L’Eglise réformée de Villefranche-sur-Saône vient de fêter, dans la joie, le centenaire de la construction de son temple.

A cette occasion, un groupe de travail s’est constitué autour de Pier Van de Kouwe, originaire des Pays-Bas. Ensemble, nous avons recherché les traces de notre communauté dans l’histoire de Villefranche et du Beaujolais alentour, et nous avons fait quelques découvertes que nous sommes heureux de partager avec vous ce matin.

En 1562, lors des guerres de religion, les troupes protestantes ont pris possession de la ville. Ces troupes étaient commandées de Lyon par le cruel Baron des Adrets. Elles ont commis des actes inqualifiables : elles ont incendié la maison de ville, dévasté la Collégiale Notre-Dame des Marais, chassé les malades des hôpitaux, elles ont volé, brutalisé…

Mais les échevins, comme la majorité des habitants catholiques de la ville, ont toujours fait preuve d’une grande modération envers les huguenots. Ils ne les ont jamais pourchassés et les ont même épargnés lors des « Vêpres lyonnaises » qui sont la réplique de la Saint-Barthélémy.

Un seul huguenot du Beaujolais, Pierre Charreton, a quitté le pays en 1685, à la Révocation de l’édit de Nantes. Il s’est réfugié en Brandebourg auprès du Grand Electeur. Il a épousé à Berlin une autre exilée, Suzanne Jacobé. Nous savons qu’ils ont eu 4 enfants. Nous recherchons leurs descendants grâce au Comité Protestant des Amitiés Françaises à l’Etranger. Nous avons aussi demandé l’aide de nos frères allemands descendants de huguenots.

Aux XVIIIème et XIXème siècles, Villefranche, ville paisible et industrieuse de grande réputation, a attiré de nombreux artistes protestants étrangers : un horloger, un fabricant d’indiennes, un pâtissier, tous venus de Suisse, un fabricant de chaises du pays de Bade. Tous se sont intégrés avec bonheur dans la cité et ont recréé une communauté protestante autour d’eux.

Est arrivé ensuite un colporteur de la Société évangélique de Genève du nom de Mermier. Il a prêché le Réveil avec beaucoup d’enthousiasme et a fortifié la communauté. Celle-ci, par la suite, s’est rattachée à l’Union des Eglises Evangéliques Libres. Elle a fondé une école de garçons, puis une école de filles. Un chrétien écossais a fidèlement financé ces écoles pendant 30 ans.

Après une période d’affrontements entre Larges et Etroits, la petite communauté a retrouvé sa stabilité autour du pasteur Matthieu Monnier et s’est lancée, avec foi, dans la construction du temple, de 1899 à 1902. Une souscription a été ouverte, elle a permis de payer en 4 ans le grand bâtiment qui se dressait dans le quartier neuf de la cité. Nous avons retrouvé un versement effectué par un Américain, Mr. Thornton.

Le centenaire de la construction de notre temple nous a donné bien des sujets de reconnaissance : reconnaissance envers Dieu qui a gardé notre communauté tout au long des 440 années de son existence, et envers les hommes qu’il a placés sur notre route :

  • les habitants catholiques de la ville, tolérants et pacifiques,
  • les artisans protestants suisses et allemand,
  • l’anonyme chrétien écossais,
  • l’ami américain,
  • et aujourd’hui le frère néerlandais qui nous a conduits à cette célébration joyeuse.

Suisses, Allemand, Ecossais, Américain, néerlandais se sont succédés pour nous aider dans cette ville accueillante qu’est Villefranche. Villefranche-sur-Saône a donc été, pour nous, un « heureux Refuge à l’envers », grâce à Dieu.

(Emission du Comité Protestant des Amitiés Françaises à l’étranger du dimanche 3 novembre 2002, sur France-Culture à 8 h 25)
par Yvette COCHIN

Sources :

  • la riche Bibliothèque de l’Académie de Villefranche-sur-Saône et du Beaujolais
  • les trésors du fonds ancien de la Médiathèque de Villefranche
  • Belleville au temps des guerres de religion, de M. Méras
  • Belleville en Beaujolais, de F. Mandy
  • Les ouvrages ou articles de MM. Balloflet, Bruel, Laplatte, La Roche La Carelle, Longin, Louvet, Paradin, Petrus Magnolet, de Maîtres Carret et Pinet
  • Textile et habillement en Calade du Moyen Âge à nos jours, de M. Lebail
  • Regard sur Villefranche-sur-Saône
  • La Revue historique de Lyon : tome 13, année 1914 : le journal de Benjamin Cuendet (1769-1815)
  • L’histoire des protestants de Mâcon, de A. Bost
  • L’histoire des protestants de Lyon, de R. Gennerat
  • Les Bulletins de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français, sur le ministre Antoine de Chandieu, d’après son journal autographe (1534-1591)
  • Notice sur l’Eglise de Villefranche, du pasteur Marcellin Dadre (1862)
  • Notice sur le protestantisme à Villefranche jusqu’à nos jours (1887-1914), par Antoine Desvigne, conseiller presbytéral.
  • Après la mort du pasteur Benjamin Monnier, par Antoine Desvigne (1919)
  • L’Eglise Evangélique de Villefranche (Rhône), par Pierre Morin, conseiller presbytéral.
  • Journal de Jeanne Desvigne-Walde, tenu de 1887 à 1928, retrouvé par son petit-neveu Bernard Paquet et aimablement mis à notre disposition pour cette étude.

2 Réponses à “Le centenaire du temple de Villefranche-sur-Saône”

  1. nkunku dimon sem dit :

    bonjour je suis salutiste soldat enfant d’officier je suis nouvellement arriver à villefranche sur saone veuillez m’indiqué ou se trouve le poste salutiste

  2. Phibert Jean-Claude dit :

    j’aimerais si possible retrouver une personne rencontrée entre 1945 et 1950 lors de culte au temple.
    j’aire tenu le nom de jeune fille Simone Debas ,ou Lebas, Dubas !!!
    merci pour une réponse même négative.

    je suis membre, pas très assidu, de l’église de Pau 6400.

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