Michel Hollard

Michel Hollard

Dans la muraille de la Tour de Constance à Aigues-Mortes, on peut encore lire l’inscription « RESISTEZ » gravée jadis par l’Héroïque Marie Durand, qui fut emprisonnée pour avoir obéi à sa conscience. Michel Hollard offre l’un des plus beaux exemples d’application contemporaine du fameux mot d’ordre.

Pour ce héros de la Résistance, le maquisard de 1940 et le camisard de la guerre des Cévennes se ressemblent. Ce sont des combattants de la même espèce, défenseurs de deux causes supérieures, voire sacrées.

Engagé volontaire pendant la 1ère guerre mondiale, Michel Hollard crée un réseau de résistance au cours de la seconde. En 1943, il apprend que l’ennemi entreprend d’inquiétantes constructions au Nord-Ouest de la France. Il explore immédiatement les régions concernées, et découvre l’infrastructure de lancement de l’arme V1 pointée sur Londres.

Michel Hollard réussit à faire la navette entre la France et la Suisse. Dans ce pays neutre, il rencontre des correspondants britanniques et leur remet le résultat de ses découvertes. La plupart des stations de catapultage d’engins sont ainsi bombardées avant d’avoir pu entreprendre leur œuvre de mort.

Une brebis galeuse provoque l’arrestation du résistant. Il résiste héroïquement à ses tortionnaires. A la prison de Fresnes où il est enfermé, on lui apporte un recueil de cantiques. Il enseigne à ses trois compagnons de cellule le chant des naufragés du « Titanic » : « Mon Dieu, plus près de toi, c’est le cri de ma foi… »

Le lendemain, à la même heure, les chanteurs améliorent leur interprétation, suscitant dans les cachots voisins, à travers les cloisons, de nouvelles vocations de choristes. La sérénade spirituelle se renouvelle soir après soir. En moins d’une semaine, toute la population du bâtiment s’est métamorphosée, au crépuscule, en une immense chorale.

Michel Hollard, après un an de souffrance dans un camp de déportation, est jeté dans la cale d’un navire destiné au naufrage. Au bout de dix jours, il s’adresse à ses compagnons accablés : « Mes frères, nous voilà en partance pour une destination inconnue. Vous ne partagez probablement pas tous mes convictions chrétiennes. Cependant, naguère, vous livriez un combat au service d’un idéal. Certains d’entre vous savent que Jésus a dit : « Là où deux ou trois personnes invoqueront mon nom, je serai au milieu d’elles et leur donnerai mon appui. » Dans notre détresse, prions le Seigneur d’atténuer les malheurs du monde.

Peu après, la voix d’un gardien retentit à travers une écoutille : « Les détenus de langue française sont convoqués sur le pont ! » Michel Hollard se précipite pour aider ceux qui chancellent à gravir les échelles, et sort le dernier.

On apprendra que la Croix-Rouge suédoise a réussi à sauver un petit nombre de captifs en échange d’une livraison de médicaments.

Le lendemain, les 7 000 autres prisonniers encore entassés dans trois navires périssent noyés.

Jusqu’à son dernier souffle, Michel Hollard rendra grâce à ses sauveteurs, et à la protection divine qu’il avait invoquée au moment où s’éteignaient les dernières lueurs d’espoir.

Un train Eurostar porte maintenant le nom de Michel Hollard.

(Emission du Comité Protestant des Amitiés Françaises à l’Etranger, diffusée sur France-Culture à 8h25, le dimanche 6 février 2006. C’est le résumé du livre de Florian Hollard « Michel Hollard, le Français qui a sauvé Londres » publié aux éditions du Cherche-Midi en 2005)
par Florian Hollard
Lettre N°37

Le Huguenot Heritage, a publié une recension du livre Michel Hollard, l’homme qui a sauvé Londres : les exploits de Michel Hollard sont beaucoup plus connus à l’étranger, car il avait organisé son propre réseau, par la Suisse, en liaison directe avec les services britanniques, donc indépendant de la Résistance qui l’a ensuite ignoré.

Summary : Michel HOLLARD, by his son Florian Hollard

In 1943, Michel Hollard heard that the Germans were building some strange military structures in the North-West of France. Despite the danger, he decided to go and see for himself and he realized they were, indeed, the preparations for a launching base of the V1 bombs aimed at London. Michel Hollard managed to get to Switzerland, where he told key members of the British Army of his discovery – thanks to him most of these launching bases were soon destroyed. Sadly, later, he was denounced for his actions, but under torture, heroically, he kept silence. He was sent to prison in Fresnes, (Paris), where he greatly surprised and encouraged the other prisoners by starting up an extraordinary chorus of hymn singing in the evenings. This spread from cell to cell and in the end included ….all the prisoners in his building! After a year of internment camp, he was thrown into the hold of a sinking ship. Ten days later, he preached encouragement to his desperate fellow-prisoners, asking them to pray to God. Minutes after his speech, they learned that, due to a delivery of medicine from the Red Cross, a small number of French-speaking prisoners were to be freed, and Hollard was saved. However, the next day, the remaining 7 000 prisoners went down to their deaths in the sinking ship.

N.B. As a tribute to his bravery, a Eurostar train bears his name – look out for it on your next trip to France!

2 Réponses à “Michel Hollard Maquisard et camisard”

  1. Fualdès dit :

    C’était un HOMME,c’était un FRANCAIS,un VRAI.

    Rien à voir avec les LACHES,qui quittent la France pour sauver leur argent.

  2. Christian Favre dit :

    C’est évidemment un personnage hors du commun, admirable. J’ai présenté le livre de l’historien britannique George Martell sur le forum Livres de guerre
    http://www.livresdeguerre.net/forum/sujet.php?sujet=1581
    Mais sans l’aide de l’armée suisse et particulièrement ses services de renseignements qui ont tout au long de la guerre aidé la résistance, il eut été difficile au Service britannique, sans cette aide, de transmettre les renseignements à Londres, via l’agence télégraphique suisse. Et puis un courrier neutre a traversé la France avec les plans pour se rendre à Londres via l’Espagne. Il s’agit donc clairement d’une rupture de neutralité par l’armée suisse.
    Bien cordialement
    Christian Favre

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