Le 500e anniversaire de la Réforme a suscité une multitude d’évènements, parution de livres, colloques, série de conférences, « repas propos de table », concerts et expositions. C’est le premier centenaire qui a vu l’Eglise catholique s’associer à la commémoration de la Réforme. Ainsi à Orléans, le samedi 21 octobre, une cérémonie interreligieuse a réuni à la cathédrale Sainte-Croix catholiques et protestants, en présence des autorités civiles, militaires et religieuses. Succédant aux prières, chants, rappel historique, une « déclaration commune des chrétiens de l’Orléanais » a été lue et signée par les représentants religieux, et une plaque commémorative dévoilée dans la cathédrale, à proximité de celle placée par Henri IV en 1600, pour marquer « l’avancement des relations fraternelles entre protestants et catholiques, soixante ans après le concile Vatican II ». Fait étrange (ou, peut-être, révélateur ?) : cette plaque a disparu quelques jours après !

Le cinquième centenaire de la Réforme a aussi été tourné vers l’avenir et l’occasion d’un sondage qui a estimé les protestants français à deux millions sur 65 millions, soit 3 % de la population française, dont 600 000 luthéro-réformés, 600 000 de diverses Églises évangéliques, et 800 000 protestants auto-déclarés plus difficiles à identifier.

Cet été, les 27, 28 et 30 juillet, à Mialet, sur les « ranquets » de l’assemblée annelle du Désert, en contrebas du musée, le magnifique spectacle son et lumière, De Luther à Luther King, une histoire de la liberté de conscience, sur un scénario écrit par le pasteur Samuel Amedro et Jean-Paul Pascal, accompagné d’une musique originale du pasteur Eric Galia, mobilisant 500 bénévoles a été une réussite totale. Les 13 tableaux réunissant 300 figurants de tous âges, remarquablement mis en scène, se sont succédés alternant scènes poétiques et tragiques, cavalcades, carrosses (l’assassinat d’Henri IV), flammes et chants. Ils ont joué à guichets fermé pour 3000 spectateurs lors de trois représentations et nombreux sont ceux qui espèrent que ce spectacle pourra être remonté !

Le Musée Calvin de Noyon a reçu le 23 octobre 2017, pour l’exposition « Luther-Calvin » et son catalogue objet de deux éditions bilingues, le Prix de l’amitié franco-allemande décerné depuis 2008 par l’Ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne

La doyenne des comédiennes françaises, la protestante Gisèle Casadesus, née à Paris en juin 1914, est décédée à Paris le 24 septembre 2017. Ses grands-parents étaient d’origine russe, hollandaise, catalane et française, son père chef d’orchestre et compositeur. Reçue première à la Comédie française à 17 ans, elle fit une longue et brillante carrière entourée d’une nombreuse famille versée dans les arts, avec son mari l’acteur Lucien Probst -alias Lucien Pascal, ses 4 enfants (Jean-Claude chef d’orchestre, Martine comédienne, Béatrice peintre et sculpteur, Dominique musicien) et de nombreux petits-enfants. Elle tourna jusqu’en 2014, et nous nous souviendrons de son rôle touchant aux côtés de Depardieu dans La tête en friche de Jean Becker en 2010. Elle était une des fondatrices du Groupe des Artistes protestants, avec Pierre Fresnay et Fernand Gravey créé à l’Oratoire du Louvre qui continue à s’y réunir autour de son président Jean-Marcel Lèbre.

Le 114ème Salon d’Automne 2017 a accueilli comme invité, Ambroise Monod créateur du Recup’Art. Né en 1938 au Sénégal, ce fils de Théodore Monod, successivement pasteur, journaliste et artiste, déploie une imagination inépuisable : d’un vieil outil ou d’une poêle il crée un oiseau plein de poésie et d’humour ; d’une huitre et un écouteur un pingouin…

L’exposition François Ier et l’art des Pays-Bas au musée du Louvre a mis en lumière l’influence du maniérisme nordiste sur la Renaissance française que l’on associée plus souvent à l’influence italienne. Des artistes venus des Flandres et des Pays-Bas travaillèrent en France sur des chantiers royaux et des églises (tableaux, sculptures et vitraux). François Ier acheta tapisseries, pièces d’orfèvrerie et tableaux flamands ; Jean Clouet et Corneille de La Haye dit Corneille de Lyon firent les portraits du roi et son entourage. Des recherches récentes ont permis d’attribuer des œuvres anonymes ou regroupées, à Godefroy le Batave, Noël Bellemare, Grégoire Guérard, et Bartholomeus Pons.

