Si, en ce mois d’aout, vous êtes à Paris, nous vous invitons à vous rendre au square du Vert Galant. Le 13 avril dernier, une plaque y a été apposée au pied du pont Neuf, évoquant le paroxysme de la violence des guerres de religion, en ces termes :

 

 

« Le 24 aout 1572 et les jours suivants Paris a été le théâtre du massacre de la Saint-Barthélemy. Après l’amiral Gaspard de Coligny plusieurs milliers de protestants furent assassinés du fait de leur religion.

Théodore Agrippa d’Aubigné l’évoque dans Les Tragiques :

« Jour, qui avec horreur parmi les jours se compte/

Qui se marque de rouge, et rougit de sa honte »

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affiche annonce de l'exposition Fortunato de Felice

La bibliothèque de la Société de l’histoire du protestantisme français, rue des Saints Pères à Paris, dans le 7ème arrondissement, accueille jusqu’au 20 octobre, une passionnante exposition consacrée à Fortunato Bartolomeo De Felice. Elle donne l’occasion de revenir sur une figure trop méconnue du protestantisme et des Lumières.
Fortunato De Felice est né à Rome en 1723, d’un père chaudronnier-lanternier. Après des études chez les jésuites, il est admis dans l’ordre Franciscain, ordonné prêtre en 1746, puis nommé professeur de philosophie, toujours à Rome. Il se spécialise dans l’étude de Newton et de Leibniz, et participe activement aux débats intellectuels passés d’Angleterre, en France, et maintenant en Italie.

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Affiche de l'exposition Frederic BazilleLe musée Fabre à Montpellier consacre cet été, jusqu’au 16 octobre, une grande exposition à Frédéric Bazille, la jeunesse de l’impressionnisme. L’exposition sera ensuite présentée à Paris, au Musée d’Orsay à partir du 15 novembre, puis à Washington en 2017 (Paris, Orsay, 15 novembre 2016 – 5 mars 2017 ; Washington D.C. (USA) National Gallery of Art, 9 avril – 9 juillet 2017.)

Frédéric Bazille nait à Montpellier en 1841 dans une vieille famille protestante.

Son père Gaston Bazille, sénateur de l’Hérault, agronome averti, mit en valeur la propriété de son épouse, Camille Vialars, à Saint-Sauveur. Il s’illustra dans la reconstitution du vignoble après le phylloxéra (Aux côtés du botaniste Jules-Emile Planchon, inhumé au cimetière protestant de Montpellier. Pour son monument érigé place Planchon à Montpellier, Auguste Bossan a prêté au viticulteur tendant une grappe de raisin les traits de Frédéric Bazille.), présida la Société protestante de Secours mutuel et s’occupa de la construction du temple de Maguelone à Montpellier (inauguré en 1870).

Le jeune Frédéric Bazille entreprend des études de médecine mais est plus intéressé par les cours de dessin et de peinture de l’atelier du sculpteur montpelliérain Auguste Baussan.

En 1862, il s’installe à Paris. Sur les conseils de son cousin le peintre Eugène Castelnau, il s’inscrit aux Beaux-arts, dans l’atelier du peintre suisse Charles Gleyre, mis à l’honneur récemment par une exposition au musée d’Orsay. Il y côtoie Claude Monet et Auguste Renoir avec qui il se liera particulièrement, faisant atelier commun, place Furstenberg, rue Visconti, puis rue la Condamine où il représente en 1870 tout un cercle d’artistes, auquel s’est joint Zola, et le musicien-collectionneur Edmond Maître. Soutenu par ses parents, Bazille aide financièrement ses amis dont l’impressionnisme naissant est encore peu apprécié. Ils se peignent mutuellement et Bazille a l’occasion d’utiliser ses connaissances en médecine pour soigner Renoir blessé, lors d’une de leurs équipées de peinture de plein air à Chailly, près de Fontainebleau, épisode immortalisé par la toile l’Ambulance improvisée.

Bazille expose au Salon à partir de 1866 et tente de lancer un mouvement des « Refusés » pour contourner le système conformiste de sélection aux salons de peinture de l’époque. Sous l’influence de l’impressionnisme et la pratique de peinture de plein air, sa palette s’éclaircit et se colore.

Bazille passe les étés dans la propriété familiale de Méric, dominant le village de Castelnau-le-Lez, où il peint la célèbre Réunion de famille en 1867. Il s’y représente sur la terrasse, à l’ombre d’un grand marronnier, avec ses parents, son frère Marc, ses cousines des Hours, alliées aux familles Auriol, Pagezy et Tissé ( Ce portrait groupé, peint à Méric près de Montpellier, réunit Eugène des Hours, Thérèse des Hours (née Auriol), Camille des Hours (née Pagesy), Marc Bazille, Suzanne Bazille (née Tissié), Emile Teulon, Pauline des Hours (née Teulon), Gaston Bazille et Camille Bazille-née Vialars, les parents du peintre et, à gauche, la silhouette longiligne de Frédéric Bazille lui-même. On distingue Castelnau-le-Lez dans le lointain.).

