Le poète huguenot Jean de La Taille, seigneur de Bondaroy

En prélude à une visite du Château de Chamerolles, dont la chapelle royale contient le plus ancien Décalogue huguenot connu en France, notre comité a visité le Manoir de Bondaroy, près de Pithiviers, la demeure du poète huguenot Jean de La Taille. C’est sur la route d’Orléans à Fontainebleau. Il en reste surtout une belle façade Est de l’enceinte, avec ses deux tours carrées et son porche central surmonté d’une chambre haute. Nous avons été accueillis par M. Eric de La Taille, dont le père Roland avait racheté le manoir de leurs ancêtres. C’est par lui que nous connaissons l’existence des Tables de la Loi huguenotes du Château de Chamerolles.

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La Région Poitou-Charentes protestante de Jean Migault à nos jours

La Région Poitou-Charentes est particulièrement riche en souvenirs huguenots, mais assez méconnue. On peut y faire remonter les débuts du protestantisme au séjour de Calvin à Poitiers en 1534. De nombreux temples y ont été dressés dès les débuts de la Réforme et d’innombrables assemblées illicites s’y sont tenues, sévèrement réprimées par l’intendant du Poitou, Marillac et son régiment de dragons qui obtinrent ainsi jusqu’à 38000 abjurations, « de bouche » sinon de cœur.

La Maison du Protestantisme à Beaussais , près de Niort, a choisi de mettre en scène les mémoires de Jean Migault : cet instituteur protestant, lecteur de paroisse de la seconde moitié du XVIIe siècle a laissé un Journal, témoignage particulièrement vivant et émouvant de cette époque où il subit toutes ces brimades qui le contraignirent à se réfugier à l’étranger pour ne pas abjurer sa foi.

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Les lieux de mémoire protestante à Orléans

Le samedi 5 juin 2004, notre Comité Protestant des Amitiés Françaises à l’Etranger consacrera sa journée à visiter les lieux de la mémoire Protestante à Orléans. Nous serons accueillis et guidés par l’Association « Mémoire Protestante en Orléanais » et sa présidente, Mme Luce Madeline. Le siège de cette Société Savante, en plein cœur de la vieille ville, se trouve au n° 1 de la rue Parisie, tout près de la rue de Bourgogne où arriva Jeanne d’Arc un siècle avant celui de la Réforme Protestante, et non loin du temple réformé actuel construit dans la 1ère moitié du XIXème siècle, place Saint-Pierre Empont, sur le modèle d’une tour romaine.

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Le péril du patrimoine Funéraire national

Ceux d’entre vous qui pénètrent parfois dans les cimetières n’auront pas manqué de relever les multiples contrastes qui différencient les monuments funéraires anciens de ceux apposés de nos jours. D’un côté des matériaux régionaux aux teintes chaudes, de l’autre la froideur du granit. D’un côté des monuments fortement personnalisés, enrichis par de nombreux symboles, œuvres d’art à part entière, de l’autre des monuments stéréotypés. D’un côté des monuments s’élevant vers le ciel, supports à de longues et pathétiques épitaphes, de l’autre des monuments presque anonymes jonchant le sol.

Rares sont les monuments antérieurs aux premières décennies du XIXe siècle. Jusqu’à la Révolution, ceux qui en avaient les moyens se faisaient inhumer à l’intérieur des lieux de culte. L’ordonnance royale du 6 décembre 1843 généralise la possibilité d’acquérir une concession perpétuelle. Un véritable mouvement de démocratisation et de popularisation des monuments funéraires se développe alors. Le Siècle romantique voit ainsi naître une forme avancée de « culte » familial des morts et des tombeaux.

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Le centenaire du temple de Villefranche-sur-Saône

L’Eglise réformée de Villefranche-sur-Saône vient de fêter, dans la joie, le centenaire de la construction de son temple.

A cette occasion, un groupe de travail s’est constitué autour de Pier Van de Kouwe, originaire des Pays-Bas. Ensemble, nous avons recherché les traces de notre communauté dans l’histoire de Villefranche et du Beaujolais alentour, et nous avons fait quelques découvertes que nous sommes heureux de partager avec vous ce matin.

En 1562, lors des guerres de religion, les troupes protestantes ont pris possession de la ville. Ces troupes étaient commandées de Lyon par le cruel Baron des Adrets. Elles ont commis des actes inqualifiables : elles ont incendié la maison de ville, dévasté la Collégiale Notre-Dame des Marais, chassé les malades des hôpitaux, elles ont volé, brutalisé…

Mais les échevins, comme la majorité des habitants catholiques de la ville, ont toujours fait preuve d’une grande modération envers les huguenots. Ils ne les ont jamais pourchassés et les ont même épargnés lors des « Vêpres lyonnaises » qui sont la réplique de la Saint-Barthélémy.

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L’association pour la sauvegarde du temple de Leme en Thierache

L’Association pour la Sauvegarde du Temple de Lemé en Thiérache, dans le Nord du Département de l’Aisne et à l’extrémité de la Picardie, est une association culturelle non confessionnelle. Elle n’a pas seulement pour ambition de sauver le bâtiment d’un temple protestant désaffecté qui menaçait ruine, cet objectif est déjà atteint, mais aussi de créer dans ce beau temple un futur Musée du Protestantisme dans le Nord de la France.

Lemé est une commune rurale de 400 habitants entre Vervins et Guise, à peu près à égale distance de Sedan et de Noyon, la patrie de Calvin, où la maison natale du grand réformateur picard a été reconstituée par la Société de l’Histoire du Protestantisme Français après la première guerre mondiale.

Contrairement à Noyon, où le protestantisme n’est qu’une infime minorité, la Thiérache (et le village de Lemé en particulier) appartient à l’un des plus anciens terroirs protestants de France. Il a su, contre vents et marées, s’y maintenir sans interruption depuis les origines du XVIème siècle, grâce à sa nature bocagère et à sa situation frontalière entre Picardie, Cambrésis et Hainaut d’une part, et d’autre part les Pays-Bas espagnols devenus les Provinces-Unies, avec ses églises dites de la Barrière. Lemé est une partie intégrante de la mémoire collective de la Thiérache et du Nord de la France.

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Inauguration officielle du musée de la grange de Wassy

Pour comprendre le Musée Protestant de la Grange de Wassy, situé en Haute-Marne près de Saint-Dizier, il faut faire un peu d’histoire.

Le dimanche 1er mars 1562, le duc de Guise, après s’être rendu à la messe de Wassy, força la porte de la grange où un millier de protestants, non armés, assistaient au culte. Les troupes du duc tuèrent et blessèrent une centaine d’hommes, de femmes et d’enfants.

Le massacre de Wassy déclencha immédiatement les guerres de religions qui divisèrent l’Europe et opposèrent les armées catholiques et protestantes, jusqu‘à l’Edit de Nantes signé en 1598 par Henry IV. Ayant supprimé les libertés aux protestants, Louis XIV signa la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685. Au cours de ce siècle, environ 700 000 protestants s’enfuirent pour les pays du Refuge.

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