Le 17 octobre dernier, une cérémonie présidée par Son Excellence Mr. Howard H. Leach, Ambassadeur des Etats-Unis en France, M. Jean-Pierre Lecoq, Maire du VI°arrondissement et le Général de Roquefeuil, Président de la Société des Cincinnati de France, s’est déroulée à Paris, devant le 40 rue du Cherche-Midi, à l’occasion de l’apposition de nouvelles plaques sur l’ancien hôtel de Rochambeau, rappelant la tenue, en cet hôtel, de la première assemblée de la Société des Cincinnati de France en 1784.

L’histoire de cette Société est liée à celle de The Society of the Cincinnati, association d’anciens officiers ayant participé à la guerre d’indépendance américaine. Fondée en 1783 (quelques mois avant le traité de Versailles consacrant l’indépendance des Etats-Unis), son 1er président fut le général George Washington. Son but était d’entretenir « les liens d’amitié établis entre camarades de combat sur le point d’être démobilisés et bientôt dispersés sur le territoire américain déjà vaste ; de maintenir le culte du souvenir, de défendre les intérêts de ces officiers face à un congrès peu généreux à leur égard et, enfin, de montrer des patriotes exemplaires, notamment en encourageant la fédération des treize états d’origine »… « Le général Washington se préoccupa en premier lieu de maintenir les liens avec les camarades de combat français et la France sans laquelle la victoire sur les Anglais n’aurait pas été possible. C’est à son initiative que fût crée la Société française ; le nombre de branches intégrées s’éleva à quatorze », une par état d’origine (New Hampshire, Massachussetts, Rhode Island, Connecticut, New York, New Jersey, Pennsylvanie, Delaware, Maryland, Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud et Géorgie), plus la Société française.

« La guerre de Sécession (1861-1865) interrompit le fonctionnement de l’association, les Cincinnati se partageant entre les deux camps. Mais la réconciliation fut rapide peu après la fin des hostilités. Les Cincinnati attendirent le début du XXes. pour se réconcilier avec l’Angleterre. En 1947, ils allèrent même jusqu’à accueillir en son sein Winston Churchill, en sa qualité de descendant par sa mère d’un officier américain qui avait combattu contre les Britanniques ».

« Sept Français illustres furent admis d’office par les fondateurs … ainsi que les généraux et colonels de l’armée de Rochambeau » ainsi que « les officiers français engagés à titre individuel dans l’armée continentale américaine avant la signature de l’alliance, comme c’était le cas de La Fayette, Kalb et du Portail ».

« Washington confia au major L’Enfant, officier français de son entourage, auteur, plus tard, du plan de la ville de Washington, la mission de se rendre à Paris afin d’aider ses compatriotes à mettre sur pied la branche française ». Louis XVI en accepta « le haut patronage, le Roi autorisa le port de l’insigne, qui, avec celui de la Toison d’or, étaient d’ailleurs les seules distinctions étrangères que les Français, suivant l’usage, arboraient ailleurs que sur leur lit de mort ».

Un très grand nombre de ces officiers étaient protestants ou d’origine huguenote, à commencer par Washington qui descendait de Nicolas Martiau. 2006 marquera le 250e anniversaire de la bataille de Yorktown. Le National Park Service s’efforce de faire classer les routes de Newport à Yorktown dont le site historique est très bien entretenu.

La Société tient son nom du général romain Cincinnatus qui se retira sur ses terres pour montrer que la guerre n’est qu’une péripétie et que l’essentiel est de cultiver la terre. La devise de la société figurant sur l’avers de l’insigne composé d’un aigle surmonté de deux branches de laurier est « omnia relinquit servare rempublicam » (il abandonne tout pour servir la République), à l’image de Washington qui se retira sur ses terres du Mont Vermont.

Valley Forge (Pensylvanie) a célébré le 3 mai 2003, le 225e anniversaire de l’Alliance entre les Insurgents américains et la France. Une reconstitution de scènes historiques a eu lieu en uniformes de l’époque. (France-Louisianne, n°113, p.9)

A Château-Thierry, dans le temple construit après la 1ère guerre mondiale grâce à des capitaux américains, un vitrail, exécuté d’après un dessin de David Burnand, représente les trois généraux Foch, Joffre et Pétain accueillant le général Pershing, accompagné de La Fayette, venu soutenir la France de son aide militaire en 1918, comme La Fayette lors de la guerre d’indépendance.

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