Nouvelles des sociétés huguenotes de l’étranger (Lettre 59)

« Cités européennes de la Réforme »: ce projet de la Communion d’Églises Protestantes en Europe (CEPE) entend souligner la dimension européenne de la Réforme en créant un réseau de coopération incluant les domaines de l’art, de la culture, du tourisme, de l’histoire et de la spiritualité, avec un réseau de 96 villes de 17 pays d’Europe (Allemagne, Autriche, Danemark, Ecosse, Estonie, Finlande, Hongrie, Italie, Lettonie, Pays-Bas, Pologne, Romanie, Rep. Slovaque, Slovénie, Suisse et Rep. tchèque). Avec La Rochelle, Orthez, Pau, la Région Nouvelle-Aquitaine compte trois des six cités françaises labellisées avec Lyon, Nantes et Strasbourg (site : reformation-cities.org).

 

photo de l'église de LondresL´Église protestante française de Londres, fut fondée en 1550 pour les réfugiés huguenots et wallons, grâce à la charte royale d´Edouard VI accordant en 1548 l’établissement d’églises étrangères. De la trentaine de temples édifiés dont plusieurs à Spitafield, leur quartier privilégié, Soho est la dernière église protestante francophone de Londres. Elle est implantée à Soho Square depuis 1893 dans le temple construit par l’architecte anglais Aston Webb (1849-1930), également connu pour avoir réalisé la façade du Victoria & Albert Museum.

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Bibliothèque huguenote (Lettre 59)

Samuel AMEDRO, De Luther à Luther King, une histoire protestante de la liberté de conscience, Ed. Olivetan, 2017, 136 p., 15 €. Sujet d’une brûlante actualité, cet ouvrage de réflexion est le fruit du travail historique et théologique prélude au grand spectacle son et lumière monté à Mialet sur le site de l’Assemblée du Désert … Lire la suite

Haussmann et Baltard, les 150 ans du temple du Saint-Esprit à Paris

photo du temple du Saint EspritL’église protestante unie du Saint-Esprit, rue Roquépine, édifié à proximité du boulevard Haussmann et de l’église Saint-Augustin, célèbre son cent-cinquantenaire.

Ce temple construit sous Napoléon III en 1865 est très emblématique. C’est le plus grand temple élevé comme tel à Paris, sous la coordination de deux protestants, le baron Haussmann et l’architecte Victor Baltard. Le temple est inclus dans un immeuble qui comprenait des écoles de filles et de garçons, selon une conception associant temple et école chère à la Réforme. A l’intérieur, le grand volume octogonal, est éclairé par une immense verrière zénithale. La façade soulignée par des pilastres ne dépasse pas l’alignement du bâtiment. Un petit campanile abrite la cloche. C’est l’Impératrice qui avait exigé un édifice discret qui ne soit pas visible de Saint-Augustin dont elle souhaitait faire sa nécropole !

Haussmann, nommé préfet de la Seine en 1860, se voit confier par Napoléon III, le réaménagement complet du nouveau Paris englobant des communes avoisinantes. Son action fut si remarquable que son nom est devenu un adjectif : l‘urbanisme haussmannien associé à la destruction de quartiers anciens et au percement de larges avenues bordées d’immeubles imposants et d’hôtels particuliers !

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Le peintre Valdo Barbey

 

Il y a tout juste un siècle, à l’automne 1915, l’écrivain Blaise Cendrars était grièvement blessé lors de l’offensive de Champagne.photo de Valdo Barbey en habit militaire

Dès le début du conflit, ce Suisse d’origine protestante avait lancé dans la presse un appel à tous les étrangers vivant en France afin qu’ils s’engagent, comme lui, pour leur pays d’accueil. Les Suisses furent fort nombreux à y répondre ou même à le devancer, puisqu’on estime qu’environ 7 000 d’entre eux s’engagèrent pour la France et combattirent au sein de la Légion étrangère.

A ces milliers de volontaires, il faut ajouter encore l’engagement des Suisses ayant fraichement obtenu la nationalité française, dont le plus célèbre fut sans doute l’écrivain Guy de Pourtalès, descendant de huguenots du Refuge. Cependant, un autre artiste, plus méconnu, le peintre Valdo Barbey mérite d’être également cité avec ce dernier.

Né en 1880 dans le canton de Vaud, il est le fils de William Barbey, célèbre botaniste et membre éminent de l’Eglise libre vaudoise, et de Caroline Boissier, fille d’un autre botaniste de renom, et élevée par Valérie de Gasparin, protestante engagée.