En août 1870, Bazille s’engage au 3e régiment de zouaves. Il est tué trois mois plus tard, le 28 novembre, lors de la Bataille franco-prussienne de Beaune-la-Rolande dans le Loiret, en essayant de protéger héroïquement un groupe de femmes et d’enfants.

Sa tombe, au cimetière protestant de Montpellier, est surmontée d’un buste sculpté par son ancien professeur, Auguste Baussan2.

Quatre ans après sa mort, plusieurs de ses toiles figureront à la première exposition des Impressionnistes de 1874. Fauché à 29 ans, Bazille laisse 52 peintures connues dont 45 sont réunies à l’exposition du musée Fabre. Seule la dernière aborde du sujet biblique : Ruth et Booz.

 

Christiane Guttinger

(Chronique des Amitiés huguenotes internationales, diffusée sur France Culture, à 8 h 55, le dimanche 2 octobre 2016)

 

 

 

 

 

Tombe de Frédéric Bazille, par Auguste Baussan, au cimetière protestant de Montpellier.

 

 

 

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Photo d'Eugénie BostLe 4 mars 2017, à La Force, en Dordogne, à l’occasion du 200e anniversaire de la naissance de John Bost, va être inauguré un nouveau Musée du protestantisme, le Musée John et Eugénie Bost.
John Bost est bien connu. Et son œuvre, commencée en 1848, non seulement se poursuit, mais elle s’enrichit de nouveaux pavillons, elle accueille de nouveaux handicaps, elle s’ouvre à de nouvelles thérapies. La Fondation John Bost reste la plus importante réalisation médico-sociale du protestantisme français. Donc, un Musée John Bost, oui, bien sûr. Mais pourquoi Eugénie ?
Parce qu’il y a peu d’épouses dans l’histoire qui ont eu un rôle aussi important qu’elle dans l’œuvre de leur mari. Et jusqu’ici, si l’on excepte un joli roman et une brochure que son petit-fils lui a consacrée, Eugénie Bost est quasi toujours oubliée dans les panégyriques consacrés à son mari. Et pourtant sans elle, on peut se demander quelles auraient été les réalisations de John. On pense d’abord à l’aide financière qu’elle lui a apportée, à cette époque, la deuxième moitié du XIXe siècle, où il n’existait aucune aide sociale, où l’on ne pouvait compter que sur la charité privée. Dans la gestion au quotidien des Asiles, souvent c’était elle qui réglait les déficits.

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En France, les commémorations liées à l’année Luther 2017, cinq siècles de protestantisme ont été lancées cet été en juillet, sous le chêne séculaire du Bois Tiffrais, par un culte présidé par le pasteur Clavairoly, président de la Fédération protestante de France. Une exposition de 20 panneaux, Aux sources du protestanisme, 500 ans de réformation, circulera dans les paroisses, la F.P. F. organise un colloque historique international les 22-23 septembre à Paris axé sur la diversité du protestantisme à travers les siècles, puis un rassemblement Protestants en fête qui se déroulera du ainsi (renseignements sur le site www.protestants2017.org) Signalons de nombreuses sorties d’ouvrages importants en librairie concernant notre sphère d’intérêt. Ce 500e anniversaire a ceci de particulier que le pape François et l’Eglise catholique ont manifesté la volonté de s’y associer.

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Le 500e anniversaire de la Réforme sera célébré dans le monde entier. Par exemple, un « Camion de la Réforme » parti de Genève, sillonne toute l’Europe, avec des escales entre l’Italie et la Roumanie, en Finlande, en Irlande afin de mieux faire connaître ces 5 siècles d’histoire.

Statue de Martin Luther à Wittenberg

Le Kirchentag protestant allemand se déroulera du 24 au 28 mai 2017 à Berlin et Wittenberg. Il revêtira une signification particulière pour célébrer les 500 ans de Réforme en Allemagne, en Europe et dans le monde entier, sous l’angle du dialogue interreligieux, international et d’un Forum de la société civile, au-delà d’un événement d’Eglise. L’avenir des 500 prochaines années du protestantisme sera aussi au cœur de la réflexion. La Fédération protestante de France y tiendra un stand où le Musée virtuel du protestantisme français y fera une présentation des musées du protestantisme français.

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Agrippa d'AubignéAgrippa d’Aubigné, écrivain calviniste, est aujourd’hui considéré comme une figure de premier plan de la littérature française de la Renaissance. A la fois acteur et témoin des guerres de religion, il en vécut toutes les contradictions qu’il sublima par la composition d’une œuvre qui le désigne comme un des plus grands écrivains baroques de son temps.

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Jean-Paul Autant, Michel de L’Hospital (vers 1503-1573). Un humaniste, chancelier de France au temps des guerres de Religion, vers 1506-1573. (éd. Lavauzelle 2015, 382 p. 28€). Cette biographie nous plonge dans les années les plus violentes de l’histoire de France lors desquelles il prôna la tolérance pacifique.

