lithographie de la Tour de Crest

LA TOUR DE CREST LITHOGRAPHIE ENGELMANN (V.1818)
D’APRES LOUIS-ALBERT-GUILLAIN BACLER D’ALBE

Vous connaissez certainement la haute silhouette de la tour de Crest, seul vestige d’un château dominant la vallée de la Drôme, un des plus hauts donjons de France, édifié au XIVes sur les fondations romaines de Crista Arnaudorum – la Crête des Arnauds.

La population de ce village, est sensibilisée dès le XIIIes à l’idéal évangélique des disciples de Valdo. Elle accueille favorablement la Réforme, mais son sort est tragiquement lié aux luttes incessantes entre catholiques et protestants se disputant cet axe de communication vers Genève.

Au XVIes, un des premiers pasteurs de Crest, Arnaud Casaubon, prêche clandestinement. C’est dans une grotte qu’il donne des leçons de grec à son fils, Isaac Casaubon, le futur érudit, professeur de grec à l’Université de Genève puis de Montpellier, bibliothécaire d’Henri IV qui s’exila ensuite en Angleterre.

Charles Dupuy Montbrun, chef des troupes protestantes du Dauphiné, blessé lors de la bataille de Blascons, au sud de Crest, est emprisonné dans la tour. Contrairement aux lois de la guerre, ce soldat blessé est condamné à avoir la tête tranchée par le Parlement de Grenoble.

L’édit de Nantes permet l’essor du protestantisme et de l’économie. Le crestois Antoine de Pluvinel, fonde à Paris la première académie d’équitation et initie le Dauphin, futur Louis XIII à cet art. Ce qui n’empêchera pas ce dernier, plus tard, après une nuit passée à Crest, d’ordonner la destruction du château, ne préservant que la tour transformée en prison.

De nombreux protestants peuplent ses cachots, oubliettes sinistres et salles de torture. Le « moulin à bras » sert à extirper des abjurations et un mur de la tour est équipé de gros crochets auxquels sont pendus des martyrs de la foi réformée.

Parmi les prisonniers connus, Isabeau Vincent, la bergère de Saoû, prophétesse de la période du Désert, est condamnée à finir sa vie oubliée dans un couvent… et, Jacques Roger, qui réorganisa, parallèlement à Antoine Court, le protestantisme dans la Drôme, fut pendu à Grenoble, en 1745.

Plus chanceux, un capitaine vaudois s’échappe en sciant les barreaux de sa cellule, rejoint la Suisse, et participe à la glorieuse rentrée des Vaudois dirigée par le pasteur Henri Arnaud en 1688. Le pasteur Gabriel Dumont, natif de Crest, devient pasteur de l’église française de Leipzig, puis de l’Eglise wallonne et professeur d’histoire ecclésiastique à Rotterdam.

Après la Révolution, trois générations de pasteurs Arnaud se succèdent à Crest. Un grand temple est édifié en 1822, puis l’orphelinat, l’école, des œuvres dédiées à la population de cette petite ville industrieuse qui tira sa richesse de la draperie, du coton, de la soie, du papier et du commerce. C’est le pasteur Eugène Arnaud qui écrivit au XIXes l’histoire de Crest, intimement liée à celle de sa famille et à la mémoire protestante.

par Christiane Guttinger
(Émission du Comité Protestant des Amitiés Françaises à l’Étranger diffusée sur France Culture, à 8h55, le 4 mars 2012)

Bibl. Eugène Arnaud, Histoire et description des antiquités civiles, ecclésiastiques et militaires de la ville de Crest en Dauphiné, Laffittte reprints, Marseille, 1978 (Réimpression de l’édition Grattier et Rey, Grenoble, 1903)
Samuel Bastide, La tour de Crest et ses martyrs, Musée du Désert, illustré des dessins de Samuel Bastide.

Une Réponse à “HIstoire des protestants de CREST (Drôme)”

  1. BLAIN chantal dit :

    bonjour ,
    j’aimerais avoir des renseigneuments de la famille BARVAVE de grenoble et vers crest ,dieulefit .j’ai un aieul ,BARNAVE antoine pendant la révolution ,maire ou sénateur à grenoble ,protestant et bougeois .
    il me semble qu’il a été guillotiné après la révolution .j’ai beaucoup de famille du coté de la drome ,vers crest et alentour ,il me semble .
    j’en est que je connait mais yen a je c plus ou ils sont .
    mille merci ,si vous pouvez me donner des renseignements .
    BONNE FIN D’ANNéE

Laisser un commentaire