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Nouvelles du protestantisme français (Lettre 56)

Pour la 2ème année consécutive, les protestants se sont rassemblés autour de François Clavairoly et la Fédération protestante de France, le 4 novembre 2015, pour la cérémonie du ravivage de la flamme sous l’Arc de triomphe, initiée en novembre 2014 à l’occasion du centenaire de la Grande guerre. Après la Marseillaise, la musique des sapeurs pompiers de Paris a entraîné l’assemblée à chanter « A toi la gloire« .

 

A l’occasion du 500e anniversaire de la naissance de Sébastien Castellion (1515-2015), une exposition a été présentée dans le temple de l’Oratoire du Louvre, et une table ronde Sébastien Castellion : une leçon de tolérance pour notre époque ? a réuni en novembre, à l’Institut protestant de théologie plusieurs spécialistes de son œuvre, Pierre-Olivier Léchot, Anne-Claire Husser, Valentine Zuber (Le Castellion de Stefan Zweig), André Gounelle. La querelle opposant violemment Castellion à Calvin à propos de la mise à mort de Michel Servet a été réinterprétée et sa pensée appliquée aux défis politico-religieux du moment. « Tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle » avait-il écrit ! La thèse que lui avait consacrée Ferdinand Buisson a ainsi pesé sur la théologie protestante contemporaine libérale.

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Bibliothèque huguenote (Lettre 56)

   – Hugues BONIN, De l’océan Indien aux Antilles, Faure frères. Une dynastie de négociants et armateurs bordelais, Ed. Indes savantes, 22 €, 242 p. ill. Sur cinq générations cette saga illustre l’esprit d’entreprise d’une famille protestante de Bordeaux alliant origines vendéennes et alliances anglaises et allemandes. De 1790 aux années 1950, ils s’imposèrent au … Lire la suite

Sainte-Foy la Grande, bastide protestante au coeur de la vallée de la Dordogne(Lettre 55)

La vallée de la Dordogne est profondément marquée par la Réforme, attestée par un culte célébré au château des Milandes dès 1535. Sous François Ier, le pasteur Aymon de la Voye prêche à Sainte-Foy. Condamné par le Parlement de Bordeaux (en 1541) il va au supplice en chantant des Psaumes de Genève, et exhorte la … Lire la suite

Nouvelles du protestantisme français (Lettre 55)

  Jusqu’au 19 juillet, à l’Orangerie du Luxembourg, Paris, l’exposition « Les Tudors » co-organisée par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais et la National Portrait Gallery de Londres, vous plonge au cœur de la Renaissance en Angleterre, et de l’avènement de l’église anglicane. Henri VIII s’instaure chef suprême d’une nouvelle église pour épouser en 1533 Anne … Lire la suite

Bibliothèque huguenote (Lettre 55)

Triste fermeture : celle de la Nouvelle librairie protestante, Un temps pour tout, 47 rue de Clichy, à Paris, qui a dû cesser son activité malgré les efforts déployés par ses animatrices. L’ensemble des éditions protestantes va inévitablement souffrir de ce manque de vitrine. Reste le net sur lequel on peut consulter les catalogues des … Lire la suite

9 novembre 2014 : un anniversaire à l’église réformée de Copenhague

Le 9 novembre dernier, une grande cérémonie commémorative s’est déroulée dans l’église réformée de Copenhague, en présence de la reine de Danemark, Margrete II.

Affiche du 325eme anniversaire de l'église réformée de Copenhague

L’Eglise réformée de Copenhague a la particularité d’être à la fois française et allemande. Ce qui était commémoré ce jour-là, c’est le 325e anniversaire de l’ouverture d’un culte autre que le culte luthérien dans ce pays, c’est-à-dire un premier pas vers la liberté religieuse. Il se trouve aussi que cette année 2014 correspond au 300e anniversaire de la mort de la fondatrice de cette Eglise réformée, Charlotte-Amélie, princesse de Hesse-Cassel et épouse du roi Christian V de Danemark.

Quand ils se sont mariés, en 1667, elle a refusé de devenir luthérienne et dans le contrat de mariage il était stipulé qu’elle et sa Maison auraient le libre exercice de leur religion et qu’elle pourrait faire construire un temple. Mais il lui a fallu près de vingt ans d’efforts persévérants pour y parvenir, notamment à cause de l’opposition de l’Eglise nationale luthérienne. D’ailleurs, les évêques luthériens ont refusé de la couronner. Sa Maison était composée d’Allemands de Hesse et de quelques réfugiés français, comme son aumônier, le béarnais Jean de la Placette.

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