Il y a 150 ans, le 1er août 1863 naquit Gaston Doumergue. Saluons l’initiative du Comité créé pour célébrer celui qui demeure à ce jour, le seul protestant à avoir accédé à la Présidence de la République française.

Timbre gravé de Gaston doumergueNé à Aigues-Vives, bourg protestant du Gard depuis la Réforme, il débute comme avocat ; très vite il ressent l’appel du large qui le mène en Indochine et en Afrique du Nord.

Elu député radical en 1893, succédant à son coreligionnaire et mentor Emile Jamais (député du Gard et secrétaire d’Etat aux colonies), il entame une brillante ascension politique : ministre dès 1902, sénateur, président du Conseil à l’appel de Poincaré (1913), président du Sénat (1923).

Il est élu président de la République en 1924 avec les voix de la droite, contre le candidat du cartel des gauches, Paul Painlevé ; « nul plus que moi ne demeurera au dessus des partis, pour être, entre eux, l’arbitre impartial » déclare-t-il alors.

 

Inauguration de la grande mosquée de Paris (1926), voyage dans le sud ouest inondé où il s’affranchit du protocole pour aller à la rencontre des sinistrés dans les quartiers populaires imprévus (mars 1930), inauguration de la fabuleuse exposition coloniale (6 mai 1931) au succès considérable (plus de 8 millions de visiteurs) scandent sa présidence. Il se fait remarquer par les économies qu’il impose à la présidence, en cette période de crise économique.

Grande figure du radicalisme, homme de médiation, il incarne l’Etat, au-delà de tout esprit partisan dans un pays très divisé, traversé de tensions sociales fortes. Aussi est-il rappelé après la crise du 6 février 1934, à la présidence du Conseil. Il constitue un gouvernement d’union nationale et s’efforce de renforcer le pouvoir du président du Conseil mais la démission de ministres radicaux (son propre parti), inquiets de ses projets de réforme constitutionnelle en ce sens, l’oblige à démissionner (8 novembre 1934).

Intègre, dans un pays révolté par les scandales Stavisky, Hanau et Oustric, il rassemble le peuple français au delà des clivages, autour de sa figure joviale, qui lui vaut une immense popularité.

Par certains aspects, bien des points le rapprochent de l’autre souverain de souche huguenote comme lui, Henri IV : sens de l’Etat, probité, bonhomie méridionale, capacité à fédérer autour de sa personne des partis qui s’opposent.

Ses obsèques sont célébrées en juin 1937 (18 juin) au temple de son village natal par le pasteur Armengaud.

Avec Victor Schoelcher, il est l’un des deux protestants, parmi les 14 sénateurs, à avoir son effigie au sénat (grâce à l’action de l’actuel député-maire de Nîmes, protestant comme lui, J.-P. Fournier). L’on peut visiter sa maison natale qu’il a léguée à sa commune.

Maison natale de G. Doumergue

par Thierry Rousset (Émission du Comité Protestant des Amitiés Françaises à l’Étranger diffusée sur France Culture, à 8h55, le 2 février 2014)

Bibliographie : L’Illustration (numéros de l’année 1931)

P.Geroudet : Mémoire de Gaston Doumergue (631 p.)               www.gaston-doumergue.org (site du C.O.D.A°)

 

Une Réponse à “Un président protestant, Gaston Doumergue”

  1. Antoine Jaulmes dit :

    Bonjour,
    Je note une erreur dans votre article : Victor Schoelcher, s’il est bien d’origine alsacienne et vêtu de façon austère, n’était pas de famille protestante mais catholique. Qui plus est, il était aussi un athée militant. (Source de vérification possible : Janine Alexandre-Debray, Victor Schœlcher ou La mystique d’un athée, Perrin, 2006.)
    Cordialement,

    Antoine Jaulmes

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