Alexandre Vinet (1797-1847)

Les dates de naissance et de mort d’Alexandre Vinet, penseur et théologien protestant vaudois, expliquent pourquoi 1997 est considéré par certains comme « l’année Vinet »* ; on y célèbre en effet le 200ème anniversaire de sa naissance à Lausanne, où il fit ses études de théologie, et le 150ème anniversaire de sa mort prématurée dans cette même ville. Entre ces deux dates, Vinet enseigne, de 1817 à 1837, la littérature française à Bâle (Gymnase puis Université). Enfin, il sera professeur de théologie pratique à l’Académie de Lausanne. Il initiera donc les futurs pasteurs à la réalité du ministère. A partir de ses cours et des notes prises par les étudiants, on publiera après sa mort une « Théologie pastorale », en 1850, qui a marqué jusqu’à la dernière guerre des générations de pasteurs, s’identifiant pendant près de cent ans à la figure du pasteur (modèle moral des fidèles) telle que la présent Vinet, mais image d’autant plus idéalisée peut-être qu’il n’a jamais exercé ce ministère.

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Nicolas Martiau, Ancêtre Huguenot Français de George Washington 

Le 19 Mai 1995, la municipalité de Rivedoux-en-Ré a décidé de rendre un hommage solennel à l’un de ses enfants les plus illustres en érigeant un monument à la mémoire de Nicolas Martiau, exilé pour sa foi, victime de l’intolérance, et à la gloire de son descendant … George Washington !

*député honoraire, président de l’association M.N.M. « Mémorial à la Mémoire de Nicolas Martiau, ancêtre rétais de George Washington», auteur de Nicolas Martiau, Ancêtre Huguenot Français de George Washington .

Prodigieuse destinée que celle de Nicolas Martiau, protestant convaincu, n’hésitant pas à quitter sa terre natale par fidélité à sa foi huguenote, et qui devait devenir par son mariage en terre d’exil, l’ascendant d’une des plus illustres figures de l’histoire, George Washington … mais aussi d’Elizabeth II, Reine d’Angleterre. Prodigieuse destinée d’un homme aux capacités exceptionnelles, dont la vie marqua les destins de la France, de l’Angleterre et des États Unis.

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Guerres et paix de religion – Sur le chemin de l’édit de Nantes.

Cette année, l’Assemblée du Désert – le dimanche 7 septembre 1997 – sera orientée par la perspective de l’Edit de Nantes de 1598. La commémoration prochaine de l’Edit de Nantes, en 1998, invite à « revisiter » une période assez ingrate de l’histoire de France : la période des guerres de religion, qui précède l’Edit de Nantes, l’édit du bon Roi Henri IV, devenu synonyme de paix et de liberté religieuse.

Ces guerres entre catholiques et protestants sont issues de l’affrontement, à partir des années 1550, entre deux façons d’être chrétien en France, deux modèles socio-religieux, deux forces : d’un côté une minorité dynamique (10 à 15% de la population du royaume), minorité « réformée » sur le modèle de Genève, structurée en communautés, consciente d’elle-même, luttant pur obtenir une reconnaissance officielle ; de l’autre la majorité du pays et les pouvoirs – Eglise, Parlement et Roi de France – hostiles à l’« hérésie » nouvelle, c’est à dire hostiles à un changement religieux qui représentait alors une sorte de révolution culturelle.

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Charlotte de Bourbon, abbesse de Jouarre, princesse d’Orange

Le 7 juin, notre Comité Protestant des Amitiés Françaises à l’Etranger tiendra son Assemblée générale au cœur de la Brie, à Mazagran, entre Coulommiers et Rebais. La communauté protestante de Saint-Denis-les-Rebais connut à l’époque du Réveil une vitalité remarquable, avec son école protestante et fut le berceau des premières colonies de vacances pour les enfants parisiens. Au XVI°s, le fief de La Ferté, à une quinzaine de kilomètres au Nord de Mazagran, appartenait au premier Prince de Condé, Louis de Bourbon, chef du parti huguenot, dont le fils, Henri, le second prince de Condé, naquit à la Ferté-sous-Jouarre en 1552.

Nous profitons de cette occasion pour évoquer la destinée romanesque de Charlotte de Bourbon, Abbesse de Jouarre, puis Princesse d’Orange. Charlotte était la fille d’un Prince du Sang, Louis II de Bourbon-Montpensier. Cette branche de la maison de Bourbon était issue du bisaïeul d’Antoine de Bourbon, le père du futur roi Henri IV. La mère de Charlotte, Jacqueline de Longwy, professait la Religion Réformée et exerçait, par son courage et sa prudence, une grande influence sur la Régente Catherine de Médicis, et éleva sa fille dans la piété réformée.

