La famille Dechézeaux, originaire de Champagne (voir le hameau Chézaux), était au XVII-siècle installée à l’Ile de Ré comme négociants pour l’importation du bois de Norvège. Etants Huguenots, ils étaient victimes des persécutions après la Révocation de l’Edit de Nantes. Des tortures appelées « dragonnades » étaient encouragées par les autorités. Certains de nos ancêtres étaient transférés à Marseille pour être enchaînés comme des esclaves sur les galères du Roi. En 1711, Etienne Daniel Dechézeaux a épousé Catherine Butauld dont le frère Jacques s’est réfugié à Bergen en Norvège ou il a été nommé Consul de France. Profitant de ce contact et des bonnes relations d’affaires avec la Norvège, le couple décide d’envoyer leurs enfants à l’Oncle Jacques à Bergen afin de les mettre à l’abri des persécutions. Le fils aîné, Jean Etienne, a pris la succession de son oncle comme Consul de France à Bergen. A l’époque ce poste était un poste intéressant car l’état Français vendait dans les pays neutres le butin des corsaires, c.à.d. les navires de l’ennemi et leurs chargements. Ces ventes passaient par l’intermédiaire des Consuls de France qui touchaient une commission. Il est étonnant que ces Consuls collaboraient avec les ambassadeurs du Roi, qui lui les avait proscrits.

Jean Etienne s’est marié en 1760 avec Wenche Jacobine von der Lippe, issue d’une des grandes familles de Bergen. Ils ont eu de nombreux enfants et petits enfants, mais ce sont les filles et non les fils qui ont assuré la succession. De ce fait, le nom de famille Dechézeaux s’est éteint. Par tradition le nom a survécu comme prénom à chaque génération et, encore à ce jour, plusieurs des descendants de Jean Etienne portent le nom Dechézeaux comme prénom. Une soeur de Jean Etienne s’est mariée en 1749 avec Ludwig Lem dont le grand-père avait acquit en 1677 l’exploitation forestière Frônningen dans le Sognefjord. Cette entreprise, toujours en activité aujourd’hui, est restée dans la famille à travers les siècles. Les fils de Ludwig Lem sont retournés à l’Ile de Ré et un de ses petits fils, Aimé Lem, s’est marié avec Catherine Dechézeaux, une des filles de la branche restée en France. Ce mariage témoigne de la cohésion de la famille malgré les contraintes de la séparation subie. Une des filles de Jean Etienne, Anne Christine, s’est mariée en 1794 avec Henrik Meyer à Bergen et un de leurs petits fils, Lauritz Meyer a épousé Christine Mohn, issue d’une autre famille bien connue de Bergen. La famille Mohn est originaire de Rome et a été obligée de s’expatrier sous l’Empereur Néron. Restés en relation avec les cousins de l’Ile de Ré, Lauritz et Christine firent un long voyage, en 1902, pour leur rendre visite. Ils passèrent quelques semaines avec eux dans le village de La Flotte. Quelques générations plus tard Louis-Claude Gilard, un des descendants des Lem retournés en France, s’est rendu en Norvège et Suède en 1949, dans le but de renforcer les relations avec la partie scandinave de la famille.

Une des filles de Lauritz et Christine, Henriette Meyer, a rencontré un homme d’affaires Norvégien, Christen Olsen, installé à Paris. Ils se sont mariés et leurs trois enfants sont nés en France ainsi certains de leurs descendants pendant trois générations. Voici donc encore une autre branche de la famille qui a réintégré le pays d’origine.

Au cours des générations des lettres, souvent accompagnées d’arbres généalogiques, ont été échangées entre les branches de la famille en France et en Norvège. Des bouleversements dramatiques se sont parfois déroulé au cours des siècles. Selon une tradition verbale, les Dechézeaux habitaient le Languedoc au XVI-ième siècle et ont vu leurs biens considérables confisqués au cours des guerres de religion sous Charles IX. Une des branches de la famille s’est réfugiée à l’Ile de Ré, les autres en Angleterre et en Allemagne.

Le départ des enfants Dechézeaux pour la Norvège en 1737 a dû se faire dans la clandestinité car il était interdit par la loi. Heureusement l’oncle Jacques les attendait à Bergen, mais on peut imaginer l’angoisse des enfants et de leurs parents dans une telle situation.

Un incendie qui a ruiné la famille fût la raison du retour en France des enfants de Ludwig Lem et Catherine Dechézeaux. Aucune assurance ou assistance sociale n’existait à l’époque et les jeunes garçons ont donc été aidés par la branche française de la famille.

Un des descendants de cette branche était Gustave Dechézeaux, député au temps de Louis XVI. Il fût guillotiné à Rochefort en 1793 à cause de son refus de voter la mort du Roi et fût réhabilité l’année suivante – trop tard!

L’histoire de la famille Dechézeaux est un exemple intéressant de solidarité à travers les frontières d’une Europe ravagée par les guerres au temps ou l’Union Européenne n’avait pas encore été imaginée.

Lagnes en Mai 1996.

Einar Thrap-Olsen
(Descendant Dechézeaux)

Une Réponse à “Les descendants des Dechézeaux”

  1. Baudrier dit :

    Voici des notes sur Daviaud :

    Schiappa (Jean-Marc).- Les babouvistes : « aspects de l’implantation de la Conjuration babouviste ».- Saint- Quentin : Les Amis de Gracchus Babeuf, 2003.- 606 p.- (Supplément au n° 2 d’Études babouvistes)
    « Ce militant [Daviaud] était en correspondance avec un de ses amis Maurice Roy, horloger à Rochefort, qui sera inculpé à Vendôme et acquitté… (p. 264) « Daviaud, dans ses missions de l’an II, avait connu Roy alors commissaire révolutionnaire de Rochefort… … « Daviaud, ancien révolutionnaire de l’an II, employé de marine comme Cordebar et Chevalier… »

    Daviaud, Doubs, pp. 264-5, 300, 367, 459, 474, 485, 497

    Avez-vous de votre côté ses prénoms, ses dates, etc. ?

    Merci

    Pierre Baudrier historien (présent sur le web)

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