Insigne des protestants de la France libre

Insignes des protetants de la France Libre (Musée de l’Armée)

Insigne des protestants de la France Libre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la suite de son appel du 18 juin 40, le général de Gaulle crée la France libre. Nombreux sont les protestants à le rejoindre, souvent dès le début.

Cinq fois plus représentés dans la France Libre que leur poids dans le pays, certains jouent un rôle de premier plan. Citons quelques figures à titre exploratoire.

Parmi les intellectuels, Pierre Bourdan est une voix écoutée de l’émission « les Français parlent aux Français » sur la BBC de 40 à 44 ; l’ethnologue Jacques Soustelle arrivé en juillet 40, dirige les services de presse de Radio Londres.

Les Finances sont supervisées par le normalien Pierre Denis, dit Rauzan.

Malgré une prédominance parisienne, les profils sont variés. Ainsi André Philip, représentant de la SFIO et chrétien fervent, résistant de la première heure, milite pour la justice sociale et rallie notamment Albert Guigui.

Albert Guigui, syndicaliste et protestant engagé, organise le rapprochement avec la CGT sur le continent, encourage l’engagement ouvrier dans la Résistance intérieure.

Alors que les hauts fonctionnaires sont peu nombreux à gagner Londres, les protestants du Quai d’Orsay sont là encore surreprésentés : Massigli est commissaire aux Affaires étrangères (1943-44), Raoul Aglion chargé de recruter aux Etats-Unis, des français à la cause, Maurice Dejean, émissaire auprès des soviétiques. Quant à François Coulet, il est l’aide de camp du général avant de repartir au combat.

Le commissariat à l’Intérieur est mis en place par André Diethelm avec ses coreligionnaires le banquier Jean Richemond dit Bozel et François Thierry-Mieg, alias Vaudreuil. Louis Valon et Pierre Lefranc animent le service du renseignement au BRCA, Emile Laffon dit Guizot, effectue des missions à Paris.

Le comité national français, l’instance de gouvernement en exil, compte 1/3 de protestants : Dejean puis Massigli, Diethelm, Philip, Soustelle.

Les politiques ne doivent pas faire oublier les combattants, les héros de l’ombre. Ce sont des parachutistes et aviateurs tels les frères Akar, Gilles Anspach, Georges Lyon-Caen, les frères Mallet. Certains deviendront compagnons de la libération tels le capitaine Labouchère, le commandant Schloesing ou encore Horace Mallet combattant de Bir Hakeim. Ce sont tous les soldats, marins, officiers, français ou indigènes des colonies, engagés dans l’Ecole de Cadets de la France libre.

A ces exilés ayant tout quitté pour la résistance, l’église protestante française de Soho Square offre un point de ralliement et de réconfort. Le pasteur Christol en est la cheville ouvrière et se rallie à la France libre dès juin 40 et en devient l’aumônier.

Ces évocations de personnages emblématiques de tous horizons, illustrent l’objectif de de Gaulle de réconcilier les Français et rénover la vie politique.

S’il est vrai que l’appel de la Résistance fut entendu par des hommes de toutes classes et de toutes les familles spirituelles ou politiques, il trouva une résonnance particulière chez les fils de Huguenots.

par Thierry Rousset

Bibliographie :

Fondation de la France libre : www.france-libre.net

Geoffrey Adams : Political Ecumenism : catholics, jews & protestants in de Gaulle’s free France. McGill Queen University Press, Montreal-London, 2006

Les protestants français pendant la seconde guerre mondiale. Actes du colloque au Sénat des 19-21/11/1992, SHPF – septembre 1994

Comme au temps de nos pères, ceux de la France libre : articles du Lien, organe protestant de la France combattante, janvier 1946.

Une Réponse à “Les protestants français dans la France libre à Londres; (Lettre 57)”

  1. Jean Vermeil dit :

    Chers amis,

    Belle évocation, mais il y manque Edmond Vermeil qui mit à Londres ses connaissances de germaniste de premier ordre au service du général de Gaulle.
    Même son entrée Wikipédia atteste la chose.
    Merci de rectifier.
    SDG,

    Jean Vermeil

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