Lion de Belfort, statue de la Liberté, du général Rapp, de Washington, de La Fayette, et de Vercingétorix (la statue équestre de Vercingétorix, à Clermont-Ferrand (1903).), etc. Bartholdi, auteur de ces œuvres devenues symboles, est né dans une famille bourgeoise protestante de Colmar en 1834.

Son père meurt jeune. Sa mère, s’installe alors à Paris. Auguste fait ses études au lycée Louis-le-Grand tout en suivant les cours du sculpteur Antoine Etex et du peintre Ary Scheffer. Baccalauréat en poche (1852), il se lance directement dans la sculpture sans passer par les Beaux Arts, et installe son atelier rue Vavin (Puis, 30 rue d’Assas lors de sa destruction liée au percement du Bd Raspail.). D’un grand voyage en Egypte et au Yémen, il rapporte la pratique de la photographie, des dessins et le sens du monumental. Sa statue en marbre de Champollion orne la cour du Collège de France à Paris (1875).

La guerre de 1870 le marque profondément. Il combat comme chef d’escadron, puis au service de Garibaldi pour défendre Paris. L’annexion de l’Alsace et de la Lorraine cristallise son attachement aux valeurs des libertés républicaines et patriotiques. Bartholdi dédie un monument aux Gardes nationaux (Gardes nationaux tombés en 1870, au cimetière du Ladhof (1872)) de Colmar ; à Neuilly, un monument à la mémoire de Gambetta et des aérostiers pendant le siège de Paris (Fondu » en 1941, il s’élevait Rond-Point de la révolte à Neuilly- aujourd’hui à Paris-depuis l’annexion de 1929 – Place du Général Koenig.) ; au Père Lachaise (div.4), un intrépide sergent Hoff.       A Bâle, le monument de la Suisse accueillant les douleurs de Strasbourg (1895) évoque encore cette période à l’instar du Lion de Belfort, symbole de la résistance de la ville qui sera la seule partie de l’Alsace à rester française.

En 1871 il se rend aux Etats-Unis pour repérer le site de la statue de la Liberté éclairant le monde commanditée par l’Union franco-américaine, reprenant partiellement un projet d’Egypte éclairant l’Orient, envisagé pour une statue-phare à l’entrée du Canal de Suez (non réalisée mais en 1886, la Légion d’honneur, lui a été remise par Ferdinand de Lesseps qu’il avait connu en Egypte.). La statue de la Liberté est réalisée sur une structure de Gustave Eiffel par toute une équipe de plâtriers, fondeurs et,   dinandiers pour le placage de cuivre, dans une cour de la rue de Chazelle, près du Parc Monceau (photo). Après une traversée très médiatisée, elle est inaugurée à New York, en 1886, pour le centenaire de l’Indépendance américaine, associé à de grandes manifestations d’amitié franco-américaine.

Le pasteur Brooks bénit à Newport (Rhode Island) son mariage avec Emilie, son modèle (Jeanne Emilie Baheux de Puysieux descendante d’une grande famille alsacienne.). Bartholdi érige une statue de La Fayette débarquant en Amérique pour Union Square à New York, et la Fontaine du capitole à Washington.

On connait moins les préoccupations religieuses de Bartholdi, auteur de quatre anges trompettistes encadrant des bas-reliefs évoquant la vie chrétienne – baptême, communion, mariage et sépulture – pour l’Eglise baptiste de Boston, ainsi que le tympan orné, les figures ailées de la Foi et l’Espérance sonnant la cloche du Réveil pour le temple de Boissy-Saint-Léger (Signé et daté 1874 pour le temple inauguré en 1885).

 

Bartholdi meurt à Paris en 1904. Sa tombe au cimetière Montparnasse est surmontée d’un ange rappelant celui de l‘Espérance du temple de Boissy.

A Colmar, son effigie du peintre Schongauer vous accueille au musée d’Unterlinden rénové, et la visite de la maison natale de Bartholdi, aménagée en musée, révèle l’amplitude de son œuvre.

 

par Christiane Guttinger

Émission des Amitiés huguenotes internationales diffusée sur France Culture, à 8 h 55, le dimanche 2 avril 2017.

Ange de Bartholdi surmontant sa tombe au cimetière Montparnasse à Paris.

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