L’Eglise protestante espagnole (Lettre 67)

par Christiane Guttinger

 

Toute velléité de Réforme en Espagne fut impitoyablement éradiquée par l’Inquisition[1], et cependant une Bible en espagnol publiée à Amsterdam en 1602[2].

L’Eglise protestante espagnole (IEE, Iglesia evangelica espaniola), ne sortit ainsi de la clandestinité qu’en 1869, fondée l’année où une nouvelle constitution monarchique et libérale, accorda la liberté de culte. Sa première assemblée générale se tint à Séville en 1872, sous la dénomination d’Église chrétienne espagnole, devenue au XXe siècle, Eglise évangélique espagnole.

En 1980, après le rétablissement de la monarchie constitutionnelle, l’Etat ne reconnaissant qu’un seul représentant par confession – autre que juive, musulmane ou catholique – la poussa à œuvrer à la création d’une Fédération, la FEREDE, regroupant les églises protestantes, rejointes par les orthodoxes et les adventistes. Toutes Eglises confondues, l’Espagne compte un million de protestants sociaux dont 300 000 pratiquants. L’Eglise protestante espagnole est une église unie[3] qui regroupe réformés, presbytériens, congrégationalistes, méthodistes et luthériens issus de missions étrangères présentes depuis la fin du XVIIIes, et compte 3 000 membres. Sa confession de foi est très proche de la confession de foi suisse.

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Guillaume de Nautonier de Castelfranc, Géographe du roi Henri IV (Lettre 67)

par Gérard Alaux

 

Gravure de Guillaume de NautonierLe 16 décembre 1620, il vient juste d’y avoir 400 ans, Guillaume de Nautonier s’éteint dans son château de Castelfranc, situé sur la commune de Montredon-Labessonié, dans le département du Tarn.

Issu d’une famille aisée de commerçants du Rouergue, récemment anoblie, Guillaume Nautonier naît le 10 août 1560, près d’Albi, à la toute fin du règne de François II. Son père, qui a embrassé très tôt la religion réformée, le destine à l’état ecclésiastique. Il l’envoie à Lausanne pour s’y former à la théologie. Nautonier entame parallèlement des recherches mathématiques et dans le domaine de l’astronomie.

Il voyage aussi à travers l’Europe au Portugal, en Hollande, en Italie, au Danemark, pour approfondir ses recherches. A son retour en France en 1590 un an après l’accession au trône d’Henri IV, il est nommé pasteur à Réalmont. Il participe activement aux synodes régionaux et nationaux.

En 1593, Nautonier publie son premier ouvrage intitulé « Excellents proverbes composés par le Roy Salomon et réduits en lieux communs selon l’ordre de l’alphabet pour le soulagement des lecteurs ».

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Pierre Toussain(1499-1573), Réformateur de Montbéliard (Lettre 67)

par Christiane Guttinger

 

Pierre Toussain est né en Lorraine en 1499 dans une famille noble, catholique et aisée. Après des études à Metz, Bâle, Cologne, Paris et Rome, il devient, en 1515, chanoine de Metz. Ouvert aux idées humanistes et réformatrices, il en est chassé en 1526.

Il retourne alors à Paris, où il devient l’aumônier de Marguerite de Navarre, mais doit, en 1531, se réfugier en Suisse où il prend contact avec Zwingli, Farel, et surtout Oecolampade qu’il avait déjà côtoyé comme étudiant, à Bâle.

Personnalité indépendante, Pierre Toussain s’insère ainsi dans le réseau de la Réforme qui n’a pas été pensée comme une nouvelle Eglise, mais une rénovation, une ouverture de la religion chrétienne à la modernité et l’esprit scientifique, une rupture avec le cléricalisme.

Toussain est alors invité en 1535 par le duc Ulrich de Wurtemberg, à poursuivre la Réforme implantée par Farel à Montbéliard. Il y régnait alors une situation unique, alliant liberté de conscience et paradoxe culturel. Sous l’autorité du Wurtemberg, le pays était de langue et culture française, mais le peuple parlait un patois de langue d’Oïl, proche de celui de certaines vallées vosgiennes.

Photo du temple Saint GeorgesMontbéliard fut une étape pour les réformés français sur le chemin de l’exil. Certains s’y établirent, si bien qu’une

église des réfugiés, le temple Saint-Georges(Sa construction commencera en 1674 et sera interrompue deux ans plus tard du fait de l’incursion des troupes de Louis XIV dans la principauté.), sera édifiée ultérieurement dans le nouveau faubourg.

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Olave Baden-Powell L’aventure scoute au féminin (Lettre 67)

par Denis Carbonnier

 

Iière d ecouverturedu livre de Ph. Maxence avec le portrait de Olave Baden PowellIl y a quelques années, lors des commémorations du centenaire du scoutisme, la personnalité de Robert Baden-Powell fut largement évoquée. On sait qu’il s’était rendu célèbre dans tout l’Empire britannique par son action durant la seconde Guerre des Boers en 1899-1900, au cours de laquelle il avait fait la preuve que des jeunes étaient tout à fait capables de réussir une mission, pourvu qu’on leur fasse confiance.

Son manuel, Scouting for boys, publié en 1908, fut un immense succès ; ses conseils suivis par nombre d’éducateurs auprès des jeunes garçons britanniques des quartiers déshérités. Le scoutisme était né. En 1910, ayant pris sa retraite avec le grade de lieutenant-général, il décida alors de mettre en pratique, au service de jeunes garçons et dans une optique de paix, tous les principes observés à la guerre.