Jean Baubérot et Marianne Carbonnier-Burkard, Histoire des protestants. Une minorité en France (XVIe-XXIe siècle), Ed. Ellipses, 2016, 576 p. Ambitieuse synthèse présentée sous forme de petits chapitres très agréables et faciles à lire. Au fil de l’histoire chronologique se dégage celle des idées et principes qui ont contribué à la modernisation des mentalités. Un ouvrage de base pour mieux connaître le rôle fondamental d’une minorité inscrite dans l’histoire contemporaine : le nouveau « must » de toute bibliothèque huguenote !

Meinrad BUSSLINGER, L’apport économique et culturel des Huguenots, Ed. Ampelos, 2016, 19 €. Etude d’un homme d’affaires international sur l’impact économique des huguenots dans les pays du Refuge.

Louise Dumas-Trocmé, Saint-Quentin sous le joug allemand, Préface d’Annette Becker, professeure à l’Université de Paris Ouest, et auteure Les cicatrices rouges, 14-18, France et Belgique occupées. (Fayard, 2012), Editions Ampelos 2016. Journal-témoignage des années de guerre vécus par cette mère de famille, fille de l’industriel du textile, Paul Trocmé spécialisé dans le tissage de guipures, tulles, et dentelles, qui assiste impuissante dans cette Picardie, occupée en 1914, au pillage et au démantèlement de la fabrique.

Patrick Cabanel et André Encrevé, Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A à C, publié sous la direction de la SHPF, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, 864 p., 1180 notices, 36 €. Passionnantes biographies de personnalités protestantes qui ont marqué dans tous les domaines la France moderne, dont beaucoup méconnues. La sortie du tome II, D à K, est prévue en automne 2017.

Patrick CABANEL, Ferdinand Buisson, père de l’école laïque, Ed Labor et Fides, 560 p., 28 €. Prix Nobel de la paix en 1927, il eut une très longue carrière religieuse, pédagogique et politique qui a fait de lui l’un des hommes les plus importants, mais méconnu, de l’histoire de la France contemporaine.

Eric Deheunynck, La Flandre protestante, des Gueux à nos jours, 176 p., en librairie ou christian-defebvre-boutique.com, 15 € . Guide pratique, historique et patrimonial présenté sous la forme de 8 itinéraires à thème révélant une page d’histoire méconnue, d’Englos à Dunkerque, Zottegem à Bornem, Gand, Damme, Horebeke, Tournai, Lille, la route des Anglicans à l’ombre de la Grande guerre.

Olivier Fatio et Pierre-Olivier Léchot, Louis Tronchin – Jean-Frédéric Ostervald, Correspondance, 1683-1705. Publication de l’Association suisse pour l’histoire du refuge huguenot, 800 p., présenté dans de nos prochaines chroniques sur France-Culture, l 5 mars

La Nouvelle Librairie Jean Calvin, 47 rue de Clichy, 75009 (01 42 45 07 44 – librairiejeancalvin.fr) est ouverte de 10h-19h45 du lundi au samedi. Y sont présentés tous les ouvrages concernant le protestantisme, son actualité religieuse, théologique et historique, éthique et philosophie.

Affiche du musée Marmottan MonetSous l’affiche « Villa Flora, les temps enchantés », le musée Marmottan-Monet présente actuellement à Paris une partie de la magnifique collection Arthur et Hedy Hahnloser-Bühler.

Désirant éviter la dispersion de la collection, les descendants Hahnloser ont généreusement ouvert au public, depuis 1995, la villa-musée de Winterthur, en Suisse alémanique. Mais, suite au désengagement financier de la ville, le musée est provisoirement fermé et menacé. Une partie de la collection est ainsi présentée à l’étranger en attendant une solution pérenne.

Hedy Hahnloser-Bühler, fille de Karl Bühler-Blumer, est née en 1873 dans une famille protestante d’industriels du textile possédant des filatures à Winterthur. Elle fait des études de dessin à Saint-Gall et suit une courte formation de peinture à Munich. En 1898 elle s’installe à la Villa Flora, située en bordure de la vieille ville de Winterthur. Elle crée des objets d’arts décoratif, dessine des papiers peints et des tissus, des jouets et meubles pour enfants.
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Lors de la dernière Réunion internationale des descendants de huguenots en septembre dernier, l’un des participants, de nationalité danoise, a évoqué l’étonnant parcours de ses ancêtres aux XVIIe et XVIIIe siècles, des Pays Bas espagnols jusqu’au Danemark.

Il faut se souvenir qu’au XVIe siècle, les Pays-Bas étaient formés de dix-sept provinces gouvernées par l’empereur Charles-Quint, puis par son fils, Philippe II, roi d’Espagne. S’étendant sur une partie du Nord de la France, la Belgique et les Pays-Bas actuels, ce pays constituait alors une région très prospère.

En 1581, les sept provinces du nord, à majorité protestante, ont fait sécession en constituant les Provinces-Unies. En revanche, le protestantisme a été éradiqué des dix provinces méridionales restées sous domination espagnole et catholique, les protestants ayant quelques années pour les quitter.
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