Le Musée du Désert a ponctué la saison estivale de conférences et animations dont une assemblée nocturne. Le thème de l’Assemblée du dimanche 7 septembre, dont le culte a été présidé par le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, fut « Enfin libres ! » D’une mémoire à l’autre. D’un désert à l’autre. D’une libération à l’autre et à d’autres. L’après-midi, Ruth Wheland, professeur à l’université de Maynooth (Irlande) évoqua, l’aspect historique de l’enchaînement des galériens servant en quelque sorte d’introduction au témoignage des cévenols Françoise et Daniel Larribe, retenus comme otages au Sahel.

Tous les musées du protestantisme ont ouvert leurs portes en été. En plus de la présentation des collections, nous vous signalons quelques expositions :

Affiche de l'exposition temporaire du Musée Jeanne d'Albret    « Sur le chemin de l’école« , l’exposition temporaire du musée Jeanne d’Albret d’Orthez a été ensuite, comme beaucoup d’expositions montées par les différents musées du protestantisme, disponible à la location, susceptible d’être présentée dans des paroisses intéressées par une ouverture au public. Anne Ruolt a ainsi évoqué la création de l’Ecole du Dimanche, par le pasteur Cadoret, à Luneray (Haute Normandie), lors de l’émission du Comité diffusée le dimanche 3 août.

    

Le Musée du Protestantisme Dauphinois, au Poët Laval (Drôme), a exposé jusqu’à fin octobre 2014, des Affiche de l'exposition  des ouvrages tissés par des femmes Kuna de Colombie« Molas », tissés par les femmes Kuna de Colombie et du Panama, combinant technique, coloris et esthétique traditionnels à une influence huguenote remontant à ceux qui ont traversé l’Atlantique au XVIe siècle !

 

Le Musée Rochelais d’Histoire Protestante présente, dans les locaux annexes du temple, sa riche collection centrée sur le protestantisme à La Rochelle, en Aunis et en Saintonge, toute l’année dans trois salles chronologiques. Des visites guidées Sur les traces des protestants de La Rochelle, en 3 langues (français, anglais et allemand), un itinéraire protestant, sont proposées régulièrement (Site www.protestantisme-museelarochelle.fr ; T. 05 46 50 88 03).

Deux expositions se sont tenues dans l’église de Gunsbach (68) : l’une sur le simultaneum (partage de l’église par les communautés catholiques et protestantes, dans le contexte religieux spécifique alsacien), l’autre sur Albert Schweitzer et la Première Guerre mondiale : sa vie, son internement civil avec son épouse Hélène Bresslau entre 1914 et 1918, ses réflexions sur la guerre et le déclin de la civilisation.

Le 28e colloque européen des musées protestants d’Europe s’est déroulé début mai 2014 à Noyon (Oise), organisé par la Société des Amis du Musée Jean Calvin, autour du thème « Favoriser l’accueil de tous les publics dans les musées du protestantisme», (étrangers, handicapés, jeune public, etc.). Une excursion a permis de faire découvrir aux participants le Temple-musée du protestantisme dans le Nord de la France en Thiérache à Lemé. Les prochains colloques auront lieu en 2015 en République Tchèque, et en 2016 à Chatillon-Coligny.

L’Institut Néerlandais, 121 rue de Lille, à Paris, a fermé début 2014, faute de subvention du gouvernement des Pays-Bas. La Fondation néerlandaise Custodia, propriétaire des locaux (ancien hôtel de Lévis-Mirepoix) doit en faire perdurer l’esprit dans les locaux réaménagés, comprenant une bibliothèque (histoire de l’art, histoire, architecture, topographie, littérature et design néerlandais) et des salles d’exposition. Une exposition « Entre Golzius et Van Gogh » est ouverte jusqu’au 8 mars 2015. Le troisième étage est loué au ministère des Affaires Étrangères néerlandais pour son service culturel

L’Aumônerie protestante aux armées, en tant que service de la FPF, et dirigé par le pasteur Stéphane Rémy, a créé un « Comité Mémoire » afin d’accompagner les différentes commémorations associées au Centenaire de la Grande guerre. Le 6 novembre 2014, à l’Arc de Triomphe, les représentants de la FPF et des principaux acteurs protestants durant la grande guerre, la Fédération Protestante d’Ile de France, la Fédération de l’Entraide protestante, l’Armée du Salut, Les Eclaireurs et Eclaireuses Unionistes, La Cause, les UCJG, le COPAF, etc., se sont rassemblés pour le ravivage de la flamme, en souvenir des œuvres qui ont agi auprès des blessés et des familles endeuillées. Un éclaireur unioniste accompagna le président de la Fédération protestante de France, François Clavairoly, puis, à la suite de La Marseillaise, la musique des sapeurs-pompiers fit retentir A toi la Gloire !

