La Cévenole et Ruben Saillens (Lettre 63)

1ere de couverture de l'ouvrage Ruben et Jeanne SaillansSalut montagnes bien aimées,
Pays sacré de nos aïeux.
Vos vertes cimes sont semées,
De leur souvenir glorieux.
Élevez vos têtes chenues
Espérou, Bougès, Aigoual,
De leur gloire qui monte aux nues,
Vous n’êtes que le piédestal.
Refrain
Esprit qui les fis vivre,
Anime leurs enfants
Pour qu’ils sachent les suivre.

Cet hymne chanté depuis 1911 lors de chaque Assemblée du Désert le premier dimanche de septembre a une histoire, comme son auteur Ruben Saillens.
Ecrit en 1885, il a été chanté pour la première fois à l’occasion du bi centenaire de la Révocation de l’Edit de Nantes. Il célèbre le passé du protestantisme cévenol et la résistance des Camisards en lutte contre le pouvoir royal pour la défense de la liberté de la foi.

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Garamond, une police de caractères venue du temps de la Réforme (Lettre 63)

  Garamond, ce nom, souvenez-vous, apparait sur votre ordinateur lorsque vous choisissez une police de caractères. C’est une écriture fine et élégante utilisée dans les ouvrages des éditions La Pléiade. Claude Garamont (1499 – 1561) appartient à une génération d’imprimeurs à laquelle nous devons beaucoup. En effet, si l’imprimerie apparait en Europe avec Gutenberg vers … Lire la suite

Annette Monod, l’ange du Vel d’hiv, de Drancy et des camps du Loiret (Lettre 62)

Affiche Annette MOnod

Permettez-moi de vous dire mon émotion de m’exprimer dans le cadre de l’émission des Amitiés huguenotes internationales pour vous parler du livre « Annette Monod, l’ange du Vel d’Hiv » écrit par Frédéric Anquetil et publié aux éditions Ampélos.
Tout d’abord, parce que le père d’Annette Monod, le pasteur André Monod, a consacré plus de trente années de sa vie aux Amitiés protestantes françaises à l’étranger.
Ensuite parce qu’Annette Monod était une cousine de ma grand-mère que nous rencontrions chaque année lors des réunions de famille organisées au moment de Noël. C’était une vieille dame discrète, assez effacée qui parlait peu, comme ces personnes qui ont beaucoup vécu.

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Emden et la bibliothèque Jean a Lasco (Lettre 62)

Le 33ème colloque des musées protestants, s’est déroulé à Emden en avril 2018. Ce fut l’occasion de découvrir cette ville portuaire d’Allemagne du Nord, en Frise, région qui s’étendait autrefois du nord des Pays-Bas jusqu’à Brème.Gravure de Jean A Lasco
Emden a été labellisée en 2017 « ville de la Réforme » et abrite la prestigieuse bibliothèque Jean a Lasco.
Jean de Lasco, né en Pologne en 1499, était issu d’une famille noble polonaise et destiné à l’épiscopat, mais, au cours de voyages en Europe avec son frère diplomate, il noue des relations avec Marguerite de Valois en France, Zwingli à Zurich et soutient Erasme à Rotterdam. A la mort de l’humaniste, il achète sa bibliothèque et l’installe à Cracovie. Il enseigne à Louvain où il se marie. A Londres, il crée une Eglise des étrangers.

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Les Huguenots, opéra de Meyerbeer (Lettre 62)

 

Du 25 septembre au 24 octobre 2018, l’Opéra-Bastille de Paris nous propose de découvrir ou de Affiche de la représentation des Huguenotsredécouvrir, pour une dizaine de représentations, l’opéra de Giacomo Meyerbeer, Les Huguenots.

Né près de Berlin en 1791 et mort à Paris en 1864, Meyerbeer est le compositeur d’opéras le plus célèbre (et le plus joué) au XIXe siècle avant même Mozart, Verdi ou Wagner. C’est en s’établissant à Paris qu’il remporte ses plus grands triomphes avec seulement trois œuvres, Robert le Diable (1831), Les Huguenots (1836) et Le Prophète (1849), considérées comme fondatrices de ce que l’on appelle le « Grand opéra français ».

Les Huguenots est donc un grand opéra en cinq actes et trois tableaux, sur un livret en français d’Eugène Scribe et Émile Deschamps, créé le 29 février 1836 à l’Opéra de Paris avec les plus grands chanteurs de l’époque.

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« Sébastien Bourdon, peintre protestant ? » (Lettre 62)

Affiche de l'ex^position Sébastien Bourdon

Une exposition présentée au musée de Port-Royal-des-Champs.

« Sébastien Bourdon, peintre protestant ? » point d’interrogation. L’interrogation ne porte pas sur l’appartenance religieuse de l’artiste, historiquement prouvée par sa fréquentation régulière du temple de Charenton, mais sur la façon dont Sébastien Bourdon a pu manifester ses convictions, au XVIIe siècle, à travers ses œuvres, dont la plupart furent commandées par l’Eglise catholique.