A l’occasion du centenaire de la mort de Degas, plusieurs de ses œuvres sont exposées au Musée d’Orsay, jusqu’au 25 février, et il figure au Petit Palais, dans l’exposition « L’art du pastel de Degas à Redon » jusqu’au 8 avril 2018. Un article du pasteur P. Romane-Musculus paru dans le n° 4/1983, des Cahiers de généalogie de la SHPF, rapporte que sa mère, Marie-Celestine Musson, était issue d’une ancienne famille protestante d’horlogers de La Charité-sur-Loire et d’Orléans qui fit plus tard fortune dans le négoce à Haïti et à la Nouvelle-Orléans. Degas lui-même, quoique paraissant avoir vécu en dehors de l’Eglise réformée, avait été baptisé en l’Eglise réformée de Paris par le pasteur Jean Monod. Il a renoncé à la particule en devenant peintre. Deux de ses proches et coreligionnaires, Mary Cassatt et James Tissot, sont également représentés au Petit Palais. Au printemps 2018, le Musée Jacquemart-André accueillera une grande rétrospective consacrée à Mary Cassatt (1844–1926), considérée de son vivant comme la plus grande artiste américaine. Descendante d’une famille huguenote, elle passa presque toute sa vie en France.

L’exposition Gauguin l’alchimiste au Grand Palais jusqu’au 22 janvier peut être complétée par la lecture du livre d’Othon Printz, Gauguin et le protestantisme, Rencontre avec un homme et…des femmes (ed. Jerôme Do Bentzinger, Colmar, 2017, 120 p. ill.) qui éclaire sa biographie sous un angle protestant : Gauguin se marie en 1873 à l’église luthérienne de la Rédemption, à Paris, avec une Danoise dont il aura 3 enfants ; dans la seconde partie de sa vie aux Iles Marquises, ses compagnes polynésiennes étaient presque toutes protestantes et il entretint des relations suivies avec le pasteur missionnaire Paul Vernier, qui l’entoura alors qu’il était malade et porté sur l’alcool. Il ne s’est jamais séparé de sa Bible et semble s’être inspiré des gravures de Girardet qui l’illustraient.

Le musée Ernest Cognacq à Saint-Martin en Ré consacre jusqu’au 31 mai 2018, une exposition à Joel Thézard (1884-1957) qui venait régulièrement dans sa maison de l’Ile de Ré. Professeur de dessin à Bastia, au Havre, à Guéret puis à Niort, hyperactif, il peint, aquarelle, et publie une quarantaine de livres sur l’enseignement du dessin, des récits de voyage, des romans, contes, et livres d’enfants. Protestant engagé, il illustra « La Cévenole  » écrite par Ruben Saillens (ed. Musée du Désert), les Paraboles (ed. Artes-Tuae), Les plus belles histoires du pasteur méthodiste Marcel Arnal (1937) et fournit des illustrations pour des revues de jeunesse comme Le Rayon de soleil. Il fut le secrétaire de la Société d’artistes français protestants et d’amis des arts dont le président était, à l’époque, le pasteur Frédéric Christol (missionnaire et artiste), le trésorier le pasteur L. Tripet.

Le 21 mars 2018, l’Association des Protestants du Palais a programmé une conférence d’Alain Monod consacrée au réseau de résistance du musée de l’Homme initié par deux protestants dès juin 1940, la bibliothécaire, Yvonne Oddon et le fondateur du musée en 1937, Paul Rivet, qui créèrent le journal qui lui donnera son nom, « Résistance« . Cette conférence se tiendra dans la bibliothèque de l’Ordre des avocats de Paris, dans le Palais de justice, 10 Bd du Palais.

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