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L’aventure de la Réforme à Montbéliard

Montbéliard, cité millénaire dominée par son château, est située aux frontières de la Suisse et de l’Allemagne. Elle eut au fil des années une histoire hors du commun, marquée par un protestantisme fortement ancré.

En 1397, eut lieu le mariage d’Henriette d’Orbe, comtesse de Montbéliard avec d’Eberard de Wurtemberg, union de deux enfants motivée par des raisons politiques. Le Comté tombe alors sous la suzeraineté des Wurtemberg et bascule ainsi dans l’Empire Germanique. Malgré bien des luttes et des querelles familiales, Montbéliard demeurera fief des Wurtemberg.

En 1520, Ulrich, duc de Wurtemberg est mis au ban de l’Empire par Charles Quint et se réfugie à Montbéliard. Il prend contact avec des banquiers suisses et rencontre à Bâle des disciples de Zwingli et d’Oecolampade. Ulrich se convertit en 1524 et fait appel à Guillaume Farel pour prêcher la religion nouvelle à Montbéliard.

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Un étonnant chassé-croisé

Un immigrant allemand
Le départ des huguenots

Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un étonnant chassé-croisé dont personne, jusqu’ici, ne s’était soucié : un curieux échange de protestants français contre des protestants allemands.

On connaît la politique coercitive de Louis XIV vis à vis des réformés, qui, de plus en plus brimés, tracassés, exclus d’un nombre croissant de professions, préféraient très souvent s’expatrier. Le mouvement ne fit que s’amplifier avec la persécution violente : à partir de 1680, un véritable flot d’émigrants, avec familles, armes et bagages franchit les frontières terrestres et maritimes de la France, cherchant à gagner l’un des pays du Refuge : l’Angleterre, la Hollande, le Danemark, la Suisse. Mais c’est surtout en Allemagne, dévastée par la Guerre de Trente ans, que cette main d’œuvre qualifiée était appréciée. Les princes protestants se l’arrachaient. Par des édits et proclamations rédigés en français, ils promettaient aux Huguenots – en plus du libre exercice de leur culte – aide à l’installation, protection, dispense de taxes et d’impôts, chacun faisant de la surenchère … et beaucoup de ces derniers en profitaient.

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Origine et histoire du Comite protestant des amitiés françaises a l’étranger

C’est le 11 Juin 1915, après onze mois de guerre et d’invasion que fut constitué au sein de la Fédération protestante de France, présidée par Edouard Gruner, un Comité Protestant de Propagande Française à l’Etranger. A la même époque fut crée un Comité Catholique de Propagande Française à l’Etranger. La présidence en fut confiée à André Weiss, de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, éminent juriste, plus tard vice-président de la Cour Permanente de Justice Internationale de la Haye. Il tint des réunions hebdomadaires dans une salle de l’église de l’Oratoire du Louvre, au cours desquelles prenaient la parole Raoul Allier, Secrétaire général, Charles Wagner, Paul Doumergue, directeur de la revue Foi et Vie, John Viénot, directeur de la Revue Chrétienne, Frank Puaux et bien d’autres.

Le but du Comité était de faire entendre la voix du protestantisme français dans les pays neutres, pour attirer leur sympathie pour notre pays. Il édita mensuellement le Bulletin Protestant Français et de nombreuses publications en Allemand, en Suédois, en Hollandais et en Anglais. Le pasteur André Monod devint le secrétaire général, et des missions eurent lieu en Suisse, aux Pays-Bas, aux Etats-Unis, en 1917, en Angleterre et en Ecosse en 1918.

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Philippe de Mornay, seigneur du Plessis-Marly, dit Duplessis-Mornay

Duplessis-Mornay
Duplessis-Mornay
En juin dernier, notre Comité a pu visiter, au Sud de Rochefort en Yvelines, le Château du Plessis-Marly, devenu le Plessis-Mornay depuis que Philippe Mornay y avait établi sa demeure familiale en Ile-de-France. C’est pourquoi je vais évoquer aujourd’hui la noble figure de ce grand ministre protestant du Roi Henri-le-Grand.

Le père de Philippe de Mornay était Seigneur de Buhy, près de Magny-en-Vexin. Mais comme il était le cadet, il reprit le titre de sa mère Françoise du Bec-Crespin, Dame du Plessis-Marly.

Particulièrement doué, le jeune Philippe de Mornay entreprit à seize ans, à travers l’Europe, de studieux séjours qui confirmèrent son goût pour la théologie et la controverse. De retour à Paris en 1572, il présenta à l’Amiral Coligny un rapport sur l’état des Pays-Bas qui le fit remarquer.

Echappé du massacre de la Saint-Barthélémy, c’est à Sedan, en 1575, chez le Duc de Bouillon, qu’il rencontra une autre réfugiée pour cause de religion : Charlotte Arbaleste et l’épousa.

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