dans ce sens à la mission danoise. Elisabeth Madsen, dame de compagnie de la femme du Pasteur, entendit la lecture de cette lettre au cours d’un repas. Elle se porta immédiatement « candidate » pour épouser Honoré, un homme qu’elle n’avait jamais rencontré.

Elle arriva à Dunedin en octobre 1853, mais son voyage était loin d’être terminé… des vents contraires la contraignirent à naviguer encore plusieurs semaines à bord d’un baleinier à l’équipage exclusivement Maori pour atteindre l’île Ruapuke, alors que d’ordinaire, cette traversée se faisait en deux jours. La rencontre des deux futurs mariés fut une réussite; le pasteur Wohlers écrivit que « le sang français d’Honoré bouillonna ». Ils se marièrent et eurent cinq enfants, quatre garçons et une fille (la grand-mère de Mr Ralph Dearlove).

Honoré continua son œuvre auprès des Maoris et avec l’accord de la Mission d’Allemagne du Nord, il fut ordonné Pasteur de l’Église presbytérienne en 1869. En 1871 il fut muté dans les îles du Nord pour œuvrer auprès des Maoris qui étaient devenus très agressifs après les guerres territoriales. Tout en restant en relation avec le Danemark et l’Allemagne, il conserva ce poste jusqu’à sa mort en 1894. »

*Extraits de l’allocution de Mr Ralph Dearlove lors de la XII Réunion Internationale de Descendants de Huguenots, septembre 2000.

(Émission du Comité Protestant des Amitiés Françaises à l’Étranger, diffusée le dimanche 4 mars 2001, à 8h30, sur France-Culture)
Francine Stein
« La Lettre » N°27 de Juin 2001

2 Réponses à “Abraham Honoré, missionnaire chez les Maoris”

  1. Farret dit :

    Bonjour,
    pourriez-vous me donnerles coordonnées (courriel et téléphoniques si possible de Ralph Dearlove ? Je souhaiterais avoir des informations concernant les descnedants de Huguenot en Nouvelle-Zélande qu’il serait peut-être en mesure de me fournir.

    Bien cordialement,

    Pierre-Luc Farret

    • June dit :

      I don’t care if National gives ACT all their dead rats. ACT would relish it. ACT voerts are the very people who want to make the unpopular calls and take a bullwhip to nanny state. It does ACT no harm to be associated with unpopular decisions. 96% of the population did not vote for ACT, so they can only rise in popularity.

Laisser un commentaire