Né en 1616, à Montpellier, Sébastien Bourdon se forme tout jeune auprès du peintre parisien Berthélémy, fait un séjour à Rome écourté par la crainte d’être dénoncé à l’Inquisition, puis revient à Paris où il fréquente un cercle de peintres, graveurs, orfèvres et marchands protestants établis autour de St-Germain des Prés. Peintre reconnu, malgré son appartenance religieuse, il travaille avec souplesse pour des communautés catholiques de Paris et Montpellier, et reçoit même la prestigieuse commande du Crucifiement de saint Pierre, « May » de 1643 offert à Notre-Dame de Paris par la corporation des orfèvres.

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Nouvelles des sociétés huguenotes de l’étranger (Lettre 62)

La 18e réunion internationale de descendants de huguenots que les Amitiés huguenotes internationales a organisé à Reims en septembre 2018 a permis aux associations de descendants de huguenots des 10 pays représentées d’échanger sur leurs activités.

Mme et M. Koudal, respectivement présidente et trésorier, ont participé à la réunion de Reims, représentant « Det danske Huguenotsamfund”, la Fondation huguenote danoise, qui a fêté les 50 ans de sa création le 29 novembre 1968, par un culte à l’église réformée de Copenhague (Gothersgade 111), suivi d’une réception dans la crypte de l’église et la parution d’un livre de la présidente sur les huguenots au Danemark.

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Les débuts du protestantisme dans le Loiret (Lettre 61)

Dans le cadre du 500e anniversaire de l’affichage des 95 thèses de Martin Luther en 1517, les Archives Départementales du Loiret ont réalisé l’exposition « Les débuts du protestantisme dans le Loiret » en partenariat avec l’association Mémoire Protestante en Orléanais.

L’Orléanais est très tôt touché par les idées nouvelles, dès 1525 l’évêque d’Orléans y note déjà les progrès de l’hérésie. En 1546, des tisserands et un pasteur venus de Meaux se fixent à Orléans. Vers le milieu du XVIe siècle naissent et s’organisent des églises réformées : en Beauce, à Neuville-aux-Bois, à Beaugency, à Gien, à Jargeau, autour de Pithiviers et de Montargis, et surtout à Orléans, qui compte 5 pasteurs en 1559. En 1562, le 3e synode national des Eglises Réformées de France se tient à Orléans, et une école de théologie éphémère y fonctionne de 1562 à 1568. Les premières persécutions à l’encontre des « hérétiques » sont fréquentes et sur 176 arrêts de la Chambre Ardente 70 concernent l’Orléanais.

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Sedan, la « Genève du Nord », principauté calviniste et centre manufacturier (Lettre 61)

Sedan, dominée par son puissant château fort connait la prospérité avec les La Mark-Bourbon qui adhèrent au protestantisme dès le XVIe siècle. Les princes y garantissant la liberté religieuse, elle est une terre d’asile pour les réfugiés qui commencent à arriver dès la Saint-Barthélemy.

Les artisans protestants participent à son essor, tels le graveur de caractères, imprimeur et éditeur Jean Jannon, les horlogers Forfaict et Bernard Palissy qui y invente son procédé d’émaillerie. Henri de La Tour d’Auvergne établit à Sedan un cursus scolaire de qualité depuis le primaire et le collège, avec en 1607, la création d’une académie calviniste francophone qui lui assure un immense rayonnement intellectuel. La porte d’entrée de l’académie est surmontée d’une inscription biblique. Son caractère confessionnel affiché attire les étudiants de toute la France et même d’Europe. Le grand temple transformé en église[1] à la Révocation est l’actuelle église Saint-Charles.

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Ligier Richier sculpteur lorrain du XVIe siècle, protestant en terre catholique (Lettre 61)

Ligier Richier, voit le jour vers 1500, à Saint-Mihiel sur Meuse, en Moselle, et meurt à Genève en 1567. L’essentiel de sa carrière se déroule dans les cours des duchés de Lorraine et de Bar, alors indépendants. Ses œuvres majeures marquant le début de la Renaissance sont visibles dans les églises de plusieurs localités ponctuant un circuit touristique de découverte du sculpteur, la « route Ligier Richier » qui, de Bar-le-Duc à Étain, passe par Saint-Mihiel.

On ne sait exactement où Ligier Richier s’est formé. On a parlé de voyages en Italie et de contacts avec Michel Ange mais rien ne le prouve. Certaines œuvres ont pu être datées grâce au récit[1] d’un marchand champenois, de passage à Bar-le-Duc et Saint-Mihiel vers 1532.

Ligier Richier a 30 ans lorsque le duc Antoine de Lorraine dit le Bon, également duc de Bar, fait appel à lui. En 1543, il devient syndic de la ville de Saint-Mihiel.

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