L’Église Protestante Française de Londres, installée à Soho Square, vient de vivre un temps fort en célébrant le 450ème anniversaire de sa fondation.

Son histoire, que nous allons tenter de résumer, est celle des vagues successives de huguenots réfugiés en Angleterre sous l’effet des persécutions religieuses que la France a connues avec le développement des idées de la Réforme.

Dès 1540, avec édit de Fontainebleau ordonné par François Ier, puis sous le règne d’Henri II, lorsque fut instituée la Chambre Ardente de Paris, Londres accueille une première vague de réfugiés.

A ce premier groupe de réfugiés, sous l’influence conjuguée de son oncle, le Protecteur Somerset et l’Archevêque de Canterbury, Cranmer, tous deux sensibles aux idées de Réforme, le très jeune roi Édouard VI accorde sa protection et signe, le 24 juillet 1550, les lettres patentes qui reconnaissent l’existence de l’Église des Étrangers de Londres, et la consacre comme « Église Établie » au même titre que l’église d’Angleterre.

Un lieu de culte lui est accordé. La nomination des pasteurs de l’Église doit être approuvée par le souverain, tradition toujours en vigueur de nos jours. Jean-a-Lasco, pasteur réformé d’origine polonaise, est nommé à la tête de cette église.

Assez rapidement, l’Église qui se compose principalement de Français, de Néerlandais et d’Allemands est confrontée à des problèmes linguistiques qui trouvent leur solution dans le départ des francophones pour un autre lieu de culte, à Threadneedle Street, qu’ils occuperont près de 300 ans.

Les guerres de religion qui s’accentuent à partir du massacre de Vassy en 1562 et culminent avec celui de la Saint-Barthélémy en 1572, provoquent une deuxième vague de réfugiés. Cet afflux de réfugiés marque véritablement l’essor de la communauté francophone de Londres.

La Révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV en 1685, qui a pour conséquence de faire perdre aux protestants tous les droits – droits civiques et religieux, droit d’accéder à de hautes fonctions civiles et militaires, droit d’acheter des charges ou de faire du commerce – provoque une troisième vague massive de réfugiés.

A la fin du XVIIème siècle, on estime à environ 50 000 le nombre de huguenots venus chercher refuge en Angleterre, soit 1% de la population anglaise et, dit-on 11% de la population londonienne.

De nombreuses églises françaises, une trentaine à Londres et une dizaine dans le reste de l’Angleterre sont alors créées.

L’espoir d’un exil de courte durée abandonne peu à peu les Huguenots, qui tant par leurs activités professionnelles que par les mariages avec des Anglais s’intègrent rapidement. Cette anglicisation entraîne la fermeture progressive des églises. Au début du XIXème siècle, il ne reste que trois églises Protestantes Françaises à Londres et quelques églises dans le reste du pays, notamment à Canterbury et à Brighton.

L’actuelle et unique Église Protestante Française de Londres est installée dans Soho Square depuis 1893. Elle occupe un magnifique édifice construit par l’architecte Sir Aston Webb.

Le choix de cet emplacement n’est pas anodin puisqu’au XIXème siècle, Soho est un des quartiers où réside la noblesse anglaise. Un grand nombre d’artisans de luxe huguenots – horlogers, tailleurs, orfèvres, armuriers, maîtres-verriers – tous héritiers de la grande tradition artisanale française s’installent dans ce quartier, à proximité d’une clientèle fortunée et exigeante. Peu à peu le caractère cosmopolite du quartier se développe. A la fin du XVIIIème siècle, ce quartier avait déjà accueilli les réfugiés de toute l’Europe, en particulier les nobles français chassés par la Révolution française.

Plus récemment, au cours de la deuxième guerre mondiale, l’Église connaît une nouvelle vague de réfugiés venus du continent : les Forces Françaises Libres, certes bien moins nombreux que leurs prédécesseurs huguenots, mais tout aussi épris de justice et d’esprit de résistance à l’oppression.

Aujourd’hui, l’Église demeure une communauté vivante et diversifiée qui rassemble non plus principalement des réfugiés mais des francophones héritiers de différentes traditions et cultures, qui demeurent fidèles aux mêmes idées de la Réforme : descendants de huguenots, Français venus s’installer de manière permanente en Angleterre ou expatriés temporaires, Africains francophones, Suisses, Belges, Vaudois… Elle est à la disposition des francophones qui désirent pouvoir louer le Seigneur dans leur langue maternelle.

Par l’intermédiaire de la commission Évangélique d’Églises d’Expression Francophone à l’Étranger (la CEEEFE), l’Église de Londres est en lien avec d’autres Églises protestantes françaises, en Angleterre avec les églises de Canterbury et de Brighton, en Europe avec celle de Stockholm, Berlin, Luxembourg puis, dans le reste du monde, avec celles de Washington, de New-York, du Caire, de Beyrouth, de Jérusalem, d’Alger et de Rabat …

(Émission du Comité protestant des Amitiés Françaises à l’Étranger, diffusée le dimanche 4 juin, à 8h25 sur France-Culture)
par le Pasteur Leila Hamrat
« La Lettre » N°25 de Juin 2000

Une Réponse à “L’Eglise Protestante Française de Londres”

  1. kouadio marcel dit :

    Pasteur de l’église Temple la Belle’ désire avoir des contacts avec vous dans le but d’échanger les témoignages et recevoir des enseignements pour l’édification du peuple de Dieu. Jean 17v21 Soyons un dans un lien d’amour pour le seigneur jésus christ de Nazareth. Nous sommes basés en Côte d’Ivoire
    Adresse 10 BP 1084 Abidjan 10
    Tél: 0022507699076
    E-mail: Marcel_gave@yahoo.fr
    Leader de La Vision ; Le Prophète Marcel Kouadio
    Jésus est VIVANT

Laisser un commentaire