Jan Laski

Le nom de la Pologne n’est guère associé à l’histoire de la Réforme. Pourtant ce pays a donné un réformateur d’importance, qui, il est vrai, a vécu et œuvré pour l’essentiel en dehors de son pays.

Il s’agit de Jan Laski (dit aussi Johannes a Lasco), né en 1499 à Lask, en Grande Pologne, dans une famille aristocratique qui jouait un grand rôle dans le pays ; son père était sénateur, son oncle fut chancelier de la couronne puis évêque de Guiezno. Il passa son enfance à Cracovie, puis, en 1514, accompagné de ses deux frères, il partit pour l’Italie ; ils y furent retenus durant quatre ans par leurs études. Jan fut ordonné prêtre en 1521. Son oncle, qui avait financé ses études et nourrissait de grandes ambitions pour lui, lui procura des prébendes et le fit accéder à une position élevée dans l’administration épiscopale, en attendant qu’il devint évêque. Jan Laski exerçait en même temps de hautes fonctions dans l’administration du royaume.

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La Cause

82 printemps, c’est l’âge de La Cause, œuvre du Protestantisme français, fondée au lendemain de la guerre 1914-1918. 1920, au sortir de la première guerre mondiale, la France est à reconstruire, elle est meurtrie, désemparée. C’est aussi l’époque du Réveil, ainsi on voit la mission populaire affréter des péniches pour annoncer l’Evangile sur les canaux, de nombreuses paroisses se créent.

A cette époque, Freddy Durrlemann, pasteur de l’Eglise réformée, qui a navigué comme aumônier à bord d’un navire-hôpital transportant des blessés entre Salonique et Toulon, est fort impressionné par les nombreuses conversations qu’il a eues à bord concernant le christianisme et le protestantisme. Il a pu constater alors combien est profonde l’ignorance – ou tout au moins la méconnaissance – concernant ces sujets dans les milieux les plus intellectuels comme dans les milieux les plus modestes de l’équipage. Il s’est aperçu avec quel vif intérêt, et quelquefois avec quelle émotion, officiers et matelots réagissaient à l’écoute du message évangélique.

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Le 150e anniversaire de la Société de l’histoire du Protestantisme Français

La Société de l’Histoire du Protestantisme Français célèbre ses 150 ans. Elle édite depuis 1852 un Bulletin historique à haute valeur scientifique. Sa riche bibliothèque est située 54 rue des Saints-Pères, dans un immeuble qui lui a été donné par son ancien Président Fernand de Schikler. C’est la plus riche bibliothèque privée de France ouverte au public. Elle comprend un grand nombre d’imprimés et de manuscrits. Notons en particulier des originaux ou des copies de registres paroissiaux protestants et de registres du désert.

A l’occasion du cent-cinquantenaire, la Société accueille le Colloque des Musées Protestants dans la maison de Jean Calvin à Noyon. Elle organise une Exposition, du mardi 30 avril au samedi 11 mai 2002, au 54 rue des Saints-Pères, dans le 7e arrondissement. L’exposition sera ouverte de 14h à 18h sauf le dimanche et le lundi. Le thème est Protestantisme français et monde moderne, du Premier Empire à la fin de la IIIème République.

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Centenaire de la naissance de Théodore Monod

Le 9 avril 2002, plusieurs manifestations vont célébrer le centenaire de la naissance de Théodore Monod, grand scientifique et humaniste, bien connu du public et des protestants. Théodore Monod hésita longtemps entre des études de théologie, suivant en cela les cinq générations de pasteurs qui le précédaient, et des études de sciences naturelles. C’est finalement vers ces dernières qu’il s’orientera définitivement.

Naturaliste universel, véritable encyclopédie vivante, Théodore Monod avait une culture scientifique transversale, à la croisée de toutes les disciplines. Bien que botanistes, géologues et préhistoriens le considèrent souvent comme un des leurs, il était avant tout un zoologiste. Toute sa vie, il réussit à allier l’étude de la faune marine ou d’eau douce, avec l’exploration géologique, botanique et historique des déserts et surtout du Sahara, en particulier de l’Adrar mauritanien. Mer et désert seront les deux horizons scientifiques de Théodore Monod.

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Protestantisme et cinéma français

L’austère Bulletin de la Société de l’histoire du protestantisme français propose pour ce début d’été 2008 un numéro qui sort un peu de l’histoire traditionnelle, pour s’intéresser au cinéma.

Le thème de ce numéro réalisé par l’historien André Encrevé, avec la collaboration de Jean Lods, est donné dans le titre : « Protestantisme et cinéma français ». Ce titre reprend celui d’un colloque qui s’est tenu à la BNF, en novembre 2007, organisé par le « Groupe de recherches sur l’histoire des protestantismes ».

Une partie du thème concerne l’image des protestants dans le cinéma français, l’autre partie la part des protestants parmi les cinéastes français.

