Affiche de l'exposition Frederic BazilleLe musée Fabre à Montpellier consacre cet été, jusqu’au 16 octobre, une grande exposition à Frédéric Bazille, la jeunesse de l’impressionnisme. L’exposition sera ensuite présentée à Paris, au Musée d’Orsay à partir du 15 novembre, puis à Washington en 2017 (Paris, Orsay, 15 novembre 2016 – 5 mars 2017 ; Washington D.C. (USA) National Gallery of Art, 9 avril – 9 juillet 2017.)

Frédéric Bazille nait à Montpellier en 1841 dans une vieille famille protestante.

Son père Gaston Bazille, sénateur de l’Hérault, agronome averti, mit en valeur la propriété de son épouse, Camille Vialars, à Saint-Sauveur. Il s’illustra dans la reconstitution du vignoble après le phylloxéra (Aux côtés du botaniste Jules-Emile Planchon, inhumé au cimetière protestant de Montpellier. Pour son monument érigé place Planchon à Montpellier, Auguste Bossan a prêté au viticulteur tendant une grappe de raisin les traits de Frédéric Bazille.), présida la Société protestante de Secours mutuel et s’occupa de la construction du temple de Maguelone à Montpellier (inauguré en 1870).

Le jeune Frédéric Bazille entreprend des études de médecine mais est plus intéressé par les cours de dessin et de peinture de l’atelier du sculpteur montpelliérain Auguste Baussan.

En 1862, il s’installe à Paris. Sur les conseils de son cousin le peintre Eugène Castelnau, il s’inscrit aux Beaux-arts, dans l’atelier du peintre suisse Charles Gleyre, mis à l’honneur récemment par une exposition au musée d’Orsay. Il y côtoie Claude Monet et Auguste Renoir avec qui il se liera particulièrement, faisant atelier commun, place Furstenberg, rue Visconti, puis rue la Condamine où il représente en 1870 tout un cercle d’artistes, auquel s’est joint Zola, et le musicien-collectionneur Edmond Maître. Soutenu par ses parents, Bazille aide financièrement ses amis dont l’impressionnisme naissant est encore peu apprécié. Ils se peignent mutuellement et Bazille a l’occasion d’utiliser ses connaissances en médecine pour soigner Renoir blessé, lors d’une de leurs équipées de peinture de plein air à Chailly, près de Fontainebleau, épisode immortalisé par la toile l’Ambulance improvisée.

Bazille expose au Salon à partir de 1866 et tente de lancer un mouvement des « Refusés » pour contourner le système conformiste de sélection aux salons de peinture de l’époque. Sous l’influence de l’impressionnisme et la pratique de peinture de plein air, sa palette s’éclaircit et se colore.

Bazille passe les étés dans la propriété familiale de Méric, dominant le village de Castelnau-le-Lez, où il peint la célèbre Réunion de famille en 1867. Il s’y représente sur la terrasse, à l’ombre d’un grand marronnier, avec ses parents, son frère Marc, ses cousines des Hours, alliées aux familles Auriol, Pagezy et Tissé ( Ce portrait groupé, peint à Méric près de Montpellier, réunit Eugène des Hours, Thérèse des Hours (née Auriol), Camille des Hours (née Pagesy), Marc Bazille, Suzanne Bazille (née Tissié), Emile Teulon, Pauline des Hours (née Teulon), Gaston Bazille et Camille Bazille-née Vialars, les parents du peintre et, à gauche, la silhouette longiligne de Frédéric Bazille lui-même. On distingue Castelnau-le-Lez dans le lointain.).

En août 1870, Bazille s’engage au 3e régiment de zouaves. Il est tué trois mois plus tard, le 28 novembre, lors de la Bataille franco-prussienne de Beaune-la-Rolande dans le Loiret, en essayant de protéger héroïquement un groupe de femmes et d’enfants.

Sa tombe, au cimetière protestant de Montpellier, est surmontée d’un buste sculpté par son ancien professeur, Auguste Baussan2.

Quatre ans après sa mort, plusieurs de ses toiles figureront à la première exposition des Impressionnistes de 1874. Fauché à 29 ans, Bazille laisse 52 peintures connues dont 45 sont réunies à l’exposition du musée Fabre. Seule la dernière aborde du sujet biblique : Ruth et Booz.

 

Christiane Guttinger

(Chronique des Amitiés huguenotes internationales, diffusée sur France Culture, à 8 h 55, le dimanche 2 octobre 2016)

 

 

 

 

 

Tombe de Frédéric Bazille, par Auguste Baussan, au cimetière protestant de Montpellier.

 

 

 

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