Baden-Powell avait envisagé dès 1907 que le scoutisme puisse s’adresser aux deux sexes ; aucune structure n’avait cependant été mise en place pour les filles. Mais, sans attendre la moindre autorisation, les sœurs, cousines ou amies des jeunes adolescents qui pratiquaient le scoutisme, se sont lancées de leur côté, en revêtant l’uniforme scout, en se constituant en patrouilles, en choisissant leur totem, en préparant des épreuves devant les conduire à la promesse et aux brevets. Bref, elles étaient prêtes ! En 1910, la sœur cadette de Baden-Powell, Agnès, crée donc une structure pour les accueillir : les Girl-Scouts.

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Centenaire de la mort d’Eugène Burnand (1850-1921) (Lettre 67)

par Christiane Guttinger En écho au centenaire de la mort du peintre-graveur franco-suisse Eugène Burnand, à Paris, en 1921, je vous propose d’évoquer plus particulièrement son œuvre religieuse et son profond attachement à la France. Né en 1850 à Moudon, dans le canton de Vaud, Eugène Burnand, obtient son diplôme d’architecture au Polytechnicum de Zurich, … Lire la suite

Les 400 ans du siège de Montauban (Lettre 67)

par Hélène GUICHARNAUD La ville de Montauban s’apprête à célébrer un événement qui a fait date dans la mémoire collective de ses habitants : le siège mis devant elle par Louis XIII en 1621, il y a donc exactement 400 ans. Cet événement prend place dans le cadre des tentatives du jeune roi (il est dans … Lire la suite

Nouvelles des sociétés huguenotes de l’étranger (Lettre 67)

La Huguenot Society of Great-Britain and Ireland a mis à profit la période de confinements Covid par l’enrichissement de son blog (www.huguenotsociety.org.uk/blog) dans lequel sa présidente, Barbara Julien, évoque les premières années de la Huguenot society créée l’année du bicentenaire de la Révocation de l’édit de Nantes par les directeurs du French Hospital, et ses connexions internationales, reconnue par le niveau de ses publications, et ses collections à la Huguenot Library.

La représentation d’un papillon (red admiral) a permis d’attribuer récemment un album de botanique illustré vers 1575 à l’aquarelle, conservé au Victoria & Albert Museum, à Jacques Le Moyne de Morgues (v.1533-1588) cartographe originaire de la vallée de la Loire, devenu Dieppois avant d’émigrer à Londres, qui illustra l’expédition française en Floride.

Les amis des réunions internationales de descendants de huguenots partageront la tristesse d’apprendre le décès, en mai dernier, de Wendy Bennett, dont le sourire et l’énergie nous manqueront.

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Hommage aux docteurs Florence Nightingale et Anna Hamilton (Lettre 66)

par Christiane Guttinger

 En mai 1820, il y 200 ans, naissait Florence Nightingale (Florence 1820-Londres 1910), de parents anglais aisés et cultivés, qui lui donnent eux-mêmes une éducation humaniste qu’elle demande à compléter par des mathématiques. Les Nightingale sont protestants unitariens, attentifs aux autres et aux préoccupations sociales.

Lors d’une épidémie de grippe, Florence qui a alors 17 ans, assure le rôle d’« infirmière, gouvernante, soutien moral et médecin » auprès des malades de son entourage, et écrit dans son journal : « Dieu m’a parlé et m’a appelée à son service».

Lors de voyages en Italie, Grèce et Egypte, elle fait le tour des hôpitaux, et un stage en Allemagne, à l’institut de Kaiserwerth, géré par des diaconesses qui soignent, pansent, préparent les médicaments et assistent les médecins lors d’opérations.

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L’assemblée du 6 septembre 1942 au Musée du Désert (Lettre 66)

par Denis Carbonnier

C’était il y a près de 80 ans.

Nous sommes le 6 septembre 1942. Le premier dimanche de septembre, le jour où, depuis plus de 30 ans, se tient l’Assemblée du Musée du Désert.

Au petit matin, des cars sont partis de Marseille ou de Nîmes vers Mialet. Des jeunes, surtout des scouts en uniforme des Eclaireurs unionistes, ont choisi de rejoindre à pied la châtaigneraie du Mas Soubeyran.

Vers 10h 30, sous un soleil radieux, ils sont ainsi 4.000 à se presser autour de la chaire du Désert, cette chaire qui leur rappelle que durant plus d’un siècle – entre la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 et la Révolution française – les protestants n’ont pu exercer librement leur religion.

 

En 1942, c’est de l’histoire ancienne : les protestants sont alors libres de pratiquer leur religion. L’heure est cependant grave. Ce ne sont plus les protestants qui sont pourchassés, mais les juifs.

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Les 100 ans de La Cause (Lettre 66)

Photo de

par le pasteur Matthieu Arnera, responsable du service communication de La Cause

Pour la Fondation La Cause, 2020 est une année spéciale, non pas à cause de la pandémie que nous traversons tous, mais parce que La Cause a été créée il y a tout juste 100 ans, en mars 1920. Ce nom de La Cause était utilisé par les Réformateurs, par exemple Philip Melanchthon disait : « La cause qui nous met en mouvement c’est celle du Christ ».

Le pasteur Freddy Durrleman a fondé La Cause en 1920, inscrivant son engagement dans le christianisme social. Il a travaillé avec le pasteur Nick dans la misère des rues de Roubaix, puis il a développé avec La Cause une œuvre d’annonce de l’évangile en cherchant à compléter, en quelque sorte, le travail des églises locales, avec une quarantaine de groupes d’actions sur le terrain.

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