Un colloque organisé le 26 juin à la Mairie de Paris a traité, en présence du Gal Delbauffe, contrôleur général des armées et président du Souvenir français, et des quatre aumôniers en chef (l’aumônerie musulmane n’a été crée qu’en 2006) attachés actuellement à l’armée française des « Religions dans les tranchées« . Lors de la Grande Guerre toutes les religions se sont côtoyées dans une société jusqu’alors très cloisonnée. Plus de 500 pasteurs, dont une centaine d’aumôniers titulaires (non-mobilisables, chargés d’organiser des cultes et essentiellement affectés auprès des blessés, et chargés de prévenir les familles des disparus) ou mobilisés volontaires bénévoles, et 150 étudiants en théologie ont servi dans l’armée française. 35 pasteurs et 49 étudiants en théologie y ont trouvé la mort.

Un bicentenaire : l’Eglise américaine de Paris, est la plus ancienne institution privée américaine établie à l’étranger. Son origine remonte à 1814, date à laquelle la communauté forme un petit noyau anglo-américain qui se réunit le lundi soir à l’église réformée de l’Oratoire du Louvre autour du Rev. Mark Wilks. L’indépendance américaine avait été reconnue par le traité de Paris en 1783, et les liens ancestraux huguenots avaient concouru à entretenir des liens privilégiés avec la France. Une première chapelle américaine est inaugurée 21 rue de Berri en 1858, puis l’église actuelle 65 quai d’Orsay, construite par l’architecte Carrol Greenough, en 1929.

Une intéressante exposition « Fabrique du romantisme, Charles Nodier et les Voyages Pittoresques » est présentée au charmant musée de la Vie romantique-hôtel Scheffer-Renan, 16 rue Chaptal, 75009 Paris, jusqu’au 18 janvier 2015. Charles Nodier, conservateur de la bibliothèque de l’Arsenal y réunissait un cercle littéraire – le Cénacle – qui fut le creuset du mouvement romantique. Il se lança, avec le philanthrope baron Taylor (1789-1879), dans une extraordinaire entreprise en faisant appel à de nombreux artistes pour illustrer d’après nature les Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France. Cette monumentale œuvre composée d’une vingtaine de volumes classés par régions, et illustrée de quelques 3 000 gravures mit à contribution, de nombreux artistes qui marquèrent la représentation du paysage de plein air et l’évolution artistique de leur époque. Cette exposition est une occasion de voir quelques œuvres d’Eugène Deveria qui se convertit au protestantisme en 1843, auteur de La naissance d’Henri IV (Musée de Pau) et d’un double portrait en compagnie de son frère Achille ; occasion d’évoquer les personnalités protestantes liées au musée George Sand [petite fille du maréchal de Saxe, dont on peut admirer le magnifique bijou « saint esprit » dans une vitrine, qui se rapprocha du protestantisme, entretint une correspondance avec le pasteur Alexis Muston qui baptisa ses petits enfants], le peintre d’origine hollandaise Ary Scheffer (1795-1858), Ernest Renan son neveu par alliance et le sculpteur Auguste Clésinger (1814-1883), gendre de George Sand ; occasion de rappeler le rôle de protestants dans le développement d’une nouvelle technique de gravure grâce à laquelle car cette publication de Nodier fut rendue possible.

En effet, la lithographie fut inventée en 1800 par l’allemand Aloysius Senefelder, mais ce fut Godefroy Engelmann (Mulhouse 1788-1839) qui, après un passage dans son atelier de Munich en 1813-14, développa cette technique en France et la perfectionna. Dessinateur, puis associé de la fabrique d’indiennes mulhousienne Thierry, il fonde en 1814, à la suite de son mariage avec Anne-Catherine Thierry, la Société lithographique de Mulhouse, en commandite avec les capitaux de notables mulhousiens, dans une maison appartenant aux Koechlin. Laissant la direction de l’établissement de Mulhouse à son beau-frère Pierre Thierry, il s’établit à Paris avec quelques-uns de ses ouvriers en 1816, simplifie la technique en dessinant directement sur la pierre à l’aide d’un crayon gras noir. La famille et les ateliers occupèrent les immeubles à arcades du 1-3 Cité Bergère communiquant avec le Faubourg Montmartre. Suite au mariage de Jean Engelmann avec la veuve du relieur d’art Gruel en 1950, un autre volet de l’édition d’art compléta l’activité des imprimeurs pour les bibliophiles. (Sources : archives familiales Juillard ; J.Flety, Arts et métiers du livre, n° 210, p. 10-12.)

 

Ajoutons que les éditeurs des Voyages en France furent les éditions Gide fils, 1820-1845 et A.F. Lemaître, en 1863…

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