Je retiendrai ici le premier aspect, la représentation des protestants dans le cinéma français.

Cette représentation est d’abord celle d’une histoire, l’histoire des protestants français. Trois films sont présentés par différents spécialistes :

  • « La reine Margot » de Patrice Chéreau (1994)
  • « Les camisards » de René Allio (1970)
  • « La colline aux mille enfants » de Jean-Louis Lorenzi (1994).

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Une invention majeure dans le domaine du textile, la peigneuse mécanique de Josué Heilmann

« Si je passais un peigne profondément et avec force dans les cheveux de cette jeune fille, je les lui arracherais tous » s’exclama un jour Josué Heilmann, s’arrêtant devant une jeune ouvrière sans doute mal peignée qui œuvrait sur une machine textile… »Mais si je commençais par les pointes, petit à petit, je les démêlerais sans peine… C’est cela qu’il faut faire ».

C’est ainsi, sur cette constatation, et avec force de travail et d’essais, qu’il découvrit sa peigneuse mécanique, invention majeure dans le domaine du textile, qu’il appliqua par la suite également à la bourre de soie. On raconte aussi qu’il s’exerçait de longues soirées démêlant la chevelure de son épouse, tout en écoutant ses conseils de brodeuse passionnée. Elle a eu, paraît-il, un rôle prépondérant.

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Le Centre Protestant d’Études et de Documentation

On peut faire remonter l’origine du CPED à 1943 quand le pasteur Boegner, par suite de l’interdiction des Mouvements de Jeunesse, a crée le CPJ, Centre Protestant de la Jeunesse et l’a confié à Claire Jullien dans le but d’avoir un organe de liaison entre les jeunes qui étaient alors dispersés. De là sont nés le Bulletin où l’on pouvait aussi parler de livres qu’on avait aimés, et la Bibliothèque où on laissait des livres pour que les autres les lisent. Au lendemain de la guerre, cette organisation née des circonstances, est devenue permanente et elle a pris, en 1947, le nom de CPED, avec la double vocation de faire connaître le Protestantisme aux non-protestants et d’aider les protestants à comprendre l’évolution politique, économique, sociale, culturelle du pays qui se transformait et où ils se devaient d’être présents. Et cette double vocation est toujours la nôtre aujourd’hui.

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Philippe de Mornay, seigneur du Plessis-Marly, dit Duplessis-Mornay

Duplessis-Mornay
Duplessis-Mornay
En juin dernier, notre Comité a pu visiter, au Sud de Rochefort en Yvelines, le Château du Plessis-Marly, devenu le Plessis-Mornay depuis que Philippe Mornay y avait établi sa demeure familiale en Ile-de-France. C’est pourquoi je vais évoquer aujourd’hui la noble figure de ce grand ministre protestant du Roi Henri-le-Grand.

Le père de Philippe de Mornay était Seigneur de Buhy, près de Magny-en-Vexin. Mais comme il était le cadet, il reprit le titre de sa mère Françoise du Bec-Crespin, Dame du Plessis-Marly.

Particulièrement doué, le jeune Philippe de Mornay entreprit à seize ans, à travers l’Europe, de studieux séjours qui confirmèrent son goût pour la théologie et la controverse. De retour à Paris en 1572, il présenta à l’Amiral Coligny un rapport sur l’état des Pays-Bas qui le fit remarquer.

Echappé du massacre de la Saint-Barthélémy, c’est à Sedan, en 1575, chez le Duc de Bouillon, qu’il rencontra une autre réfugiée pour cause de religion : Charlotte Arbaleste et l’épousa.

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Le temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines et sa restauration

Temple de Sainte-Marie-aux-MinesLe Temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines se trouve sur le versant alsacien des Vosges, à la hauteur de Sélestat; son temple date de 1634. Madame Michèle Magdelaine, attachée de recherche au CNRS, a écrit une brochure relatant son histoire, avec la collaboration de Madame Roeder .

Le temple est le résultat de l’introduction de la Réforme à Sainte-Marie-aux-Mines en 1550. Maître Elie évangélise les mineurs. La communauté ne cesse de grandir. En 1624, chassés par les Ducs de Lorraine, les Réformés de Senones et de Badonviller se réfugient à Sainte-Marie. Dix ans plus tard, les Réformés décident de construire un Temple de 700 places. La construction est achevée rapidement. Voici la description qu’en fait Madame Magdelaine : « Le Temple est une grande salle rectangulaire de 22m70 x 17m30, éclairé par de hautes fenêtres en ogive ; la chaire,…., visible de partout, (domine) tout, puisque c’est de là qu’on prêche la Parole de Dieu ; dessous, la table de communion… L’intérieur du Temple a peu changé au cours des siècles… l’église est très bien éclairée, qu’il s’agisse de la salle elle-même, ou des tribunes ». Trois portes en permettent l’accès.

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