La Réforme évangélique se développe dès le second quart du XVIe siècle, à l’Est de Paris, dans le diocèse de Meaux, et touche la région de Château-Thierry. Un culte est célébré à proximité, à Nogentel.

Dès 1550 des castelthéodoriciens contraints de s’exiler figurent dans les registres de paroisses réformées françaises d’Allemagne, Pays-Bas et Genève. A la Révocation, certains, gagnent l’Afrique du Sud à bord de navires hollandais. Ainsi, de nos jours, dans la région du Cap, face au musée huguenot de Frankschoek, un restaurant proposant une cuisine française s’appelle Monneaux !

Ces émigrés se dénommaient Briet, Taillefer, Lefébure, Naudé, noms encore portés localement par les cousins restés en France qui ont abjuré ou maintenu clandestinement les usages réformés. Sous l’ancien régime, les protestants de Monneaux bénéficièrent de la protection de l’abbaye d’Essômes-sur-Marne dont ils cultivaient le vignoble. En retour, à la Révolution, les protestants sauveront le supérieur de l’abbaye.

Le pasteur Charmusy réorganise clandestinement vers 1765, les Eglises du Nord de la Brie, Aisne et Thierache, dont celle de Monneaux, avec nomination d’anciens, conformément à la Discipline calviniste. Ce pasteur Charmusy, sera, en 1771, le dernier martyr protestant : arrêté lors d’un prêche, roué de coups, il mourra quelques jours plus tard, à la prison de Meaux.

Photo en couleurs du temple de MonneauxLe temple de Monneaux, est le 1er temple édifié en France après la révolution. En 1793, tout le village se mobilise pour sa construction, fournissant terrain et matériaux. C’est un édifice rectangulaire largement éclairé par 8 grandes baies cintrées, et dont le clocher domine le village.

En 1803, on recense près de 700 protestants à Monneaux-Château-Thierry. Monneaux devient le siège du consistoire réformé de l’Aisne.

 

Lors de la seconde bataille de la Marne, les Américains subissent d’énormes pertes aux environs de Château-Thierry. En hommage, les églises réformées américaines édifient un Temple-Mémorial sur la place de l’hôtel de ville de Château-Thierry, et l’offrent à l’Eglise Réformée de France, qui y transfère la paroisse. Monneaux devient alors son annexe.

carte postale en noir et blanc de vitraux du temple de Château-Thierry

Ce Temple-Mémorial, édifié par l’architecte Henri Chauquet en collaboration avec le franco-américain Paul-Philippe Cret, possède un ensemble exceptionnel de vitraux exécutés d’après des cartons de David Burnand représentant des réformateurs et quelques Paraboles d’après son père Eugène Burnand. Le vitrail du revers de la façade symbolise la coopération et l’amitié franco-américaine : Lafayette entouré des généraux Foch, Pétain, Nivelle, Joffre, accueille le Général Pershing venu apporter son aide aux Français en 1918 et débarquant à Saint-Nazaire avec ses troupes.

Le Comité protestant de propagande français à l’étranger, dit aussi Comité protestant français, avait été créé en 1915 afin de tisser des liens avec les alliés. Le jour de l’inauguration du temple de Château-Thierry, en 1924, le discours du président du Comité, le conseiller d’Etat Paul Fuzier, fut retransmis en direct, par radio-téléphone par le poste émetteur expérimental de l’Ecole Supérieure des PTT. Cette émission fut la 1ère de notre Comité et une des toutes 1ères émissions diffusées en direct depuis l’extérieur de Paris.

 

 

par Christiane Guttinger (Émission du Comité protestant des amitiés françaises à l’étranger diffusée sur France Culture, à 8 h 55, le 4 mai 2014).

Bibl. Maurice Mousseaux, La Brie protestante, Ed. Librairie Protestante.

Paul Lienhardt, Le Temple-Mémorial américain de Château-Thierry, dans La Lettre du Comité protestant des amitiés françaises à l’étranger, n° 18, p. 7-8.

Aline Magnen, Le temple-mémorial de Château-Thierry : approche monographique, In Situ n°6, septembre 2005 (en ligne)

 

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